Youpi, Yi-Ping joue

MUSIQUES | Entretien / Yi-Ping Yang, jeune percussionniste au talent inouï et d’une humilité troublante ouvre la biennale Musiques en scène. Rencontre avec une interprète d’exception qui réinvente constamment la percussion. Propos recueillis par Pascale Clavel

Pascale Clavel | Vendredi 26 février 2010

Petit bulletin : En tant qu'interprète, quel regard portez-vous sur cette Biennale musiques en scène ?
Yi-Ping Yang : Je trouve cela très courageux de la part de James Giroudon. La musique contemporaine n'est pas facile d'accès. C'est une musique où l'on n'a pas de recul et il faut une grande curiosité pour trouver le bon chemin. Cela demande une certaine préparation, une certaine démarche. Pour moi qui suis interprète, c'est magnifique de pouvoir travailler avec des compositeurs ! Il doit exister une vraie connivence et à la fois, en tant qu'interprète, je dois rester fidèle à la pensée du compositeur. Vous ouvrez cette Biennale. Ce moment musical est-il particulier ?
C'est une pression mais également une grande stimulation de faire le concert d'ouverture. L'ensemble est intéressant, il regroupe des compositeurs de cultures différentes : une compositrice finlandaise et son regard sur l'extrême orient ; un compositeur en résidence, un compositeur japonais qui vit en Allemagne… Une richesse de timbres et d'ambiances extraordinaires pour une interprète. De plus, les œuvres que je joue ont toutes une connexion entre elles puisqu'elles sont toutes acoustiques et électroniques.La musique contemporaine offre-t-elle plus de possibilités aux percussionnistes que la musique classique ?
Je viens de la musique classique. Pour moi, c'est aussi jouissif de jouer une œuvre romantique que de la musique contemporaine. Il existe plein de saveurs différentes, plein de couleurs. J'ai besoin d'aller toujours plus loin et la musique contemporaine me le permet parce que la plupart des pièces sont très exigeantes. Chaque fois, je dois apprivoiser l'œuvre, elle doit devenir une partie de ma chair. Lorsque j'arrive à jouer une pièce sans partition, que je l'ai totalement domptée, c'est le bonheur. À ce moment là, il y a un vrai contact avec le public, avec la musique, je suis aux anges !

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