Aux marges du ballet avec "Relève : histoire d'une création"

Le Film de la Semaine | Benjamin Millepied transmet à de jeunes danseurs du ballet de l’Opéra de Paris son inépuisable enthousiasme et livre, au terme d'un époustouflant contre-la-montre, sa première création en tant que directeur de la danse à Garnier. Édifiant et fascinant.

Vincent Raymond | Mercredi 7 septembre 2016

Photo : Benjamin Millepied, un chorégraphe qui fait des pieds et des mains pour sa troupe © DR


En 2013, la nomination de Benjamin Millepied à la tête du ballet de l'Opéra de Paris avait tout pour éveiller la suspicion des non initiés — eh quoi ! Trentenaire aux allures de gravure de mode, coqueluche des revues depuis son beau mariage avec une actrice à Oscar, il ressemblait moins au successeur attendu de la vétérane Brigitte Lefèvre, qu'à une concession à l'air du temps — un préjugé emballé dans un tutu rose, auquel sa démission expresse donnerait début 2016 la touche finale…

N'en déplaise aux cancaniers, la présence du chorégraphe à ce poste n'avait rien d'usurpée ; et son passage, pour météorique qu'il fût, se révéla tout sauf anecdotique : Relève démontre en filigrane des coulisses de la création de Clear, Loud, Bright, Forward, à quel point Millepied semblait taillé pour y accomplir de nécessaires révolutions.

Et Benjamin Millepied opéra…

Relève porte ce regard original sur l'élaboration du ballet promis par le titre — de l'esquisse à la première — tout en intégrant des éléments périphériques grappillés dans le quotidien de la vénérable institution : cuisine administrative, obligations protocolaires et promotionnelles, gestion d'ego, de corporatismes, coups bas et médisances… Ces à-côtés ne demeurent pas aux vestiaires durant les répétitions : les broutilles s'accumulent et participent du contexte artistique en parasitant sa continuité harmonieuse. Comment ne pas être perturbé dans sa concentration lorsque l'on dispose d'un temps limité, (haché de surcroît), qu'il faut changer chaque jour de studio de répétition ; qu'une menace de grève pèse sur la première, et que les planchers blessent les danseurs ?

Millepied ne se plaint jamais, affirme sans discontinuer son plaisir et sa chance d'effectuer son métier, galvanise sa troupe ; use de son crédit pour faire évoluer l'Opéra : abandon de l'absolutisme hiérarchique, ouverture à la diversité… Bref, déverrouiller une maison prisonnière de règles fossilisées. En menant de front ses chantiers, il agence par petites touches les pièces de son ballet ; libère de son aura les jeunes danseurs tétanisés par son prestige.

Et crée surtout un esprit de corps, plus qu'une œuvre éphémère. Demaizière et Teurlai capturent le fugace de cette transfiguration ; saisissent aussi ces (nombreux) moments où ce directeur si sollicité est introuvable. Conservant une distance admirative et une proximité critique, ils parviennent à faire entendre leur voix dans des séquences enivrantes de grâce, résonant comme une déclaration d'amour contemporaine à l'art de la danse.

Relève : histoire d'une création de Thierry Demaizière & Alban Teurlai (Fr, 2h) avec Benjamin Millepied et le corps de ballet de l'Opéra de Paris…


Relève : histoire d'une création

De Thierry Demaizière et Alban Teurlai (Fr, 2h) documentaire

De Thierry Demaizière et Alban Teurlai (Fr, 2h) documentaire

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Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet “Clear, Loud, Bright, Forward”, une incroyable épopée pleine d’énergie.


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Un livre sur Guy Darmet, catalyseur de la danse à Lyon

Danse | Un ouvrage signé de la journaliste Marie-Christine Vernay et consacré à Guy Darmet retrace une certaine histoire de la danse : Danse la vie, danse la ville.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Un livre sur Guy Darmet, catalyseur de la danse à Lyon

D’abord journaliste à Lyon, Marie-Christine Vernay a ensuite rejoint Paris et le quotidien Libération pour lequel elle a été critique de danse. A travers la figure de Guy Darmet (né à Lyon en 1947), son livre Danse la vie, danse la ville, tente, sous forme de petits récits éclatés et kaléidoscopiques, de retracer plus de trente ans d’histoire de la danse à Lyon (et au-delà). « Ce livre est constitué d’une multitudes d’histoires courtes où l’on croise beaucoup de danseurs et de chorégraphes, une équipe de choc autour de Guy, le solitaire, l’exigeant et parfois le colérique » annonce-t-elle dans la préface. Ancien journaliste culturel lui-même, Guy Darmet a pris la direction artistique de la Maison de la Danse à la Croix-Rousse en 1980, avant que celle-ci ne déménage dans le 8e arrondissement en 1992. Il fut aussi à l’initiative de la Biennale de la Danse (première

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Au cinéma cette quinzaine à Lyon : performances !

Théma | À l’aube d’une rentrée cinématographique qui s’annonce particulièrement dense, l’exploit et le dépassement de soi s’invitent cette quinzaine sur les écrans en empruntant des chemins (ou des visages) fort différents…

Vincent Raymond | Jeudi 26 août 2021

Au cinéma cette quinzaine à Lyon : performances !

« Il faut souffrir pour être belle » serinait-on autrefois aux petites filles pour légitimer toutes les tortures quotidiennes que la coutume leur imposaient. Ce dicton suranné conserve une pleine actualité dans le vase-clos des Petites Danseuses filmées dans le très édifiant documentaire d’Anne-Claire Dolivet (25 août) : ces (parfois très) jeunes ballerines issues de bonnes familles se soumettent à des emplois du temps et des exercices démesurés pour préparer des concours, satisfaisant à la douce pression parentale tout en reproduisant, consciemment ou non, un certain formatage social. Pour elles, le plaisir de danser et la scène passent après la discipline de l’art. Souffrir, être gracieuses, mais ne jamais avoir le temps d’être petites… À quoi bon ? Autre troupe, autre scène : celle d’Un triomphe d’Emmanuel Courcol (1er septembre), titre ô combien casse-gueule car il se doit doit d’être à la hauteur de sa promesse programmatique. Tiré de faits réels scandinaves, cette histoire d’un comédien au chômage montant une pièc

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Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

Danse | Après Tragédie et Auguri, Olivier Dubois revient à la Biennale de la Danse avec une création intitulée Itmahrag. Un cri, des voix et des corps de la jeunesse, venus d’Égypte.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 mai 2021

Biennale de la Danse : Olivier Dubois, montée de sève

En 2012, le chorégraphe Olivier Dubois marque les esprits au Festival d'Avignon puis à Lyon, avec Tragédie. Dix-huit danseurs y marchent nus dans la pénombre, selon des règles précises, formant peu à peu un chœur hypnotique tragiquement humain. Pièce radicale, Tragédie s’inscrit aussi dans ce retour aux sources récurrent que le chorégraphe opère vers les origines de la danse : le rite, le chœur, le rythme, le corps, la transe… Quatre ans plus tard, les courses circulaires des vingt-quatre danseurs d’Auguri (présenté pour la première fois en France à la Biennale de Lyon en 2016) poursuivaient dans cette veine, battant au rythme des fondamentaux de la danse et du mouvement. Il y aura ensuite De l’origine, le solo autobiographique Pour sortir du jour et Tropismes… Mais creuser et retravailler les racines de la danse n’a j

