Hallucinations et moutons électriques

ECRANS | La programmation du prochain festival Hallucinations collectives (au Comœdia du 4 au 9 avril) a été dévoilée : des Belges bizarres, un tueur en série autrichien, un cinéaste sud-africain visionnaire, un hommage à Philip K. Dick et une belle brochette d’inédits. Passionnant ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 15 février 2012

Photo : "The Raid", en ouverture d'Hallucinations collectives


La première édition avait tenu toutes ses promesses : Hallucinations collectives prolongeait, avec un enthousiasme contagieux, l'expérience menée pendant trois ans par L'Étrange festival et revendiquait une identité singulière, où la défense des films «orphelins» (jolie formule désignant ces œuvres auxquelles les auteurs n'ont souvent jamais donné de suite !) et hors norme brisait les frontières étanches du bon goût cinéphile (cinéma de genre, cinéma d'auteur : peu importe !). La programmation de l'édition 2012 poursuit donc cet effort, et elle est déjà très excitante (il manque encore quelques titres, qui seront révélés dans les jours à venir).

Dick in my brain

Surprise : ce n'est pas un cinéaste mais un écrivain qui sera à l'honneur dans la première partie du festival. L'immense Philip K. Dick, référence majeure de la littérature de science-fiction avec des romans comme Ubik, Le maître du haut château ou Substance mort, sera donc célébré à travers une table ronde, une lecture, un concert de Richard Pinhas et, bien sûr, un film. Façon de rappeler qu'Hallucinations collectives n'est pas qu'une manifestation pour cinéphages, mais une vraie tentative pour mettre ce cinéma différent en perspective avec un plus vaste mouvement culturel. Ensuite, le cœur du festival sera composé de deux rétrospectives, l'une consacrée au cinéma belge différent, dont Fabrice Du Welz est aujourd'hui le digne héritier (Vases de noces de Thierry Zéno et Les Lèvres rouges de Harry Kümel sont les deux premiers films annoncés) ; l'autre permettra de réévaluer (en sa présence) un cinéaste sud-africain culte, Richard Stanley, auteur de deux films étranges et fascinants, Hardware et Dust devil. Au rayon «cabinet de curiosités», le festival proposera un pur chef-d'œuvre, à voir absolument sur grand écran : Schizophrenia de Gerald Kragl, film préféré de Gaspar Noé, itinéraire d'un tueur en série autrichien en temps réel, en voix-off et en mouvements de caméra spectaculaires et innovants. Autre curiosité, en effet, La Belle et la bête, pas la version Cocteau, mais celle de Juraj Herz, réalisateur tchèque du génial L'Incinérateur de cadavres. Enfin, pour les petits, un film récent (2004) mais devenu rare depuis sa sortie, Strings, le fil de la vie.

Internationale du cinéma gonflé

Le festival, c'est aussi (certains diront surtout, mais ils auront tort !) des avant-premières et une compétition, dont le jury accueillera entre autres l'excellent Nicolas Boukhrief. Ouverture dynamite avec The Raid, polar indonésien hard boiled à côté duquel John Woo fait du cinéma pour enfants. Au menu ensuite le nouveau Xavier Gens après le très raté Frontière(s) (The Divide), un thriller anglais qui fait beaucoup de buzz (Kill list), le dernier Kevin Smith, moins geek et plus enragé et engagé (Red state), un slasher movie avec des ados (Detention), un film de SF allemand (Hell), et un hommage au cinéaste japonais Hitoshi Matsumoto, dont le festival avait proposé l'an passé Symbol, et qui projettera cette année son premier et son dernier films. Une sorte d'internationale du cinéma qui n'a pas froid aux yeux, où l'audace figure une forme de résistance. Exactement ce qu'il nous faudra au début du mois d'avril !

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Écrans Mixtes, les Hallus, la Caravane : les festivals se recalent

Cinéma | La proximité de la réouverture des salles datée au 19 mai, et la baisse — pour le moment — continue du taux d’incidence redonnent le moral aux organisateurs : Hallucinations Collectives et Écrans mixtes ont annoncé leur retour pour cet été.

Vincent Raymond | Vendredi 7 mai 2021

Écrans Mixtes, les Hallus, la Caravane : les festivals se recalent

Caravane des Cinémas d’Afrique Pas de chance pour la 16e édition de la Caravane des Cinémas d’Afrique du Ciné Mourguet ! Déjà contrainte d’annuler l’an passé, la biennale fidésienne reporte à nouveau son rendez-vous à 2022 mais en promettant (en sus de sa programmation) la présentation d’une création originale du styliste béninois Prince Toffa : une robe confectionnée à partir de 16 000 capsules de café. Ceux qu’il faudra avaler pour patienter ? Écrans Mixtes D’ici là, on se consolera avec — dans l’ordre d’apparition — Écrans Mixtes. Le festival de cinéma queer, qui avait fermé ses portes l’an dernier in extremis en présence de John Waters avant le premier confinement, tiendra sa 11e édition du 23 juin au 1er juillet avait. S’il avait déjà révélé sa

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La Villa Gillet déroule un Mode d'Emploi 100% Web

Festival des Idées | Faute de pouvoir se tenir en "présentiel", selon l'infâme expression un peu trop consacrée, Mode d'Emploi s'avance donc virtuellement jusqu'au 21 novembre pour ne pas nous sevrer totalement de débats d'idées et de réflexions sur notre espace contemporain, déjà sacrément chamboulé. Comme pour les Assises Internationales du Roman au printemps, l'événement est à retrouver tous les soirs à partir de 19h sur le site de la Villa Gillet. Si vous voulez un conseil — autre que de défense —, faites-y donc un tour. Voici le programme.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 novembre 2020

La Villa Gillet déroule un Mode d'Emploi 100% Web

Confinée au moment des Assises Internationales du Roman, la Villa Gillet en avait livré une version virtuelle sur son site Web. Reconfinée au moment de Mode d'Emploi, son festival des idées, la voici contrainte mais néanmoins enthousiaste de remettre le couvert avec un programme qui, sur la forme, se calque quelque peu sur le couvre-feu et, sur le fond, embrasse les thématiques auxquelles cette drôle d'année 2020 est venue donner davantage de relief. Ainsi chaque jour, sauf exception, Mode d'Emploi proposera un programme en trois temps. À 19h, il sera question de Libertés d'expression, sous la forme de capsules sonores ou vidéo avec des artistes et citoyens engagés. À 19h30 — de 16h à 19h pour la journée, copieuse, du samedi —, on enchaînera avec Les idées sous couvre-feu, soit une heure quotidienne de débats et conversations thématiques avec é

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Vous ne rêvez pas : Hallucinations Collectives va commencer !

Cinéma | La treizième édition du festival de cinéma de genre, prévue au printemps, aura bien lieu et commence finalement aujourd'hui. Rendez-vous au Comœdia dès aujourd'hui.

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2020

Vous ne rêvez pas : Hallucinations Collectives va commencer !

