Gentleman Jim

ECRANS | RAOUL WALSH Collection Fnac

Christophe Chabert | Dimanche 7 septembre 2008

Sans crier gare, la FNAC est donc devenue éditrice de DVD, avec cette collection comprenant une vingtaine de titres pour la plupart inédits. Loin de faire les fonds de tiroir, elle a exhumé du catalogue des studios occupés à sortir leurs hits en Blu-Ray des films parfois exceptionnels (Le Ciel peut attendre de Lubitsch, L'Homme à la peau de serpent de Lumet, Madame Bovary version Minnelli…). Pas de boni, des jaquettes grises assez moches, un prix modeste (13€) : c'est du hard discount, même si les copies sont plus que correctes. S'il ne fallait en choisir qu'un parmi tous, ce serait ce Gentleman Jim, chef-d'œuvre de Raoul Walsh qui donne ses premières lettres de noblesse à un genre qui va en connaître beaucoup : le film de boxe. James Corbett, fils d'Irlandais pauvres, s'incruste dans la haute société de San Francisco pour y démontrer ses talents de cogneur et surtout l'efficacité de son jeu de jambes ; son itinéraire est à l'écran une merveille de fluidité narrative, excellemment dialogué, filmé et incarné par un Errol Flynn majestueux. La mise en scène des combats est pour l'époque (1942) particulièrement inventive — il faudra attendre Raging Bull pour voir mieux ! Mais plus durs que les coups donnés sur le ring, c'est la violence des codes sociaux qui frappe le plus dans le film. Le surnom de Corbett, «Gentleman Jim» est d'abord une provocation envers ce monde guindé qui le rejette, et qu'il devra faire venir jusqu'à lui à défaut de pouvoir l'intégrer, jusqu'à une avant-dernière scène bouleversante d'humanisme.
CC

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