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Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne élector

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Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

Danse | Grégory Doucet et Nathalie Perrin-Gilbert retoquent le projet d'installer des Ateliers de la Danse dans l'ancien musée Guimet — trop coûteux — sans pour autant remettre en question le concept de Dominique Hervieu en lui-même, qui sera installé (probablement) dans le 8e arrondissement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

Les Ateliers de la Danse n'iront pas à Guimet

C'était l'un des projets phares lancés par la précédente mandature sous Gérard Collomb, et ce chantier ne verra jamais le jour dans sa forme initiale : les Ateliers de la Danse, imaginés par la directrice de la Maison de la Danse Dominique Hervieu au sein de l'ancien Musée Guimet (Lyon 6e), fermé depuis 2007, ont été retoqués par la nouvelle municipalité. En cause : le coût, principalement. Qui ne correspond pas aux chiffres annoncés en conseil municipal. Si le montant initial était envisagé autour de 5M€ en 2015, il a vite grimpé à 31M€ en 2020. Et Nathalie Perrin-Gilbert, la nouvelle adjointe à la Culture, a découvert à son arrivée en poste que ces Ateliers de la Danse coûteraient en réalité 40M€ à la collectivité. Pour un projet que certains dans les couloirs de la mairi

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La danse sur pointillés en cette rentrée

Danse | Avec des conditions de création et de diffusion toujours compliquées, la saison danse commence "sur pointillés", tout à la fois avec discrétion, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

La danse sur pointillés en cette rentrée

Avec des conditions de création et de diffusion toujours compliquées, la saison danse commence "sur pointillés", tout à la fois avec discrétion, curiosité et avec des petits formats de spectacles... À l'Opéra, la nouvelle directrice du Ballet, Julie Guibert, a invité trente chorégraphes à créer trente solos pour chacun des danseurs de la compagnie. Sept premières pièces sont présentées en septembre, signées Yuval Pick, Jan Martens, Kylie Walters, Abril Diaz... À la Maison de la Danse, Dominique Hervieu, quant à elle, lance L'Automne de la Danse avec neuf rendez-vous gratuits étalés sur deux mois. On pourra y découvrir des sorties de résidence de la compagnie-trio Collectif Es avec une création autour de la musique et de l'esprit punk, de l'idée de groupe et de ses liens à l'identité individuelle. Ou du chorégraphe Fouad Boussouf (c

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La Biennale de la Danse reportée à 2021

Danse | La prochaine Biennale, prévue du 11 septembre au 2 octobre prochain, devrait se dérouler exceptionnellement au printemps 2021.

Sébastien Broquet | Mercredi 6 mai 2020

La Biennale de la Danse reportée à 2021

Septembre aussi sera morne : la Biennale de la Danse vient d'annoncer son report intégral. Le flou entourant le déconfinement, particulièrement prononcé pour les domaines de la culture, a incité la directrice Dominique Hervieu et ses équipes à la sagesse : la prochaine Biennale devrait donc se dérouler au printemps, entre mai et juin 2021, dates auxquelles le défilé Africa avait déjà été reporté comme toute la saison Africa 2020 dans laquelle il s'inscrivait : « des échanges entre la Métropole de Lyon, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la DRAC se poursuivent pour maintenir une 19e édition de la Biennale de la Danse à la fois exigeante et populaire » est-il ainsi écrit dans le communiqué envoyé ce mercredi matin à la presse. Parmi les problèmes ayant entraîné ce report, l'équipe de la Biennale pointe : « ces risques économiques sont liés à de nombreuses incertitudes (concernant les jauges et

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Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes | Avec son alter ego Alban Teurlai, Thierry Demaizière s’est intéressé à une petite communes des Hautes-Pyrénées au prestige planétaire pour les chrétiens, depuis qu’une certaine Bernadette y a vu la Vierge. Regard d’un athée sur Lourdes, et propos rapportés des Rencontres du Sud d’Avignon…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes est-il un film de commande ? Thierry Demaizière : Non seulement ce n’est pas un film de commande, mais on n’était jamais allés à Lourdes ni Alban, ni moi. En plus, l’un est athée et l’autre agnostique ; moi j’avais bu de l’eau bénite pour mon bac parce que mes grands-parents allaient là-bas, pour vous dire notre rapport à Lourdes… L’histoire a commencé avec une amie, Sixtine Léon-Dufour, qui est créditée au générique. Il s’est trouvé pendant une semaine que l’on n’arrivait pas à la joindre, et elle ne voulait pas nous dire où elle était, en croyant qu’on allait se moquer. Quand elle a dit qu’elle était hospitalière à Lourdes, on lui a demandé de raconter. Et on s’est dit qu’il y avait un truc génial à faire sur les pèlerins. Sur Internet, on voit qu’il y a des sujets de télévision sur le commerce de Lourdes, mais pas de documentaire sur les pèlerins au cinéma, je n’en revenais pas. Alors on est partis à Lourdes. Comment avez-vous sélectionné vos personnages ? De manière assez classique pour un documentaire : on a pris des enquêtrices pour bosser parce

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Et le miracle ne fut pas : "Lourdes"

Documentaire | De Thierry Demaizière & Alban Teurlai (Fr, 1h35)…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Et le miracle ne fut pas :

Une semaine au cœur de Lourdes, en compagnie de différents groupes de pèlerins, d’hospitaliers bénévoles assurant leur accueil, devant et derrière les autels, dans les processions. Des paroles, des espoirs, des regards, de la compassion, de la foi… On avait beaucoup apprécié le regard (et le travail) de la paire Demaizière/Teurlai sur l’édification d’un spectacle chorégraphique par Benjamin Millepied dans Relève : histoire d’une création. En prenant le temps de se focaliser sur cette question, les deux documentaristes révélaient par incidence toutes les coulisses de l’Opéra de Paris en maintenant un suspense au couteau — de la très belle ouvrage. Quelle déception, alors, de les voir s’égarer dans la contemplation vaine et désorientée de leur nouveau sujet selon l’adage tristement connu “qui trop embrasse mal étreint“. Lourdes tiendrait plutôt de la galerie d’illuminés ou de malheureux aux existenc

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Chaos Danse toujours debout 

Danse | Malgré les déboires des budgets culturels publics et les difficultés financières des compagnies de danse, Chaos Danse tient toujours debout, et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 mars 2019

Chaos Danse toujours debout 

Malgré les déboires des budgets culturels publics et les difficultés financières des compagnies de danse, Chaos Danse tient toujours debout, et inaugure même cette semaine rien moins que sa 17e édition ! Le festival tient toujours son cap artistique : une dizaine de spectacles de danse à prix plus que raisonnables (et même gratuits pour les étudiants), permettant de découvrir de jeunes talents et des chorégraphes émergents. Toutes les danses y sont invitées : du classique au hip-hop, de la danse contemporaine au spectacle de voltige... On pourra découvrir la Cabine d'essayage de Jessica Noita avec son espace claustrophobe où se jouent et se déjouent toutes les parures sociales, ou le curieux corps-à-corps entre la chorégraphe et danseuse Joana Schweizer et un piano volant. On retrouvera aussi quelques habituées du festival comme la compagnie de hip-hop lyonnaise Voltaïk et la compagnie Tiers Temps. Ou encore le jeune ballet du CNSMD dont le riche programme s'étirera de la valeur montante de la danse contemporaine Noé Soulier, à l'une des