En leur for intérieur, les amateurs de cinéma de genre triskaïdékaphobes doivent se demander s’ils doivent jubiler ou être ravagés par l’angoisse : la treizième édition du festival Hallucinations Collectives qui n’a pas eu lieu à Pâques ressuscite… treize semaines pile après la Trinité. Coïncidence ? À mettre au crédit de quelque esprit fort, démoniaque ou fort démoniaque, alors. Et par une ironie encore plus mordante, la programmation intègre parmi ses thématiques une rétrospective en quatre films baptisée “Vaudou : Walking with the Zombies”, complétée par l’adaptation d’un manga, I am a Hero, par Shinsuke Sato. En ces temps de Covid-19 — qui, outre le décalage de la manifestions, influe évidemment sur son organisation en supprimant les votes du public pour les films en compétition — on ne s’étonnera pas de voir d’autres productions anticiper des problématiques de contamination. C’est le cas avec le film d’ouverture, Colour Out of Space, du revenant Richard Stanley, interprété par le non-moins miraculé Nicolas Cage : dans cette adaptation de Lovecraft la maladie

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Amour en eaux douces : "Une sirène à Paris"

Fantastique | Alors que son père va vendre la péniche familiale Flowerburger, historique siège d’un groupe d’embellisseurs de vie — les surprisiers — Gaspard, un musicien au cœur brisé, découvre Lula, jeune sirène échouée sur les rives de Seine. Pour la sauver, il l’emmène chez lui…

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Amour en eaux douces :

S’il n’y avait les rêveurs pour le porter et lui donner de l’oxygène, le monde s’écroulerait, asphyxié. Mathias Malzieu en fait partie, qui déploie son imaginaire de chansons en livres et de livres en films, explorant des univers connexes à ceux de ses devanciers Tim Burton ou Jean-Pierre Jeunet. Comme dans La Mécanique du cœur ou Métamorphose en bord de ciel, le meneur de Dionysos ose ici un conte façon alchimie entre merveilleux et mélancolie avec des héros cabossés depuis l’enfance et des créatures surnaturelles. Avec ses décors baroques, sa musique faite maison, ses interprètes attachants (le couple Duvauchelle/Lima s’avère osmotique), Une sirène à Paris cherche à ranimer un certain esprit magique, que l’on peut apprécier comme une forme de nostalgie d’un paradis cinématographique perdu. Malgré tout, ce mixte d’ambition et de naïveté revendiquée manque, c’est triste à dire, de moyens à l’écran. Peut-être aurait-il fallu être étourdi par un surcroît de couleurs et de frénésie à la Baz Luhrmann pour que la féérie du projet soit plus

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Aux chants, élisez ! : "Teen Spirit"

Drame | Issue d’une famille immigrée polonaise vivant dans l’austérité et la foi sur une petite île britannique, la talentueuse Violet rêve de devenir chanteuse. Quand l’émission "Teen Spirit" organise des auditions près de chez elle, elle tente sa chance, escortée par un coach atypique…

Vincent Raymond | Mercredi 26 juin 2019

Aux chants, élisez ! :

Bien qu’elle semble toute de probité candide et de lin blanc vêtue, la diaphane Elle Fanning doit posséder un je-ne-sais-quoi dans sa longiligne silhouette la désignant comme l’interprète idéale d’une ambition dévorante, mais inconsciente. Modèle à l’éclosion diaboliquement faramineuse pour Nicolas Winding Refn (The Neon Demon en 2016), elle mue ici d’oie blanche en popstar en étant propulsée au milieu d'une scintillante foire aux vanités fluo à la demande de l'acteur Max Minghella, qui signe ici son premier long-métrage. Si sa très crédible transfiguration constitue l’un des atouts du film, celui-ci ne se repose pas sur les talents de son interprète (dans tous les sens du terme). Version acidulée de A Star is born à l’heure des télé-crochets, Teen Spirit reprend la trame de la rédemption du vieux mentor en assaisonnant le cynisme de ces shows formatés où les dés sont pipés. Rien de bien nouveau, mais l’efficacité de la mise en scène et l’intégrité du personnage de Violet purifient l’ambiance viciée de ce showbiz abrutissant. Teen Spirit De Max Ming

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Remise en selle : "Nevada"

Drame | De Laure de Clermont-Tonnerre (Fr-É-U, 1h36) avec Matthias Schoenaerts, Jason Mitchell, Bruce Dern…

Vincent Raymond | Mardi 18 juin 2019

Remise en selle :

Détenu asocial et mutique, enfermé dans sa colère et sa douleur, Roman arrive dans une prison du Nevada où sa juge le convainc de participer à un programme visant à dresser des mustangs. À leur contact, l’indomptable Roman renoue avec lui-même. Et les autres. Premier long-métrage d’une remarquable maîtrise, Nevada se révèle économe en mots, mais en dit long sur nombre de sujets connexes : d’une part la situation carcérale, l’aménagement des longues peines, le travail de réinsertion des détenus ; de l’autre la condition sociale et familiale de ceux qui ont été condamnés. Ces gens au col plus bleu que blanc payent parfois toute leur existence le prix d’une micro-seconde d’égarement — inutile d’insister sur la responsabilité du deuxième amendement garantissant le droit de porter une arme aux États-Unis, où se déroule le film. Si Nevada limite le dialogue, la réalisatrice préserve cependant de l’espace et du temps afin que les spectateurs assistent à un groupe de parole de prisonniers, durant lequel chacun explique pourquoi et depuis quand il est là. Non pour les juger

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Hallucinations Collectives : écran noir, série rose & carte blanche

Le programme | Elle claque ! Par son graphisme, sa symbolique, autant que par ce qu’elle promet de la programmation, l’affiche du festival de l’Autre cinéma est — comme toujours — une réussite. À l’image de ce que devrait être cette édition. Petit tour d’horizon du menu…

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

Hallucinations Collectives : écran noir, série rose & carte blanche

Subversive, l’image d’une Lady Liberty noire l’était certainement dans les années 1970 ; il se peut hélas qu’elle le soit redevenue aujourd’hui, alors que les suprémacistes blancs affichent de manière décomplexée leurs haines multicolores. Si l’époque voit les mentalités régresser, autant lui rafraîchir la mémoire. Avec leur rétrospective “Unexploited“, les Hallus rappellent que le cinéma a contribué à inscrire les Afro-Américains dans la société US et à leur donner une visibilité au-delà des clichés hollywoodiens, à les faire exister comme personnages et non comme “types sociaux“ ou alibis. En complément de l’iconique Sweet Sweetback’s Baadasssss Song (1971) de Melvin Van Peebles, on découvrira Ganja & Hess (1973) de William Gunn, Top of the Heap (1972) de Christopher St. John et une œuvre parfaitement méconnue de Jules Dassin, Point Noir (1968). À ce sujet, si vous êtes en quête de films inclassables ou ayant totalement disparu des radars, des écrans et des écrans-radars, la section “Cabinet de Curiosités“ saura sans nul doute étancher votre s

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Hélène Cattet & Bruno Forzani : « on fait ce qu'on aime, ça n'a pas de prix »

Hallucinations Collectives | Invités d’honneur d’un festival qui ne leur a jamais fait défaut — à raison : ils sont sans doute avec Mandico les plus fervents pratiquants d’un “autre“ cinéma — le duo Hélène Cattet & Bruno Forzani a composé une Carte Blanche à son image. Bref échange en guise de mise en bouche.

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

Hélène Cattet & Bruno Forzani : « on fait ce qu'on aime, ça n'a pas de prix »

Le fait d’œuvrer dans un collectif — à partir de deux, vous constituez déjà un collectif, non ? — exacerbe-t-il vos penchants respectifs pour les formes et formats “hallucinatoires“ ? Hélène Cattet & Bruno Forzani : D’une certaine manière, oui, car dans la dynamique d'écriture en duo, on essaie tout temps de déstabiliser l'autre et de le faire halluciner avec des séquences auxquelles il ne s'attend pas. Irréductible à un genre, votre cinéma revendique au contraire l’hybridation et le mélange, voire cette “impureté“ que Epstein attribuerait au diable. Le territoire que vous dessinez film après film appartient-il à un Enfer perdu ? À un enfer qu'on essaie de trouver, plutôt. Il n'est pas vraiment perdu car il n'existe pas, il faut à chaque fois le créer de toutes pièces. L’hermétisme/conformisme français vis-à-vis du genre ne surmarginalise-t-il pas votre travail ? Est-ce vivable d’un point de vue artistique et économique ? C'est difficilement vivable, mais on fait ce qu'on aime, donc ça n'a pas de prix, o

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Shellac est (bientôt) là

Plus Loin | Il y a presque neuf ans, les programmateurs de l'Épicerie Moderne réalisaient un vieux rêve longtemps inassouvi, celui d'accueillir en ses murs la Statue (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 5 mars 2019

Shellac est (bientôt) là

Il y a presque neuf ans, les programmateurs de l'Épicerie Moderne réalisaient un vieux rêve longtemps inassouvi, celui d'accueillir en ses murs la Statue du Commandeur du rock indépendant et même de l'indépendance tout court : le dénommé Steve Albini, genre de Saint-François d'Assise en salopette, apôtre de la frugalité faite rock, que ce soit derrière la console qui le vit produire quelques monuments du rock saignant, du Rid of Me de PJ Harvey au In Utero de Nirvana en passant par le Surfer Rosa des Pixies (ceci pour l'infime partie émergée de l'immense iceberg albinien), ou aux commandes de Shellac. Et c'est avec son groupe, non moins mythique que lui, à la production rare et erratique, mêlant noise et math rock dans une quête quasi obsessionnelle de l'épure, qu'Albini se repointe une fois encore sur la scène de Feyzin pour le plus grand bonheur de ses disciples en ascèse musicale et en attaque sonore. Apparition annoncée pour le 29 mai.

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Métal Hurlant

Sounds Like Hell | Les trois filles de Sounds Like Hell propulsent le métal sur le devant de la scène lyonnaise depuis dix ans déjà : retour sur l'histoire des promoteuses qui ont fait venir la crème du genre, de Overkill à Batushka, dans notre cité.

Sébastien Broquet | Mardi 25 septembre 2018

Métal Hurlant

Dix ans, déjà. Dix ans que les filles de Sounds Like Hell ont posé leur empreinte indélébile sur la scène metal régionale, en devenant les actrices incontournables : si la ville foisonne de concerts de black, speed ou heavy, elles n'y sont certainement pas étrangères, ayant contribué à entretenir un terreau fertile. Tout a commencé en 2008, donc, quand Klémentine Develay et Magali Besson ont lancé l'aventure, alors étudiantes. De passionnées du genre, elles en sont devenues chroniqueuses au sein de webzines. Insuffisant. L'envie d'en découdre étant plus forte, une association émerge, pour organiser les premiers concerts dédiés à la jeune scène locale qu'elles fréquentent. Le premier se déroulera au Lyon's Hall, à Vaise, salle aujourd'hui détruite restée dans les mémoires des aficionados, avant une date charnière en 2009 au CCO, leur festival H'Elles on Stage, qui les persuade de persévérer. Elle prend tellement forme, l'aventure, que des agents commencent à les remarquer et leur proposer leurs groupes en tournée. Lesquels apprécient d'être au centre du projet. Mais tout ceci se fait encore en parallèle des études ou des premiers boulots

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Les luttes et les rêves

CONNAITRE | Michelle Zancarini-Fournel participera à la table ronde "Au cœur de la révolte", le mercredi 23 mai à 19h. Elle est l’autrice de Les luttes et les rêves (éd. Zones), véritable encyclopédie chronologique des luttes populaires en France de 1685 à 2005.

Elliott Aubin | Mardi 15 mai 2018

Les luttes et les rêves

« Le récit s’attache à mettre en exergue des histoires singulières et pas seulement une histoire de groupes, de mouvements ou d’organisations. Il s’agit d’une histoire incarnée passant parfois par l’intime, une histoire sensible, attentive aux émotions, aux bruits et aux sons, aux paroles et aux cris. C’est pourquoi le texte est émaillé de nombreuses citations – témoignages, manifestes et chansons – qui sont autant de voix à entendre » explique Michelle Zancarini-Fournel. Les Luttes et les Rêves est une référence au titre choisi par Victor Hugo pour le Livre 3 des Contemplations, hommage à l’œuvre de l’auteur des Misérables. Car ce livre retrace l’histoire de ces foules anonymes, des « gens d’en bas », des classes populaires, de ces femmes et de ces hommes « sans nom », de ceux qui luttent dans l’ombre. On explore cette frise chronologique de 1000 pages depuis 1685, année de l’adoption du Code Noir et de la révocation de l’Édit de Nantes, jusqu’aux émeutes urbaines de 2005. Entre revendications, rêves, révoltes, conflits sociaux, grèves, guerres et répressions, le lecteur traverse ces év

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Révolutions intérieures aux Assises du roman

Révolte | "Au cœur de la révolte", l'une des thématiques fortes de cette édition 2018, et comme pour célébrer à distance Mai 68, les Assises Internationales du Roman ont placé deux auteurs américains, Martin Neill Null et A.G. Lombardo, dont les deux premiers romans épiques entraînent leurs personnages dans un désordre qui finit par les éclairer. Et nous avec.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mai 2018

Révolutions intérieures aux Assises du roman

« La rébellion est dans l'œil de celui qui la regarde » écrit A.G. Lombardo page 365 de son Graffiti Palace. Un aphorisme qui pourrait commenter, page 206 du Miel du Lion de Martin Neill Null, ces mots de Shelby Randolph, entrepreneur et copropriétaire de la Cheat River Paper & Pulp, une société du début du XXe siècle qui transforme les forêts de Virginie-Occidentale en pâte à papier et les ouvriers en forçats, persuadé de faire œuvre de philanthropie à travers le profit : « Quant aux syndicalistes, pour la plupart, ils se fourvoyaient tout bêtement et cédaient à la tentation typiquement humaine de la paresse. » On le sait, ce qui fait écho un jour peut résonner longtemps. Et il ne viendrait à l'idée de personne de contester le caractère actuel de deux phrases ayant la vertu d'expliquer la schizophrénie à l'œuvre dans une société française occupée à célébrer d'une main l'anniversaire du bel esprit de Mai 68 tout en balayant de l'autre la pertinence des grèves et manifestations qui pour s'ancrer dans notre quotidien de 2018 ne sont pas frappées, elles, du sceau de la nostalgie – pas plu

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L'envoûtante sélection d'Hallucinations Collectives

ECRANS | C'est sous le signe du pentacle et de la sorcellerie que l'association Zone Bis place cette année son festival Hallucinations Collectives, avec sa (...)