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Thomas Hauert : une traversée du chaos

Moi de la Danse | Chorégraphe suisse établi en Belgique, Thomas Hauert travaille depuis vingt ans au bord du chaos et de l'informe. Pièce fragile et libre, pour huit interprètes, How to proceed se veut l'écho d'un état du monde contemporain, comme l'explique Thomas Hauert dans cet entretien. La pièce est présentée cette semaine aux Subsistances dans le cadre du festival Moi de la Danse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 janvier 2019

Thomas Hauert : une traversée du chaos

Votre nouvelle création How to proceed marque les vingt ans de votre compagnie ZOO, et l'idée de collectif y semble importante ? Thomas Hauert : Oui, quatre danseurs travaillent avec moi depuis vingt ans, les autres depuis une dizaine d'années, et la compagnie a fonctionné pour cette pièce de manière particulièrement forte en collectif de création. Chacun a apporté son regard, sa matière, ses idées... Ici - d'autant plus qu'au moment de cette création je traversais personnellement une phase dépressive et de crise d'inspiration - la cohésion du collectif, la confiance, une forme d'amour ont permis d'aboutir à cette pièce. Quel est son point de départ ? C'est une forte inquiétude face à notre époque. Journaux et reportages nous bombardent chaque jour de mauvaises nouvelles sur le climat, les injustices sociales, les guerres... Cela provoque un grand nombre d'émotions concrètes de l'ordre du sentiment d'impuissance, de la frustration, de la colère... Ces émotions hétérogènes constituent la base de la pièce et elles sont aussi le moteur de so

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Les lauriers sont fanés : "Voyez comme on danse"

Suite | de et avec Michel Blanc (Fr, 1h28) avec également Karin Viard, Carole Bouquet, Charlotte Rampling…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Les lauriers sont fanés :

Quinze ans environ après leurs premières aventures, le groupe d’Embrassez qui vous voudrez poursuit sa vie : Véro la poissarde, Elizabeth la distinguée et son fraudeur fiscal de mari, Lucie et son nouveau jules, Julien, un parano qui la trompe. Sans compter la descendance… On attendait avec une confiance raisonnable Michel Blanc pour cette suite d’un divertissement pimpant ayant laissé un agréable souvenir dans le flot des comédies chorales — ce désormais genre en soi qui nous gratifie trop souvent de représentants de piteuse qualité, à oublier comme de vieux mouchoirs. Force est de constater que le comédien-réalisateur et (jadis brillant) scénariste dilue ici paresseusement un ou deux rebondissements et quiproquos à l’ancienne (genre XIXe siècle) en rentabilisant les personnages caractérisés dans l’opus précédent. Seul Jean-Paul Rouve, très bon en velléitaire chronique, apporte un soupçon de fraîcheur. Cela devient une habitude chez lui, entre la vocation et l’apostolat, de sauver l’honneur des machins de guingois.

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"Ligne de Crête" : la colère étouffante de Maguy Marin

Biennale de la Danse | Bam ! Maguy Marin nous donne une grosse claque au TNP. Mais pour nous réveiller ou pour nous assommer ?

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 13 septembre 2018

Imaginez un remake contemporain des Temps modernes de Chaplin tourné par Michael Haneke, et vous obtiendrez, peu ou prou, la nouvelle création de Maguy Marin présentée à la Biennale de la Danse. Soit (comme chez Haneke) un véritable piège à spectateur où, sous les coups de butoir du son très amplifié d'une photocopieuse, six interprètes cheminent mécaniquement sur un plateau représentant un open space. Chacun vient, en entrées et sorties de scène répétitives, déposer dans son propre bureau quelques objets. Des objets d'abord raccords avec la situation (des stylos, un encas pour la pause déjeuner, une lampe...), puis des objets de plus en plus incongrus (vêtements, paire de skis, puzzle, perruques...). Et cela continue ainsi, pendant une heure, jusqu'à saturation et au syndrome de Diogène (maladie de l'entassement), sans interruption ni changement, si ce n'est quelques bugs furtifs des danseurs sur leurs trajets, ou quelques spasmes préfigurant un burn out. Leçon d

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La fièvre chorégraphique lyonnaise

Biennale de la Danse | Festival international reconnu, la Biennale de la Danse s’inscrit aussi dans un dispositif lyonnais voué à la danse contemporaine en pleine ébullition. Retour sur ce contexte stimulant, et sur les grands axes de l’édition 2018.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

La fièvre chorégraphique lyonnaise

Derrière la (trop ?) haute toque de la gastronomie, Lyon serait-elle en passe de devenir l'une des capitales internationales de la danse, voire La capitale de la danse ? Qu'importe les emblèmes et les titres de gloire direz-vous, mais force est de constater, à chaque Biennale notamment, l'engouement particulier des Lyonnais pour la danse : qu'elle soit populaire avec le défilé qui reprendra cette année son circuit sur la Presqu'île, ou un peu plus "cultivée" dans les salles de spectacle. Bientôt, en 2021, un élément majeur viendra s'ajouter à l'édifice chorégraphique local : les Ateliers de la Danse, dans l'ancien Musée Guimet, qui accueillera des artistes en création sur des temps longs de résidence. C'est donc une véritable (et joyeuse) hydre à plusieurs têtes que dirigera alors Dominique Hervieu : la Maison de la Danse, les Ateliers, la Biennale, le Défilé... sans compter encore la Triennale de Yokohama au Japon (dont elle est directrice artistique, appliquant là-bas le modèle lyonnais) et l'exportation de la Biennale à Saint-Étienne et à Clermont-Ferrand cette année. Ou encore, petite biennale dans la Bie

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Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

Biennale de la Danse | La programmation de la prochaine Biennale de la Danse a été dévoilée cette semaine, et réunit, a priori, tous les ingrédients d'une édition réussie : risquée, créative, pluridisciplinaire.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 10 juin 2018

Une Biennale tonique avec Maguy Marin et Peeping Tom

À deux exceptions japonaises près, la Biennale de la Danse 2018 est une Biennale européenne. Elle s'annonce donc moins exotique qu'à l'accoutumée, mais plus exigeante artistiquement, et plus aventureuse dans ses formes d'expression... L'un des fils rouges de cette édition est celui des liens entre la danse et les images, images issues des nouvelles technologies notamment. Ce fil rouge ira, par exemple, de l'utilisation par Merce Cunningham (1919-2009) du logiciel informatique DanceForms (mouvements et enchaînements générés par ordinateur) pour sa pièce Biped, à des créations s'étayant sur la réalité virtuelle par le chorégraphe suisse Gilles Jobin ou par le poète circassien Yoann Bourgeois (artiste très présent dans cette Biennale avec trois spectacles). 27 créations et premières Parmi les 42 spectacles programmés en salles, on compte 27 créations et premières françaises qui constituent le cœur de cette Biennale et, bien souvent, celui de nos attentes... Maguy Marin cré

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Numeridanse : Dansons sur le web

Numérique | Bibliothèque, vidéothèque, version physique ou dématérialisée... mais quid des archives des arts vivants hors des captations plus ou moins heureuses disponibles sur YouTube ? Depuis 2011, le site Numéridanse est une référence en la matière. Le site vient d'être refondu et enrichi d'un serious game et d'un spectacle en réalité virtuelle. Visite.