Pierre Deroudilhe | Mardi 27 mars 2018

L'envoûtante sélection d'Hallucinations Collectives

C'est sous le signe du pentacle et de la sorcellerie que l'association Zone Bis place cette année son festival Hallucinations Collectives, avec sa thématique Sabbat Mater. Séduisante (et dangereuse ?) sélection, pour laquelle nous invoquerons le cultissime Season of the Witch (1972) de George A. Romero. Le réalisateur disait de cet OVNI cinématographique : « c’est, de tous mes films, celui dont je voudrais faire un remake, car il reste toujours d’actualité. » Figure d’émancipation, de résistance, victime de l’opprobre des masses, la sorcière définit en creux la société qui l’a créée : un monde où règne la toute puissance du bon goût et la tyrannie du politiquement correct. Les organisateurs démentent toute tentative d’envoyer un message politique, Zone Bis précisant que leur seul militantisme est celui du cinéma audacieux : les films militent d’eux-mêmes. Durant tout le festival, les œuvres ne seront pas du genre "politiquement correct". Fidèle à son principe, l’association présente un cinéma délaissé par les circuits de distribution traditionnels. Une programmation complètement décalée, un dépaysement assuré. On r

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Chienne de guerre ! : "Le Collier rouge"

Pacifiste | de Jean Becker (Fr, 1h23) avec François Cluzet, Nicolas Duvauchelle, Sophie Verbeeck…

Vincent Raymond | Mardi 27 mars 2018

Chienne de guerre ! :

1919. L’officier Lantier doit instruire le dossier de Morlac, un héros de guerre accusé d’un mystérieux crime contre la Nation. Pendant qu’un chien aboie sans cesse hors de la caserne où le prévenu est retenu, Lantier cherche à comprendre et, pourquoi pas, à obtenir son élargissement… De Jean Becker, on espère encore la sécheresse et la sensualité d’un Été meurtrier ; hélas, depuis Les Enfants du marais, il semble préférer les crépuscules du passé ou d’un présent vitrifié. Parfois, cela donne des moments de grâce (le tendre La Tête en friche) ; parfois de fausses bonnes idées. Tel ce film-dossier montant tout une mayonnaise autour d’un acte que des yeux contemporains jugeront insignifiant de banalité. Car jamais il ne leur est permis d’épouser le regard de l’époque, ni de s’installer dans la mentalité d’alors. L’emboîtement des récits, la romance et la politique se marchent sur les pieds au point de se faire trébucher ; quant aux personnages, il n’ont pas le temps d’être incarnés dans leurs profondeurs

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Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Entretien | Hugh Jackman a posé les griffes de Logan et enfilé la tenue de Monsieur Loyal de l’inventeur du spectacle moderne, Phineas Taylor Barnum. Showtime !

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Hugh Jackman : « Il faut donner au public une raison d'aller au cinéma »

Pour quelles raisons teniez-vous à ce film et à ce que vous vouliez réussir, en tant qu’artiste et être humain ? Hugh Jackman : J’ai grandi dans l’amour des comédies musicales avec Fred Astaire et Gene Kelly — comme Chantons sous la pluie. En 2009, alors que je présentais la cérémonie des Oscars, son producteur Larry Mark m’a proposé de faire un musical. Mais à l’époque, c’était difficile de convaincre Hollywood sur un projet totalement original et neuf — l’ironie étant que La La Land était parallèlement en production, sans que nous le sachions. L’essentiel dans un musical étant le livret, c’était risqué de soumettre onze chansons originales à l’approbation du public. Lorsque Justin Paul en a écrit cinq, on a su que l’on tenait quelque chose — et le studio aussi. D’abord, le sujet “Barnum” s’adaptait parfaitement à un musical : avec ses rêves et son imagination, le personnage était plus grand que nature

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Un joyeux Barnum : "The Greatest Showman"

Musical | de Michael Gracey (E-U, 1h46) avec Hugh Jackman, Michelle Williams, Zac Efron…

Vincent Raymond | Mardi 23 janvier 2018

Un joyeux Barnum :

Des poussières de son enfance miséreuse aux paillettes de la gloire, en passant par ses échecs, la vie romancée à la façon d’une comédie musicale de l’inventeur du spectacle moderne, l’entrepreneur Phineas Taylor Barnum (1810-1891). Créée ex nihilo pour le cinéma, sans passer par la case Broadway — une exception partagée avec La La Land —, cette comédie musicale adopte les codes du grand spectacle contemporain pour en conter la genèse, avec ce qu’il y a d’extravagance, de scintillant, mais aussi de clichés et de tape-à-l’œil façon Baz Luhrmann — la mise en abyme est de ce point de vue réussie. Et quel meilleur ambassadeur pour incarner Barnum que Hugh Jackman ? Ultime représentant de ces showmen plus qu’accomplis : absolus, conservant leur crédibilité sur toutes les scènes, il fait évidemment

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Crème de Poirot à la neige : "Le Crime de l’Orient-Express"

Le Film de la Semaine | Les plus fameuses bacchantes de la littérature policière sont de retour sur Kenneth Branagh, nouvel avatar d’Hercule Poirot dans une version dynamisée du classique d’Agatha Christie. S’il n’efface pas celui de Lumet, ce "whodunit all-star game" est promesse d’une jolie série…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

Crème de Poirot à la neige :

Kenneth Branagh n’a jamais manqué de panache. Las, le Britannique a eu l’exquise malchance de partager avec ses trop illustres devanciers Welles et Olivier un goût structurant pour Shakespeare. De l’avoir défendu avec ferveur sur les planches et de s’être jeté dans plusieurs de ces adaptations ambitieuses qui, à moins d’un engouement aussi inespéré que soudain pour le théâtre élisabéthain, attisent la méfiance des studios comme du grand public. Toutefois, parce qu’il est à l’instar d’Orson et Laurence un comédien éclectique prenant du plaisir à (tout) jouer, le cinéaste n’a jamais été mis au ban du métier. Il s’est même refait du crédit auprès des financeurs en signant du blockbuster pour Paramount et Disney. Envisageait-il déjà de redonner jeunesse et visage neufs au héros iconique d’Agatha Christie ? Le revoici en position de force à sa place favorite : des deux côtés de la caméra, en route pour une potentielle franchise. Son Poirot embarque ici in extremis à bord du train de luxe pour un trajet agité : son wagon va se trouver immobilisé et il au

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Kenneth Branagh : « un metteur en scène est un détective »

Le Crime de l'Orient-Express | Kenneth Branagh était sans doute le mieux placé pour donner, des deux côtés de la caméra, une nouvelle existence cinématographique au classique d’Agatha Christie. Rencontre avec un cinéaste et comédien à l’humour et l’élégance toutes britanniques…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

Kenneth Branagh : « un metteur en scène est un détective »

Réaliser ce film, était-ce pour vous le moyen de prendre part au meurtre tout en incarnant le personnage d’Hercule Poirot ? Kenneth Branagh : C’est la première fois que j’ai l’occasion d’être à la fois réalisateur et détective, et je trouve que c’est un mélange parfait, puisque tous deux sont à la recherche de la vérité. Et lorsqu’Hercule Poirot mène son investigation pour trouver qui a commis le crime, il demande aux personnages d’être soit à l’intérieur, dehors, dans la cuisine, dans le tunnel pour les interroger — ce sont des indications de metteur en scène, c’est une mise en scène. Metteur en scène et détective sont à la recherche d’une vérité exprimée par l’acteur ou par le personnage : il s’agit toujours de débusquer la vérité et le mensonge. C’est très amusant d’être au milieu de tout cela. Le Crime de l’Orient-Express arrive après Cendrillon ou Thor. Y a-t-il chez vous une volonté de vous approprier des thèmes connus et de les rendre contemporains ? Pour moi, la modernité vient de l’intérieur. Qu’est-ce que le classicisme, si

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Ego tripes : "Mother !" de Darren Aronofsky

Thriller | Thriller fantastique aux échos polanskiens, cette réflexion sur les affres effroyables de la création est aussi une puissante création réflexive. Et le récit du voyage aux enfers promis à celles et ceux qui gravitent trop près autour d’un·e artiste. Métaphorique et hypnotique.

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Ego tripes :

Un poète en panne d’écriture vit à l’écart du monde dans la vaste demeure que sa jeune et aimante épouse achève de rafistoler. L’arrivée d’un couple d’inconnus perturbe leur intimité. Mais si la maîtresse de maison est troublée par ces sans-gênes, le poète se montre des plus exaltés… À croire qu’une internationale de cinéastes s’est donné pour mot d’interroger les tourments de l’inspiration littéraire : après Jim Jarmusch (Paterson), Pablo Larraín (Neruda), Mariano Cohn & Gastón Duprat (Citoyen d’honneur), voici que Darren Aronofsky propose sa vision du processus d’écriture. Vision divergée, puisqu’épousant les yeux de la muse plutôt que celle de l’auteur. Mais pas moins douloureuse : afin d’accomplir l’œuvre lui permettant d’être sans cesse adulé par ses lecteurs, le poète va vampiriser son entourage jusqu’aux derniers sangs, avec l’ingratitude égoïste d’un saprophyte. Gore allégorique Si dans Black Swan, l’acte créat

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Sortie de piste pour Pixar : "Cars 3" de Brian Fee

Animation | de Brian Fee (É-U, 1h49) animation avec les voix (v.f.) de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Nicolas Duvauchelle…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Sortie de piste pour Pixar :

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue sa génération aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez — une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse — en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa

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10 Hallus Cinés

ECRANS | Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa (...)

Julien Homère | Mardi 4 avril 2017

10 Hallus Cinés

Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa “Chambre des Merveilles” regorgeant de nouveautés aussi folles que drôles, tantôt connues, tantôt oubliées. Digne d’une chasse aux œufs punk, la soirée d’anniversaire régalera ses invités d’une ribambelle de court-métrages, clips et bandes-annonces inédits, en passant par la projection d’un film secret en avant-première mondiale. En plus d’accueillir Fabrice Du Welz, pont à lui seul de la Belgique aux États-Unis avec son Message from the King en avant-première, attardons-nous un instant sur deux films qui résument le sens de cette manifestation, antinomiques sur la forme mais oniriques dans le cœur : Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov et Litan de Jean-Pierre Mocky. Redécouvert dans les années 1990, le pre

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Hallucinations Collectives se dévoile

Festival | Oyez ! Oyez ! Hallucinations collectives dévoile sa 10ème programmation avec des infos juteuses… pour ne pas dire saignantes ! Sévissant du 11 au 17 avril, le festival accueillera des invités de choix et des avant-premières à la pointe de l’actualité pour le plus grand plaisir de tous les cinéphiles déviants.

Julien Homère | Vendredi 24 mars 2017

Hallucinations Collectives se dévoile

Notons la présence du phénomène Get Out de Jordan Peele, petit thriller terrifiant qui ravage le box-office US au point de rallier William Friedkin lui-même à sa cause. Le culte Fabrice Du Welz viendra présenter son polar énervé Message from the King, avec l’étoile montante Chadwick Boseman. La France aura pour représentant Xavier Gens pour la séance d’Hitcher de Robert Harmon, série B jouissive avec Rutger Hauer. Il n’y a pas qu’au rayon des exclusivités que l’association Zone Bis a marqué le coup pour cette édition anniversaire. En plus d’offrir une soirée commémorative le vendredi et une nuit Hallucinations auditives avec Joe La Noïze & Ta Gueule, le cinéma Comœdia verra s’imprimer sur ses toiles plusieurs classiques oubliés tels qu’Opéra de Dario Argento,

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"Ghost in the Shell" : critique et interview de Scarlett Johansson

ECRANS | À l’instar de ses héros humains améliorés par les machines, ce film en prises de vues réelles s’hybride avec toutes les technologies visuelles contemporaines pour revisiter le classique anime de Mamoru Oshii (1997). Une (honnête) transposition, davantage qu’une adaptation.

Vincent Raymond | Mardi 28 mars 2017

Dotée d’un corps cybernétique augmentant ses capacités humaines, le Major a été affectée à la Section 9, une unité d’élite dépendant du gouvernement. Sa prochaine mission vise à combattre un criminel capable de pirater les esprits, mais aussi de lui révéler un passé qu’on lui a dissimulé… En s’appropriant le joyau de Oshii, Rupert Sanders touche à un tabou. Ghost in the Shell constitue en effet un jalon dans l’histoire des anime : il est le premier à avoir été universellement considéré comme un film “adulte” (en tout cas moins familial ou jeune public que les Takahata et Miyazake) ainsi qu’une œuvre de science-fiction visionnaire, dans la lignée des adaptations de Philip K. Dick ou Asimov. Sa narration elliptique, intriquant anticipation et tensions géopolitiques, ajoutée à son esthétique élégante et épurée, l’ont érigé en référence d’un futur dystopique… dépassé. Bien en chair Car depuis vingt ans, EXistenZ, Matrix puis la réalité virtuelle ont rattrapé certaines des projections de l’anime. Sanders et ses scénaristes l’ont donc “déshab

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 14 février 2017

Insomniaque

17>02>17 LE SUCRE DJ HELL Le maître de la techno glamour teutonne fait son retour sur les dancefloors avec un récent track incendiaire (au niveau du bas-ventre, s'entend) baptisé I Want U : c'est érogène tendance cuir noir, un rien vicieux comme sait le faire DJ Hell depuis ses années électroclash, rappelons que son label se nomme International Deejay Gigolo... Et donc, le Munichois déboule au Sucre pour tenir compagnie au résident, son ami The Hacker. Zip. 17>02>17 TRANSBORDEUR DUB ECHO Le dub n'en finit plus de convaincre les millenials, qui se ruent à chaque édition de cette soirée qui fête là sa douzième en compagnie des maîtres du genre entre Rhône et Saône, à savoir High Tone dans son incarnation sound-sytem, Dub Invaders - ce qui devrait pour le coup pousser quelques vieux à se joindre à la folle jeunesse skankeuse. Précisons qu'au micro se relayeront l'inoxydable Sir Jean, mais aussi Shanti D et Omar Perry. Lourd.

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"First date" : quand Barack rencontre Michelle

ECRANS | de Richard Tanne (E-U, 1h21), avec Parker Sawyers, Tika Sumpter, Jerod Haynes…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Ah, la délicate pudibonderie du titre français — et cependant en anglais — "Premier rendez-vous" ! Une formule sibylline que les initiés décrypteront par : "Comment Barack a pécho Michelle…" Car Hollywood ne pouvait rester bien longtemps insensible aux charmes du couple présidentiel le plus décontracté et le plus glamour depuis les Kennedy ; il se devait de les biopiquiser, histoire de dorer davantage leur légende — au moins, Richard Tanne a-t-il eu la décence d’attendre que le président parvienne au terme de son second mandat, pour éviter tout enjeu politique. L’on suit ici cette fameuse journée de 1989 où Barack, alors stagiaire de Michelle dans un cabinet d’avocats, parvient à convaincre la belle rétive à coup d’argumentations éblouissantes, d’éclatants sourires, de rentre-dedans et d’une visite dans le quartier où il a brillamment servi comme bénévole. Lui, un peu (de) gauche mais décidé, qui fume pour évacuer son stress ; elle, plus fragile qu’elle veut bien l’admettre, se pomponnant dans sa salle de bains avant le rendez-vous… En somme, une mignonne hagiogr

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Le concert de William Sheller annulé

Nuits de Fourvière | Le concert de William Sheller, prévu ce mardi 12 juillet dans le cadre des Nuits de Fourvière, est annulé : le chanteur étant toujours souffrant n'est pas en (...)