Nadja Pobel | Mardi 27 mars 2018

Numeridanse : Dansons sur le web

Rendons à Charles Picq ce qui lui est dû : créer une mémoire de la danse. Ce réalisateur, membre du collectif Frigo dans les années 70-80, a dès l'ouverture de la Maison de la Danse en 1980 « la mission de produire des archives audiovisuelles en filmant les spectacles programmés au théâtre » comme il est rappelé sur le site, émanation de ses travaux précurseurs. Numeridanse.tv naît en 2011 et se nourrit en grande partie de son apport essentiel à la danse. Simple (et c'est déjà énorme) banque de données de spectacles au départ, le site, après une refonte en 2014, et une autre ce printemps, ne cesse de croître au point de compter 550 000 visiteurs uniques par an – des professionnels et le monde de l'éducation essentiellement pour l'heure. Le nouveau public à conquérir sera peut-être attiré par cette nouvelle proposition, adaptable à tous les navigateurs et toutes les supports. Les chiffres sont éloquents mais ne

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Qui suis-je quand je danse ?

Le Moi de la Danse | Troisième édition pour Moi de la Danse qui a pris ses quartiers d’hiver, côté Saône, depuis la semaine dernière. Le festival des Subsistances continue de (...)

Anne Huguet | Mercredi 17 janvier 2018

Qui suis-je quand je danse ?

Troisième édition pour Moi de la Danse qui a pris ses quartiers d’hiver, côté Saône, depuis la semaine dernière. Le festival des Subsistances continue de mettre en valeur les belles singularités de la danse contemporaine d’aujourd’hui, s’intéressant plutôt aux trajectoires personnelles et explorant la singularité des gestes chorégraphiques. Qui suis-je quand je danse ? Quelle partie de moi nourrit mon geste ? Qu’est-ce qui me fait danser ? Comment mon langage et ma gestuelle évoluent ? Fidèle à ses bonnes habitudes, le festival donne à voir de la danse mais aussi fait danser les spectateurs (danse-minute pour s’initier au lindy-hop ou popping, Bal dansant avec Thomas Lebrun) et alterne conférences ("Grand témoin" avec Christian Rizzo), ateliers, workshops et projections. À ne pas rater cette année : Flatland, œuvre vidéo multiprimée des deux artistes iraniens Alireza Keymanesh et Amir Pousti qui donnent vie, de manière poétique, par le biais de la danse, à des formes géométriques.

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Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Non Danse | Une carte blanche donnée à Jérôme Bel, une reprise-hommage d'un chef-d’œuvre de Alain Buffard : la saison danse s'ouvre avec les plus exigeants et les plus talentueux des chorégraphes français. Retour sur deux figures dites de la non danse, qui sont d'abord et surtout deux artistes du corps et de la pensée en mouvement.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Bel et Buffard, les enfants terribles de la danse contemporaine

Le 21 décembre 2013, le chorégraphe Alain Buffard disparaissait sans que cela ne fasse la Une des journaux (mais pas dans l'indifférence totale de la presse pour autant). Pour les amoureux de la danse, pour les Lyonnais en particulier, c'est toute une série de souvenirs qui ont défilé ce jour-là, sur l'écran de nos mémoires : ceux de pièces atypiques, dérangeantes, expérimentales, pas toujours entièrement convaincantes, découvertes pour la plupart sur une petite ou une grande scène des Subsistances... Et, foudroyant et intact, s'est levé aussi le souvenir d'une pièce à part d'Alain Buffard, une fulgurance de noirceur et de travail complexe sur les ambiguïtés de la mémoire justement : Les Inconsolés, créée en 2005 aux Subsistances. Pièce résonant musicalement à nos oreilles de la superbe reprise du Roi des Aulnes de Goethe-Schubert par le chanteur travesti de cabaret Georgette Dee : « Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ? / Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ? / Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ? / Mon fils, c'est un banc de brouillard.

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"Je danserai si je veux" : à nous trois !

ECRANS | de Maysaloun Hamoud (Pal-Isr-Fr, 1h42) avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Dans un petit appartement de Tel Aviv, elles sont trois colocataires aux mœurs, origines et parcours différents : Laila, l’avocate indépendante et séductrice ; Salma, la DJ cachant à ses parents son homosexualité. Et Nour, une étudiante très religieuse. Trois victimes en puissance des hommes… ou de la “puissance” des hommes. Maysaloun Hamoud offre un très intéressant changement de paradigme sur une région souvent montrée comme morcelée et divisée par la religion : ici, le clivage s’opère entre les hommes et les femmes. Et il y a même une sorte d’union sacrée cultuelle implicite pour pérenniser l’oppression ordinaire ou la sujétion des femmes. Ce kaléidoscope est d’autant plus triste que les plus libéraux (en apparence), qu’ils soient chrétiens ou musulmans, justifient leurs agissements et soignent leur hypocrisie en se réfugiant derrière les plus vils archaïsmes. À la fois état des lieux, cri de colère et manifeste, Je danserai si je veux est une réponse volontaire à un patriarcat chancelant, un médius haut tendu à ses ultimes tentatives pour maintenir s

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Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Restaurant | Rue de la Thibaudière, dans le 7e : Raphaël et Anissa Fortin ont pris la relève de l’Elémentaire. Ils servent une cuisine qui lorgne au delà des frontières, à arroser de vin naturel.

Adrien Simon | Mardi 28 février 2017

Au Mouton Danse, la cuisine du marché mondialisée

Un mouton noir en tutu a remplacé l’enseigne de L’Élementaire, le restaurant de Thibault Cuilleron (qui officie désormais au Cinq Mains, avec son Top Chef de frère). La déco a discrètement changé, sans folie. La cuisine, désormais élaborée par Damian Langman, oscille entre plats de bistrot (steak-sauce moutarde, poulet à l’estragon, fondant au chocolat) et propositions globe-trotteuses (une épaule d’agneau écossais s’entichant des « saveurs d’orient » ; un cabillaud en deux façons : posé sur une tartelette au wasabi et nageant dans un bouillon safrané). La carte contient aussi des plats végétaliens (du tofu fumé, sauce aux cacahuètes ; en dessert, une crème caramel à l’orange et vanille, faite de lait d’amande). On ménage ainsi le mouton et le chou : les vegans peuvent s'offrir un resto sans devoir soudoyer le chef, et sans que leurs convives, drogués à la bidoche, ne fassent la tronche à table. Les tenanciers (Raphaël et Anissa Fortin), pourtant omnivores, ont l’air heureux de contribuer au bien être (et bien manger) de tous et accueillent, un dimanche par mois, un "marché" garanti sans morceau d’an

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Le rythme dans le moi-peau

Le Moi de la Danse | Les Subsistances présentent la deuxième édition du passionnant rendez-vous Le Moi de la Danse : un festival de soli, où le moi se fait dansant, vibrant, changeant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Le rythme dans le moi-peau

Et si, plutôt que de nous figer dans nos peurs et nous réfugier dans l'immobilité, nous inventions un "moi" dansant, plus souple dans son rapport à lui-même et aux autres ? Le chorégraphe Boris Charmatz nous y invite comme, plus largement, ce festival des Subsistances où il est invité : Le Moi de la Danse. Ce festival rassemble des artistes émergents (comme Fouad Nafili) et d'autres plus renommés (Carolyn Carlson) autour de ces questions de l'identité, singulière et plurielle à la fois. Depuis, au moins, l'écrit de l'anthropologue Marcel Mauss, Les techniques du corps, l'on sait les constructions historiques et relatives de nos postures corporelles et de nos façons de nous mouvoir. L'on sait aussi la possibilité