Sébastien Broquet | Lundi 11 juillet 2016

Le concert de William Sheller annulé

Le concert de William Sheller, prévu ce mardi 12 juillet dans le cadre des Nuits de Fourvière, est annulé : le chanteur étant toujours souffrant n'est pas en mesure d'assurer sa prestation. Il ne défendra donc pas à Lyon son dernier album Stylus, paru fin 2015, mais espère pouvoir reprendre la scène en septembre prochain. Les spectateurs munis d’un billet peuvent demander le remboursement à partir du vendredi 15 juillet et avant le jeudi 15 septembre 2016 sur le lieu d’achat du billet.

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Green Room : no future

ECRANS | Un groupe punk à la dérive vérifie à ses dépens la réalité du slogan No Future en se produisant devant un public de fachos. S’ensuit un huis clos surprenant, avec larsen et acouphènes modulés par Jeremy Saulnier. Prix du Petit Bulletin lors du dernier festival Hallucinations Collectives.

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Green Room : no future

On le sait depuis Psychose d’Hitchcock : les films qui bifurquent sans crier gare dans l’hémoglobine méritent toujours qu’on consente un détour en leur direction. Faisant mine de nous emmener dans des contrées connues, ils se plaisent à nous projeter au milieu d’un ailleurs terrifiant confinant parfois au nulle part — cette terra incognita cinématographique qui se réduit comme une peau de chagrin. Green Room appartient à cette race bénie d’œuvres maléfiques se payant même le luxe de changer plusieurs fois de directions. Conservant le spectateur pantelant, dans un état d’incertitude en accord avec l’intranquillité seyant à des personnages de survival. Et ourlant ses massacres de ponts rock (ou plutôt punk) du plus bel effet. Haches tendres et battes de bois Partant d’un chaos dérisoire, de la situation minable d’un groupe tirant le diable par la queue, Green Room semble brandir l’étendard d’une comédie ingénue, laissant entrevoir de fines plaisanteries sur les musiciens à cheveux gras, leur combi pourri ou les parquets en bois norvégien. On s’attend à une succession de mésaventures anecdotiques — tendanc

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High-Rise

ECRANS | L’architecture du chaos selon Ballard, avec Ben Wheatley en maître d’ouvrage servi par la charpente de Tom Hiddleston… Bâti sur de telles fondations, High-Rise ne pouvait être qu’un chantier prodigieux, petits vices de forme inclus.

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

High-Rise

En septembre dernier, le ministère de la Défense français emménageait dans ses nouveaux quartiers, à la froideur grise et géométrique, sur le site Balard. Au même moment était projeté à Toronto la première du film High-Rise, adaptation d’un roman publié en 1975 par J.G. Ballard, décrivant l’inéluctable échec d’un projet urbanistique. Lier ces événements synchrones autrement que par leur vague homophonie semble insensé. Cependant, tous deux nous ramènent à cette éternelle obsession humaine pour l’édification ; ce tabou sans cesse transgressé depuis Babel par des créatures se rêvant créateurs, et fabriquant des citadelles… Mais laissons pour l’heure l’Hexagone-Balard : le film métaphorique de Wheatley a plus à dire que la grande muette — sur notre société d’hier, mais aussi sur la manière dont elle a accouché d’aujourd’hui. La cité rageuse Trouble mixte entre culte nostalgique pour un passé idéalisé et franche défiance vis-à-vis d’un futur instable, High-Rise revendique sans le dater précisément son ancrage dans les seventies. Jamais trop excentriques, décors et costumes portent la marque de ce temps révolu, instaurant cette distan

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Hallucinations collectives fait du 9 (même avec du vieux)

ECRANS | Pâques vous casse les œufs ? Optez pour une alternative certes moins cacaotée, mais enrichie en sensations filmiques : Hallucinations collectives, un (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 mars 2016

Hallucinations collectives fait du 9 (même avec du vieux)

Pâques vous casse les œufs ? Optez pour une alternative certes moins cacaotée, mais enrichie en sensations filmiques : Hallucinations collectives, un festival amoureusement moulé à la louche par les comparses de ZoneBis. Creuset des sous-genres d’hier et des formats divergents d’aujourd’hui, ce rendez-vous désormais incontournable est le seul endroit où peuvent se côtoyer sans hypocrisie du trash, de l’avant-garde, du porno, de la poésie — en gros, cette liberté imprimée sur pellicule ou DCP défrisant tant les congestionnés du slip ces derniers temps, qu’ils se précipitent à la barre pour tenter de lui attirer des verges. L’apoplexie les guette cette année avec un zoom consacré à l’ultra prolifique Jesús “Jess” Franco (trois films dont Crimes dans l’extase et Les Inassouvies), une carte blanche à Lucille Hadzihalilovic (plus la projection de son Innocence de 2004), de grandes reprises : l’angoissant Phase IV du génial Saul Bass, histoire de méditer sur la fragilité humaine face aux insectes ; Créatures célestes, pour se rappeler que Peter Ja

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Le Combat ordinaire

ECRANS | De Laurent Tuel (Fr, 1h40) avec Nicolas Duvauchelle, Maud Wyler…

Christophe Chabert | Samedi 18 juillet 2015

Le Combat ordinaire

Extraire la bande dessinée de sa gangue d’imaginaire pour la ramener sur le territoire de la chronique réaliste : c’est dans le fond le principe de ce qu’on appelle le "roman graphique". Manu Larcenet avec Le Combat ordinaire, récit des conflits qui émaillent la vie d’un trentenaire sujet aux crises d’angoisse et à la disparition annoncée de son père, en a livré un exemple convaincant. Le problème, c’est que cette matière-là, originale dans le cadre de la BD, est totalement éculée en ce qui concerne le cinéma (français), et cette adaptation signée Laurent Tuel en fait la cruelle démonstration. Car rien de plus attendu que ces scènes de la vie quotidienne faites d’atermoiements — dois-je m’installer avec ma copine ? Avoir un enfant ? Renoncer à ma vie parisienne pour me ressourcer à la campagne ? — et de plaisirs minuscules, d’angoisses et de regrets… Surtout quand Tuel les filme avec une caméra à l’épaule lourde et envahissante — aucune grâce dans les déplacements et tremblements du caméraman — et qu’il confie à Nicolas Duvauchelle, dont le jeu inarticulé et l’inexpressivité deviennent franchement pénibles, le soin de les incarner. Face à lui, Maud Wyler n’a a

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Hallucinations Collectives : une compet' hallucinante

ECRANS | Cette année, Hallucinations Collectives a fait une récolte proprement mirifique en ce qui concerne les inédits et avant-premières soumis à appréciation du jury, (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Hallucinations Collectives : une compet' hallucinante

Cette année, Hallucinations Collectives a fait une récolte proprement mirifique en ce qui concerne les inédits et avant-premières soumis à appréciation du jury, du public et, pour la première année, du Petit Bulletin, puisque notre fine équipe remettra un prix lors de la cérémonie de clôture. On notera tout d’abord le retour de Peter Strickland, qui avait remporté le Grand Prix en 2013 avec Berberian Sound Studio, pour The Duke of Burgundy, exploration hallucinée d’une relation lesbienne et sado-maso. Le film est produit par Ben Wheatley, titulaire du Grand Prix du festival en 2012 pour son magnifique Kill List. Le génial Alex De La Iglesia avait pour sa part été lauréat de la distinction avec son chef-d’œuvre, Balada Triste, en 2011

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Christophe Gans invité d'Hallucinations collectives

ECRANS | Il faut l’avouer, Christophe Gans a longtemps été un de nos héros. De ceux qui nous ont fait découvrir des cinéastes majeurs comme Carpenter, Friedkin, Tsui (...)