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Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

Le Moi de la Danse | Boris Charmatz est de retour aux Subsistances, pour un grand entretien et la reprise d'un solo de Tino Sehgal. Le chorégraphe revient sur son parcours, sa perception de la danse et son univers, trop rapidement qualifié de danse conceptuelle.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 janvier 2017

Se remettre en mouvement avec Boris Charmatz

On vous attribue souvent l'étiquette "danse conceptuelle". Est-ce qu'elle vous correspond vraiment ? Boris Charmatz : Au-delà de toutes les étiquettes (danse conceptuelle, non-danse...) je suis, et je me ressens avant tout, comme un danseur. J'ai commencé à douze ans, j'ai quitté ma famille pour aller danser, j'ai été formé au Ballet de l'Opéra de Paris et au Conservatoire de Lyon, je suis devenu professionnel à dix-sept ans... Aujourd'hui encore, je danse pour d'autres chorégraphes comme Anne Teresa De Keersmaeker ou Tino Sehgal. C'est à partir de la danse que j'ai pu écrire, lire, penser, faire des choses variées. Celle-ci est pour moi un endroit de pensée et pas seulement de pratique physique. J'adore transpirer dans un studio de répétition, j'aime aussi parallèlement interroger la place du corps et du danseur. Et vous aimez aussi bousculer les règles du spectacle, briser les frontières artistiques ? J'aime l'art tout terrain.

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Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Biennale de la Danse | Encore bien des déceptions pendant cette dernière semaine de Biennale de la Danse. Mais une belle surprise nous a permis de rapidement les oublier : Catherine Gaudet et sa danse viscérale venue du Canada.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2016

Chronique d'une Biennale : Tabernacle !

Lancé par Christian Rizzo et Rachid Ouramdane, le courant que nous avons choisi de nommer la "Danse creuse" a fait cette semaine encore des émules : Cécilia Bengolea & François Chaignaud présentant une sorte d'étape de travail sans consistance, et, surtout, l'américain Jonah Bokaer aux pièces hiératiques dénuées de tout soupçon de chorégraphie ou d'intensité physique... De l'intensité et du corps, il a fallu en chercher au Québec avec l'étonnante pièce de Catherine Gaudet, Au sein de nos plus raides vertus (2014)... Pas besoin d'être grand linguiste pour deviner dans le titre même du spectacle quelques traits d'ironie libidineuse. Et c'est là, justement, tout le propos et tout l'intérêt du quatuor de Catherine Gaudet : comment dans un même corps, comment dans un même groupe (deux hommes et deux femmes confinés dans un espace scénique restreint et bien délimité), faire vivre, tressaillir

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"La Danseuse" : au nom de la Loïe

ECRANS | de Stéphanie Di Giusto (E-U, 1h48) avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry…

Vincent Raymond | Mardi 27 septembre 2016

Rétablir dans sa vérité Loïe Fuller, l’une des fondatrices de la danse contemporaine injustement éclipsée par la postérité d’épigones plus charismatiques — ou plus rouées, à l’image d’Isadora Duncan —, tel était le propos de Stéphanie Di Giusto. Une démarche louable et sincère… pour un résultat un peu bancal. Certes, la cinéaste mène à bien sa mission réhabilitation : Fuller ressort du film auréolée d’un statut de première artiste multimédia du XXe siècle ; d’instinctive de génie ayant su mêler spectacle vivant, sons et lumières avec un perfectionnisme confinant à la folie — le fait que la polyvalente (et gentiment… azimutée) Soko l’incarne contribue à dessiner la silhouette d’une créatrice éprise autant d’absolu que du désir de bouger les lignes. Mais la réalisation manque d’une audace à la hauteur du personnag

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À la Biennale, "Auguri" : ça tourne !

Biennale de la Danse | Olivier Dubois a secoué la Biennale de la Danse avec sa nouvelle création : une pièce aussi puissante qu'asphyxiante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

À la Biennale,

Lundi, nous avons découvert le film d'Alain Guiraudie, Rester vertical. Jeudi, la nouvelle création du chorégraphe Olivier Dubois, Auguri (entre-temps, Christian Rizzo et Rachid Ouramdane avaient lancé à la Biennale un nouveau courant chorégraphico-dentaire : celui de la "danse creuse"). Lundi, nous nous sommes un peu ennuyés, jeudi pas une seconde. Pourtant, nous défendrions plus facilement le film de Guiraudie que la pièce, toute en surplomb, de Dubois... Les deux œuvres jouent sur des trajectoires circulaires, sur des éternels retours qui tentent de relancer, à chaque "tour", un nouveau désir ou un nouveau pan de condition humaine. Sur une bande son techno dramatique, Olivier Dubois fait courir, en cercle et à toute allure, ses vingt-quatre danseurs, avec des entrées et des sorties réglées au cordeau, des rythmiques effrénées impressionnantes, et un sens de la scénog

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Let's dance !

Biennale de la Danse | La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Let's dance !

La Biennale démarre sur les chapeaux de roue cette semaine, avec certains des spectacles que nous vous avons conseillé dans notre dernier numéro. Parmi eux, s'il n'y en avait qu'un à voir, insistons encore sur cet incroyable "danseur des solitudes" qu'est Israel Galvan, explosant les codes du flamenco pour des solos existentialistes entre grotesque et tragique, sur des musiques improbables. Cette semaine sera riche d'événements parallèles à la Biennale : avec l'ouverture de la passionnante exposition Corps rebelles au musée des Confluences et le remix d'Hervé Robbe de la fameuse pièce de Maurice Béjart, Messe pour le temps présent sur la musique de

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La Danseuse

ECRANS | Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 septembre 2016

 La Danseuse

Au lendemain de l’ouverture de la 17e Biennale lyonnaise, la danse s’insinue partout, y compris au cinéma avec l’avant-première du premier long-métrage de Stéphanie Di Giusto, La Danseuse. Retraçant la carrière de Loïe Fuller, célèbre pour ses chorégraphies serpentines et ses voiles virevoltants, il narre aussi sa relation passionnée avec sa future rivale, Isadora Duncan. La projection se fera en présence de la cinéaste et de l’interprète du rôle-titre, Soko. Au Pathé Bellecour le jeudi 15 septembre à 20h30

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Au cœur du Ballet à l'Opéra

Danse | Comment ça se passe dans cette grande maison noire ? Comment le ballet permanent organise-t-il ses journées en amont des spectacles ? C'est ce (...)

Nadja Pobel | Lundi 5 septembre 2016

Au cœur du Ballet à l'Opéra

Comment ça se passe dans cette grande maison noire ? Comment le ballet permanent organise-t-il ses journées en amont des spectacles ? C'est ce que vous propose de découvrir l'Opéra ce samedi 10 septembre de midi à 18h30. Au programme : la visite du grand studio, magnifique salle de travail sous la verrière imaginée par Jean Nouvel, mais aussi des projections vidéo, des ateliers pour enfants et adultes (sur réservation) ou une initiation sous le péristyle par Ashley Wright, toute jeune retraitée de ce ballet qui compte 31 danseurs venus du monde entier. Les chorégraphes Alessandro Sciarroni et Marina Mascarell vous ouvrent les portes de leurs créations qui ouvriront la Biennale de la danse du 14 au 18 septembre et répondront à vos questions. Cette journée n'est que le prélude aux Brigades d

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La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

La Saison de la Danse | Même si les jeunes chorégraphes ont encore du mal à se faire une place à l'ombre de leurs aînés, la saison danse 2016-2017 s'annonce ouverte, riche et diverse. La fraîcheur des idées n'y sera pas forcément fonction de l'âge du capitaine...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

La saison danse 2016-2017 en un clin d'oeil

Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse, Dominique Hervieu répète à l'envi et avec courage en ces temps de budgets culturels en berne, sa volonté d'accompagner et de stimuler la création chorégraphique. Un nouveau lieu est en cours d'élaboration et de réfection dans l'enceinte de l'ancien Musée Guimet... Reste qu'en jetant un regard rapide sur sa programmation et sur celles de ses confrères, on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà vu, voire de réchauffé. C'est par exemple "l'archipel" de la Maison de la Danse consacré à Angelin Preljocaj, qui depuis plusieurs années se consacre davantage à l'esthétisme clinquant qu'à l'innovation. C'est la compagnie japonaise Sankai Juku qui viendra fêter ses quarante d'ans d'existence à la Maison de la Danse, alors qu'elle n'est plus que l'ombre de l'ombre d'elle-même, et plombe ce genre fascinant qu'est le

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Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Biennale de la Danse | La 17e Biennale de la Danse garde la tête haute et le tour de bras généreux, malgré un budget au rabais, embrassant une fois encore tous les styles de danse contemporaine actuels. Parmi les trente-sept spectacles proposés, en voici huit à ne pas manquer.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Biennale de la danse 2016 : Ce qu'il faut voir

Israel Galvan, Flacomen Le « danseur des solitudes » comme l'appelle le critique et historien d'art Georges Didi-Huberman fait son retour sur les scènes lyonnaises, avec un solo datant de 2014, accompagné de musiciens free jazz et flamenco. On sait, et on n'arrête pas d'admirer, la capacité du chorégraphe-danseur à tordre en tous sens les codes du flamenco et à en extraire la pulpe fondamentalement tragique. Galvan hisse ce tragique à la condition de tout individu, montrant, avec humour ou pas, ces forces qui nous traversent et se heurtent à l'intérieur de soi. Ces forces antagonistes qui sont aussi au cœur dialectique de tout geste, de tout mouvement dansé. À la Maison de la Danse du 14 au 16 septembre Yuval Pick, Are Friends Electric ? À l'instar de Galvan, le Lyonnais

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Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

Biennale de la Danse | En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire (...)

Vincent Raymond | Jeudi 25 août 2016

Au Comœdia aussi, faut que ça danse !

En préambule de la 17e Biennale de la Danse qui s’ouvre le 14 septembre, le Comœdia accueille le lundi 5 septembre à 20h l’avant-première du documentaire Relève : histoire d’une création, où les réalisateurs Thierry Demaiziere et Alban Teurlai suivent les coulisses de la première création de Benjamin Millepied à l’Opéra de Paris en 2015. Si les deux auteurs seront présents pour échanger avec le public, l’on annonce la venue sous réserve du danseur et chorégraphe. Voilà qui devrait donner un contrepoint intéressant à ce film et un débat forcément enlevé… Lundi 5 septembre à 20h au Comœdia, Lyon.

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Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Biennale de la Danse | Le défilé de la Biennale de la Danse aura bien lieu le 18 septembre, mais dans l'enceinte du stade de Gerland et sur réservation préalable. La Fête des Lumières en décembre est également maintenue, même si sa forme pourrait évoluer pour les mêmes raisons liées à la sécurité.

Sébastien Broquet | Mercredi 24 août 2016

Le défilé de la Biennale déplacé au stade de Gerland

Les impératifs de sécurité auront finalement eu raison des festivités en liberté : le défilé de la Biennale de la Danse, rendez-vous populaire très attendu, aura bien lieu, mais en version "cloisonné" dans l'enceinte du stade de Gerland, le 18 septembre prochain à 16h. Et uniquement sur inscription (gratuite) au préalable : il faudra, à partir du 7 septembre, se rendre sur le site de la Biennale pour réserver sa place. 38 000 spectateurs maximum pourront assister au défilé dans l'enceinte, les autres devant se contenter de leur écran de télévision, nos confrères de France 3 diffusant l'événement en direct. Si l'esprit de la parade dans la ville s'éteint avec ce dispositif, c'était nécessaire selon le maire, Gérard Collomb, qui déclare dans un communiqué paru ce mercredi matin : « Il n’était pas question que les événements récents puissent avoir raison d’un rendez-vous aussi important et symbolique que

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"Sur quel pied danser " marie comédie musicale et film social

ECRANS | Un film de Paul Calori & Kostia Testut (Fr, 1h25) avec Pauline Etienne, Olivier Chantreau, François Morel

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

Que voilà un titre bien inspiré pour cette œuvre au séant certes remuant, mais ballottant entre deux sièges ! Portant la noble ambition de marier comédie musicale et film social en s’intéressant à la condition d’ouvrières de la chaussure flouées par leur immonde patron (pléonasme), elle rate son émulsion, sans parvenir non plus à mener aucun des deux projets artistiques à son terme. D’autant qu’osciller en permanence d’un conflit ouvrier traité au premier degré sur l’échelle Dardenne, au merveilleux évaporé et bariolé façon Demy, requiert du spectateur plus que de la souplesse : de la tolérance. Passons sur le fait que les séquences dansées pâtissent de cadrages étriqués et d’un montage dur comme une semelle ; que le premier chorus à l’usine souffre d’être comparé à Dancer in the Dark auquel il renvoie immanquablement, il reste encore une fausse bonne idée à déplorer : avoir confié à un aréopage de belles plumes (Jenne Cherhal, Albin de la Simone, Olivia Ruiz, Clarika…) le soin d’écrire paroles et musiques des chansons. Certes, la démarche participative est louable, mais le manque d’unité regrettable.

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Le programme du défilé de la Biennale

biennale de la danse | Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 16 juin 2016

Le programme du défilé de la Biennale

Depuis 1996, le défilé de la Biennale de la danse est le sommet chatoyant et festif d'un "iceberg" d'un an de travail dans plusieurs quartiers du Grand Lyon (et même au-delà). L'événement, inventé par Guy Darmet lors d'une biennale consacrée au Brésil, s'inspire des écoles de samba pour le Carnaval de Rio. Cette année, ce seront douze groupes emmenés chacun par un chorégraphe professionnel (Mourad Merzouki, Fred Bedongué, Farid Azzout...) et 5000 participants qui défileront le dimanche 18 septembre, des Terreaux à la place Bellecour, sur le thème "Ensemble". « Les participants et les spectateurs vivront un rituel où s'éprouve et se vivifie un nouveau lien entre les artistes et la population. L'art dans l'espace public, à l'usage de tous, soutient notre engagement pour la démocratisation culturelle » écrit Dominique Hervieu, directrice de la Biennale. Place Bellecour, pour la clôture du défilé, plusieurs événements auront lieu : un concert de rumba avec la pa

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Une Biennale postmoderne

Biennale de la Danse | Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 juin 2016

Une Biennale postmoderne

Toute Biennale de la Danse est constituée d'un mélange des genres, avec, cette année encore, du néoclassique (Thierry Malandain), du nouveau cirque (Collectif Petit Travers), du moderne (une journée consacrée au Sacre du printemps), du people (Gallotta mettant en scène Olivia Ruiz), du foutraque (Bengolea et Chaignaud) et beaucoup de contemporain... Mais cette 17e édition (du 14 au 30 septembre) met l'accent aussi sur une ligne postmoderne où le contemporain se nourrit de la tradition, où la culture populaire s'hybride avec la culture savante. Yan Duyvendak, par exemple, propose une comédie musicale sur fond de crise économique et sociale contemporaine.