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Christophe Gans invité d'Hallucinations collectives

Il faut l’avouer, Christophe Gans a longtemps été un de nos héros. De ceux qui nous ont fait découvrir des cinéastes majeurs comme Carpenter, Friedkin, Tsui Hark et qui nous ont donné envie d’écrire sur le cinéma. Et une fois cet ancien journaliste de Starfix passé derrière la caméra, il nous a fait croire que le cinéma de genre s’était trouvé en France un styliste majeur. Aussi, lorsque nous sommes sortis dépités de La Belle et la Bête, le sentiment était celui d’avoir tué le père, avec ce que cela implique de mélancolie et de culpabilité. Heureusement, grâce à Hallucinations Collectives, tout est pardonné : en l’invitant à choisir trois films pour une carte blanche résolument surprenante, le festival prouve que Gans est resté un cinéphile pointu prêt à se faire le défenseur de toutes les formes d’innovations en matière de mise en scène — on n’a pas oublié par exemple ses visionnaires analyses à la sortie d’Avatar. I

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Hallucinations collectives : la politique des horreurs

ECRANS | Le festival Hallucinations collectives s’impose désormais comme un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles lyonnais. Cette année, entre une compétition de films inclassables, des raretés empruntées à l’histoire bis du cinéma et l’invitation lancée à ce grand cinéphage de Christophe Gans, le festival poursuit son exploration d’une autre politique des auteurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 31 mars 2015

Hallucinations collectives : la politique des horreurs

L’important dans l’expression «politique des auteurs», disait avec un peu de retard et d’opportunisme François Truffaut, ce n’est pas le mot «auteurs» mais bien le mot «politique». Pourquoi citer l’institution truffaldienne en ouverture d’un papier sur ce festival tout sauf institutionnel qu’est Hallucinations Collectives ? Peut-être parce que ses organisateurs ont, mieux que personne, pris la précision du réalisateur du Dernier métro au pied de la lettre. Qu’on regarde, même d’un œil distrait, leur — fabuleuse, tant il n’y a strictement rien à jeter dedans — programmation de 2015, et cela sautera aux yeux : on y croise certes des grands noms acclamés bien au-delà des amateurs de cinéma de genre ou de films bis : Dario Argento, David Cronenberg, Mario Bava, Lucio Fulci et même Ridley Scott… Mais ils voisinent avec d’autres cinéastes souvent regardés comme mineurs, à tort ou à raison (Ruggero Deodato, Larry Cohen, Shinya Tsukamoto) sans parler de quelques parfaits inconnus (Wakefield Poole, Paul Donovan ou Piero Schivazappa) et des cinéastes débutants qui forment le bataillon d’une très alléchante compétition. Cette mosaïque

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Berlinale 2015, jour 6. Le cinéma au futur antérieur.

ECRANS | « Under electric clouds » d’Alexei Guerman Jr. « Every thing will be fine » de Wim Wenders. « Selma » d’Ava Du Vernay. « Body » de Malgorzata Szumowska. « Angelica » de Mitchell Lichtenchtein.

Christophe Chabert | Mercredi 11 février 2015

Berlinale 2015, jour 6. Le cinéma au futur antérieur.

Après une semaine de Berlinale et 25 films, on commence un peu à fatiguer. D’autant plus que les films ne font pas trop de cadeaux. À commencer par Under electric clouds d’Alexei Guerman Jr, présenté en compétition, épreuve assez rude à 9 heures du matin, sachant qu’en plus la durée annoncée (2h10) était largement sous-estimée d’une bonne dizaine de minutes supplémentaires. Là n’est pas forcément la question car eût-il été plus court ou encore plus long, le film n’en aurait pas été plus facile à avaler, tellement il nécessite qu’on s’accroche en permanence à ce qui se passe à l’écran pour espérer — mais ce n’est pas une certitude — parvenir à en percer le sens. Présenté comme une fable se déroulant en 2017 — date symbolique du centenaire de la révolution soviétique — où une poignée de personnages se croisent autour d’une tour dont la construction a été arrêtée et dont l’architecte se serait suicidé de désespoir, Under electric clouds décline ensuite en chapitres les vies de ces hommes et de ces femmes qui, d’une manière ou d’une autre, sont liés à l’édifice. Le prologue pose en voix-off ce principe narratif et explique la situation ; on

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It follows

ECRANS | De David Robert Mitchell (ÉU, 1h40) avec Maika Monroe, Keir Gilchrist…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

It follows

Comment renouveler le genre éculé du slasher horrifique ? David Robert Mitchell, réalisateur du remarqué — même si inédit en salles — The Myth of the American Sleepover, a trouvé une réponse plutôt ingénieuse, et il est bien dommage qu’It Follows ne soit pas à la hauteur de son surprenant pitch de départ : Jay, adolescente bien comme il faut, vit une expérience sexuelle avec un beau garçon ténébreux. Rien de bien grave, mais peu de temps après, elle est persuadée qu’une présence menaçante la poursuit. Y a-t-il un lien entre les deux événements ? Vendons la mèche : oui, et Mitchell invente ainsi la MST boogeyman, idée plutôt gonzo mais que le film — c’est tout à son honneur — prend très au sérieux à l’écran. Pour preuve de sa bonne foi, il ne cesse de se référer au Carpenter glorieux d’Halloween et de Fog, jusqu’à sa bande-son électro v

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Maintenant ou jamais

ECRANS | De Serge Frydman (Fr, 1h35) avec Leïla Bekhti, Nicolas Duvauchelle, Arthur Dupont…

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Maintenant ou jamais

Charles et Juliette rêvent de s’installer avec leurs enfants dans une maison à la campagne, loin des appartements parisiens étriqués. Alors que le chantier démarre, Charles est licencié par la banque qui l’employait ; et, un soir, Juliette se fait voler son sac par un inconnu. Plutôt que de le dénoncer à la police, elle finit par proposer à ce petit voleur sans envergure un deal : organiser le braquage de la banque sus-citée. Maintenant ou jamais commence donc comme Une vie meilleure (déjà avec Leïla Bekhti) et se poursuit à la façon de Sur mes lèvres, avec une femme qui révèle une nature héroïque au contact du crime. L’addition mécanique de deux bons films n’accouche pas forcément d’une merveille, et Serge Frydman a bien du mal à camoufler les invraisemblances de son scénario. Le coup de force initial — le basculement de Juliette et son plan parfaitement orchestré qui surgit tel le lapin du chapeau —pèse lourd sur les péripéties à venir — dont une obscure visite à des malfrats belges trafiquants sur les champs de course ; quant aux at

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The Raid 2

ECRANS | En suivant une logique inflationniste — plus long, plus violent, plus grand — cette suite à la très bonne série B de Gareth Evans — de retour aux manettes — invente une sorte de pornographie de l’action où le scénario n’est qu’une sauce froide et convenue entre deux scènes ultra-spectaculaires. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 25 juillet 2014

The Raid 2

Sorti de nulle part — tourné en Malaisie par un réalisateur gallois — The Raid avait redonné ses lettres de noblesse à un cinéma d’action flirtant avec l’exploitation pure et dure en repartant des fondamentaux du genre : un lieu unique, un scénario simplissime, des combats extrêmement violents et parfaitement chorégraphiés où les coups faisaient mal et où le principe était à la fois celui d’une progression — d’étages en étages, de méchants en méchants jusqu’au boss — et d’une variété des armes employées — pieds et poings, armes blanches, armes à feu. Pour cette suite, Gareth Evans retrouve son héros Rama, qui doit cette fois infiltrer un gang de mafieux avant de le démanteler. Étendu cette fois à l’échelle d’une ville entière — Jakarta — The Raid 2 tente de passer le premier volet au carré, en multipliant les personnages, les lieux et en étirant au maximum les scènes de baston et de fusillades. On ne discutera pas la virtuosité de la mise en scène : la caméra d’Evans dessine d’hallucinantes arabesques que l’on ne trouve guère que chez Gaspar Noé aujourd’hui, pri

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Othello / Welles : l’amour à Maure

ECRANS | Par trois fois, Orson Welles s’est attaqué à l’œuvre shakespearienne : une adaptation rugueuse de Macbeth tournée dans des terrains vagues écossais et (...)