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Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

SCENES | Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 mars 2016

Jiri Kylián, artiste associé à l'Opéra

Élégance et rigueur. Deux mots-clés qui pourraient à la fois caractériser l'essentiel de l’œuvre de Jiri Kylián et sa personnalité. Né en 1947 en ex Tchécoslovaquie, plongée alors dans les turpitudes de l'Histoire, le chorégraphe révèle très tôt des dons pour la musique et la danse : il crée sa première pièce (Paradox) à l'âge de vingt-trois ans ! Figure, depuis, de la danse dite "néo-classique", longtemps directeur artistique du Nederlands Dans Theater (NDT) de 1975 à 2004, Kylián a signé un nombre incalculable de pièces dont La Symphonie des Psaumes (1978) ou One of a kind (2000). Nombre d'entre elles sont inscrites au répertoire du Ballet de l'Opéra dont Jiri Kylián sera l'artiste associé pendant trois saisons à partir de septembre 2016. Il y reprendra l'an prochain One of a kind et transmettra au Ballet Sleepless, une pièce créée en 2004 (jamais montrée en France) autour de l'univers du peintre Lucio Fontana. JED

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Le Ballet fait sa révolution

SCENES | Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

Le Ballet fait sa révolution

Jusqu'au 13 février au Toboggan, le Ballet de l'Opéra de Lyon présente Révolution(s), un programme rassemblant trois pièces de jeunes et fougueux chorégraphes contemporains. On pourra y revoir Tout autour (2014) de Rachid Ouramdane et Sunshine d'Emmanuel Gat, et surtout, découvrir la nouvelle création de la chorégraphe portugaise Tânia Carvalho, figure montante de la danse contemporaine.

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Moi de la danse : Émoi, émois et... moi ?

SCENES | Nouveau festival dédié à la danse contemporaine, le Moi de la danse aux Subsistances poursuit sa quête d'identité(s) et promet, après Manuel Roque, une seconde belle découverte avec le chorégraphe portugais Marco Da Silva Ferreira. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 janvier 2016

Moi de la danse : Émoi, émois et... moi ?

Le Moi de la danse se focalise sur la singularité : du geste chorégraphié, de l'interprète, du chorégraphe. Avec le canadien Manuel Roque, les trois étaient réunis dans son impressionnant solo Data. Sur le Requiem de Gabriel Fauré, l'ancien circassien au corps en caoutchouc, rappelait que nous sommes tous la somme d'une série de figures mythologiques, religieuses, animales, anthropologiques... Une somme d'états du corps enracinée dans un passé à la mémoire anatomique que Manuel Roque dépliait, peu à peu, à travers une danse hyper expressive et poignante. On y a perçu les cris d'un enfant comme celui d'un Munch, la violence du toréador ou celle du danseur de flamenco, les métamorphoses d'un Actéon ou la souffrance d'un crucifié... Le "Je" ou le "Moi" du chorégraphe s'avère être une singularité traversant le millefeuilles archéologique du corps, ravivant sur scène les gestes des morts (Requiem) et les liturgies hiératiques du sacré. En résidence actuellement aux Subsistances, Manuel Roque y présentera une étape de travail de sa nouvelle création le mercredi 27 janvier (entrée gratuite).

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Brigade du Ballet : session de janvier

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 6 janvier 2016

Brigade du Ballet : session de janvier

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 13 janvier, autour du programme Révolution(s). Vous avez jusqu'au 8 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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Brigade du ballet : session de décembre

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 décembre 2015

Brigade du ballet : session de décembre

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 16 décembre, autour du programme Made in America. Vous avez jusqu'au 11 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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À l'Opéra, une Carmen endiablée

SCENES | Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 novembre 2015

À l'Opéra, une Carmen endiablée

Le Ballet de l'Opéra s'aventurant habituellement sur les terres de la danse contemporaine, il est surprenant de le découvrir au milieu d'une scénographie très théâtrale, en costumes et... sur pointes ! Ceux, en l'occurrence, de deux pièces de Roland Petit (1924-2011), auteur de plus de cent cinquante créations et chorégraphe difficilement classable. Entre académisme et innovation (l'introduction, par exemple, de gestes du quotidien dans ses pièces), entre théâtralité et abstraction, Roland Petit s'est essayé à tous les genres, signant quelques chefs-d’œuvre (Le Jeune homme et la mort en 1946 notamment) comme des spectacles plus légers (dans le domaine du music-hall, à la télévision ou pour Hollywood). L'Arlésienne (1974) et Carmen (1949), les deux oeuvres sur une musique de Bizet au programme du Ballet, sont représentatives de sa danse "patchwork" où les pirouettes et les figures classiques le disputent à de plus singulières positions "en dedans" ou à des chutes et des mouvements au sol. Les danseurs semblent plus à l'aise et motivés dans Carmen, spectacle aux décors hauts en couleurs (signés par le peintre espagn

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Brigade du ballet - C'est reparti !

SCENES | Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Brigade du ballet - C'est reparti !

Au fil de la saison 2015/2016, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes rédacteur, photographe, vidéaste, dessinateur ou même preneur de son ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages seront publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 14 octobre, autour du spectacle programme Carmen / L'Arlésienne. Vous avez jusqu'au 7 pour vous manifester. Bonne chance à tous !

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«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

SCENES | À la Maison de la danse, Abou Lagraa s’inspire pour sa nouvelle création du fragment le moins religieux du plus pieux des livres, et le fait entrer en vibration avec le temps contemporain. Un sacré défi.

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2015

«Montrer qu'il reste de l'espoir» - Interview d'Abou Lagraa

Vous ouvrez votre résidence et la saison de la Maison de la Danse avec Le Cantique des Cantiques, une création sous le signe du double — plus dans le sens de "conjugaison"» que de "dualité"… Abou Lagraa : C’est vrai. D’autant que je suis en co-création avec Mikaël Serre. C’est d’ailleurs la première fois que je travaille avec un metteur en scène : je ne pouvais pas ne pas travailler avec des comédiens et un metteur en scène autour d’un si beau poème, vieux de 2300 ans. On est dans une union parfaite sur scène : une danse de sensualité, de fluidité — très esthétique parce que j’aime cela — et des comédiens, tous ensemble autour d’un fabuleux texte métaphorique. Car si l’on regarde derrière Le Cantique…, il est question de liberté, de féminité, de l’homme qui a peur de la femme, de l’amour, du couple… Nous avons poussé un peu plus loin en parlant de l’amour en général, pour construire quelque chose d’accessible, de non élitiste. Ce texte est une parade amoureuse et rythmée, qui porte en lui des mouvements. Était-il évident de déduire des phrases chorégraphiques de ses phrases poétiques ?

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Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

SCENES | «Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 septembre 2015

Jiří Kylián entre au répertoire du Ballet de l'Opéra

«Je pense que tout mon travail parle de l'amour et de la mort» déclara un jour le chorégraphe tchèque Jiří Kylián (né en 1947). Ce maître du néo-classicisme, épris de musicalité et de pureté du mouvement, décline ces thèmes existentiels fondamentaux dans des univers spectaculaires hétéroclites : l'abstraction vive et minimale de 27'52'' (2002), la théâtralité onirique et baroque de Bella Figura (1995) ou le dispositif intimiste et émouvant de Heart's Labytinth, pièce créée il y a trente ans en hommage à une danseuse de sa compagnie qui s'était suicidée. Ces trois pièces seront interprétées par les danseurs du Ballet de l'Opéra (du 8 au 16 septembre à l'Opéra) et, à cette occasion, la fabuleuse chorégraphie de 27'52'' fera son entrée dans le répertoire de la compagnie. Pièce pour six interprètes dont le titre est aussi sa durée précise, 27'52'' déploie ses mouvements vifs et tranchants à travers la musique sous haute tension de Dirk Haubrich, inspirée de la Symphonie nº 10 de Mahler et de quelques vers de Charles Baudelaire. On y retrouve le thème du couple et de la rencontre amoureuse, dans u

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Brigade du Ballet de l'Opéra - Rejoignez la session de juin

SCENES | Au fil de la saison 2014/2015, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Brigade du Ballet de l'Opéra - Rejoignez la session de juin

Au fil de la saison 2014/2015, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes apprenti blogger, rédacteur, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages (écrits, filmés, dessinés…) sont publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le mercredi 24 juin, autour du spectacle Atvakhabar Rhapsodies. Vous avez jusqu'au 17 pour vous manifester (y compris si vous avez déjà candidaté sans succès auparavant !). Bonne chance !

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Brigade du ballet - Rejoignez la session de mai

SCENES | Vous aussi, devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

Benjamin Mialot | Mardi 28 avril 2015

Brigade du ballet - Rejoignez la session de mai

Au fil de la saison 2014/2015, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes apprenti blogger, rédacteur, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages (écrits, filmés, dessinés…) sont publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le samedi 16 mai, autour de la soirée de création Premières !. Vous avez jusqu'au 7 pour vous manifester (y compris si vous avez déjà candidaté sans succès auparavant !). Bonne chance !

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La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

ACTUS | De New York à Séoul, du conte philosophique à la relecture de ghetto movie, de la rumba au baroque : à la rentrée, la volonté de Dominique Hervieu de présenter la danse sous ses formes les plus variées ne faiblira pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Lundi 27 avril 2015

La saison 2015/2016 de la Maison de la danse

Heureux soient ceux qui ont manqué l'arrivée de Maguy Marin à Ramdam, elle sera à l'honneur du prochain "Archipel" de la Maison de la danse. Succédant à Découflé, elle reprendra son chef-d’œuvre May B et Bit, sa création pour la Biennale 2014 (fin février début mars), ainsi que Singspiele, dernier spectacle co-écrit avec David Mambouch qu'elle présente justement à Ramdam cette semaine (mi-mars, au TNP). La saison 2015/2016 de la Maison de la danse sera marquée par trois autres temps forts. D'abord, un mois (novembre) de festivités autour de New York. Jean Lacornerie et les Percussions Claviers de Lyon y reprendront leur remarquable version de la comédie musicale téléphonique Bells Are Ringing, tandis que le CNDC Angers dansera, notamment, un Event (un patchwork de fragments de chorégraphies) du maître post-moderniste Merce Cunningham. Surtout, on y retrouvera Bill T. Jones le temps d'un pur exercice formel autour du Quatuor de Ravel et de La Jeune fille et la mort de Schubert, et le très en vue Kyle Abr

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Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

ACTUS | Fort d'un solide casting de nouvelles têtes (Wouajdi Mouawad, Dominique Pitoiset, Jeanne Candel...) et d'habitués (Olivier Py, Laurent Pelly, David Marton...) et fidèle à sa volonté de donner à voir à la fois la modernité du répertoire et la vitalité de la création contemporaine, l'Opéra de Lyon placera sa saison 2015/2016 sous le signe de l'humanisme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Samedi 14 mars 2015

Coup d'oeil sur la saison 2015/2016 de l'Opéra de Lyon

La présentation de la saison 2015-2016 de l'Opéra de Lyon a débuté par une confirmation : celle de la nomination de Daniele Rustioni en tant chef permanent. D'ici sa prise de fonction en septembre 2017, le jeune prodige italien de 32 ans dirigera notamment La Juive, fastueuse romance inter-religieuse qui valut à Jacques Fromental Halévy les louanges de Wagner, sur une mise en scène d'Olivier Py. Une production d'autant plus symbolique qu'elle s'inscrira dans le traditionnel festival de l'Opéra (fin mars et début avril 2016), dédié cette fois à l'Humanité, journal emblématique... Ah non. D'après nos notes, il présentera en fait des œuvres disant la nécessité de lutter contre les intégrismes, dont une création mondiale : Benjamin, dernière nuit, un biopic du génie tourmenté Walter Benjamin (en partenariat avec la Biennale Musiques en scène, avec l'écrivain Régis Debray au livret, Bernhard Kontarsky à la direction et John Fulljames à la mise en scène). Un double programme mettant en lumière des compositeurs passés par le ghetto de Terezin –

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Brigade du ballet - Rejoignez la session de mai

SCENES | Vous aussi, devenez petite souris dans les coulisses du Ballet de l’Opéra de Lyon !

Benjamin Mialot | Mardi 3 mars 2015

Brigade du ballet - Rejoignez la session de mai

Au fil de la saison 2014/2015, l’Opéra de Lyon et le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses et à raconter le fruit de cette rencontre. Vous êtes apprenti blogger, rédacteur, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Adressez-nous votre candidature motivée par email (brigadeduballet@petit-bulletin.fr) et rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs. Vos mini-reportages (écrits, filmés, dessinés…) sont publiés sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon. La prochaine session se tiendra le samedi 16 mai, autour de la soirée de création Premières !. Vous avez jusqu'au 6 pour vous manifester (y compris si vous avez déjà candidaté sans succès auparavant !). Bonne chance !

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Rejoignez les Brigades du Ballet

MUSIQUES | Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de (...)

Benjamin Mialot | Mardi 13 janvier 2015

Rejoignez les Brigades du Ballet

Les Candidatures pour la prochaine Brigade du ballet (mercredi 18 février pour le programme Forsythe) sont ouvertes ! Au fil de la saison, l’Opéra de Lyon et Le Petit Bulletin vous invitent à découvrir le Ballet de l’Opéra dans l’intimité des coulisses. Vous êtes apprenti blogger, photographe, vidéaste ou dessinateur ? Rejoignez notre brigade de chroniqueurs-amateurs et racontez le fruit de cette rencontre sur les sites du Petit Bulletin et de l’Opéra de Lyon ! Adressez-nous votre candidature motivée à : brigadeduballet@petit-bulletin.fr   Plus d'informations : http://www.opera-lyon.com/page/la-brigade-du-ballet Sessions précédentes : http://www.petit-bulletin.fr/lyon/membre-27829.html

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