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

Othello / Welles : l’amour à Maure

Par trois fois, Orson Welles s’est attaqué à l’œuvre shakespearienne : une adaptation rugueuse de Macbeth tournée dans des terrains vagues écossais et handicapée par la maigreur de sa production ; un étonnant mashup permettant de faire émerger la figure secondaire de Falstaff en la ramenant au premier plan — Falstaff, donc, d’un souffle et d’une folie visuelle assez grandioses ; au milieu, cet Othello — cette semaine au Comœdia — couronné en 1952 d’une Palme d’or cannoise qui se tient justement en équilibre entre l’ascétique Macbeth et le baroque Falstaff. Welles s’y donne le rôle du Maure de Venise, et il y est littéralement monstrueux — ce qui fait oublier instantanément qu’il a dû en passer par le cirage et les bigoudis pour foncer son teint et crêper ses cheveux. Compressant le récit de Shakespeare en le recentrant sur le triangle fait d’amour, de vengeance, de manipulations et de jalousie entre Othello, le traître Iago et la trop belle Desdémone, Welles arrive à conserver l’ampleur shakespearienne sans sombrer dans la théâtralité. Cela se fait grâce à un travail aussi rigoureux que somptueux sur les décors — qui

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Loué soit Laugier

ECRANS | Après Nicolas Boukhrief l’an dernier, c’est le cinéaste Pascal Laugier qui a droit à une carte blanche durant Hallucinations collectives. L’homme qui avait (...)

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2014

Loué soit Laugier

Après Nicolas Boukhrief l’an dernier, c’est le cinéaste Pascal Laugier qui a droit à une carte blanche durant Hallucinations collectives. L’homme qui avait durablement éprouvé les spectateurs avec son tétanisant Martyrs — pour lequel il avait dû subir les foudres d’une censure française qui cache de moins en moins son nom — est un cinéphile passionnant ; chacune de ses interviews le prouve et le texte qu’il a fourni pour le catalogue du festival en est un exemple définitif. Il s’y hasarde à quelques programmations virtuelles — dont une, surprenante, où il confesse son amour pour Ma nuit chez Maud, La Gueule ouverte et Sans toit ni loi

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Vengeance !

ECRANS | En filigrane d’une septième édition riche en invités, films rares et avant-premières célébrant le cinéma différent et dérangeant, le festival Hallucinations collectives fait une place aux vengeurs de tout poil et de tous calibres, défendant des causes diverses, réjouissantes ou… indéfendables ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 avril 2014

Vengeance !

Vous rentrez chez vous crevé par une longue journée de boulot mal payée, prêt à retrouver femme et enfants ; pas de bol, vous avez le malheur d’habiter dans un quartier pourri et une bande de délinquants pas forcément juvéniles et pas forcément colorés ont eu la mauvaise idée de violer et massacrer toute votre famille. Votre sang ne fait qu’un tour et vous voilà devenu aussi, sinon plus, sauvage que vos agresseurs, armé jusqu’aux dents, décidé à faire payer le prix fort à ces saligauds. Bref, vous voici transformé en vengeur urbain, sautant à pieds joints par-dessus les lois et prônant une justice expéditive bien plus efficace que la justice officielle, évidemment corrompue. Ce scénario, quasi-immuable, a fait la fortune d’un sous-genre du cinéma policier baptisé selon la terminologie consacrée par les cinéphages — frange mordante et mal lunée de la cinéphilie — vigilante movie. Charles Bronson en Justicier dans la ville est l’emblème de ce "mouvement" qui relève de l’exploitation pure et dure et dont les valeurs penchent très très à droite. Le progressisme n’est pas de mise dans le vigilante movie, mais les cinéastes les plus malins ont su détourner ce

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Salaud, on t’aime

ECRANS | De Claude Lelouch (Fr, 2h04) avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Sandrine Bonnaire…

Christophe Chabert | Mardi 1 avril 2014

Salaud, on t’aime

En hommage à son ami Georges Moustaki — «qui vient de nous quitter», est-il dit deux fois dans le dialogue au cas où on ne serait pas au courant — Claude Lelouch fait entendre sur la bande-son de Salaud, on t’aime Les Eaux de mars. Jolie chanson qui dit le bonheur du temps qui s’écoule, de la nature et des plaisirs fugaces. Soit tout ce que le film n’est pas, torture ultime où en lieu et place de cascade, on a surtout droit à un grand robinet d’eau froide déversant les pires clichés lelouchiens sur la vie, les hommes, les femmes, l’amitié, le tout en version "vacances à la montagne". La vraie star du film, ce n’est pas Johnny, marmoréen au possible, mais un aigle que Lelouch filme sous toutes les coutures. Se serait-il découvert un caractère malickien sur le tard ? Pas du tout ! Cette fixette sur l’animal est une des nombreuses stratégies pour remplir cette interminable histoire de retrouvailles entre un mauvais père et ses quatre filles — qu’il a appelées Printemps, Été, Automne, Hiver ; Claude, arrête la drogue ! Son meilleur ami et médecin — Eddy Mitchell, tout content de faire du playback sur la scène chantée de Rio Bravo, et c’est

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Malavita

ECRANS | Pur fantasme d’un Luc Besson emballant à la va-vite des concepts de plus en plus boiteux, "Malavita" tente de greffer en Normandie la mythologie du film de mafia new-yorkais. Écrit n’importe comment, sans angle ni point de vue, cette comédie pas drôle sent le naufrage. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 26 octobre 2013

Malavita

Un film d’animation pour enfants, une bio d’Aung San Suu Kyi, une comédie de mafia avec De Niro… La filmographie de Luc Besson prend des allures d’inventaire à la Prévert, alignant les versions premium des produits cheaps livrés par EuropaCorp, dont il assure lui-même la réalisation en y apposant un savoir-faire de moins en moins flagrant. Malavita, adapté d’un roman de Tonino Benacquista, portait pourtant en lui une belle promesse : celle de faire se rencontrer la mythologie phare du cinéma américain, celle des films de mafieux new-yorkais façon Scorsese, et la réalité de la France d’aujourd’hui. On y voit ainsi une famille de repentis s’installer dans un bled paumé en Normandie et tenter d’y faire profil bas, même si le naturel revient toujours au galop. De tout cela, il ne sort qu’une médiocre comédie policière, nonchalante dans ses enjeux, incroyablement mal écrite, et où seuls les deux acteurs principaux (De Niro et Pfeiffer) réussissent à tirer leur épingle du jeu en ne cherchant ni à être des parodies de leurs personnages mythiques, ni des pantins au service d’un film opportuniste. Dégénéré Car Besson ne tire absolument rien de son argum

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Pour une femme

ECRANS | De Diane Kurys (Fr, 1h50) avec Benoît Magimel, Mélanie Thierry, Nicolas Duvauchelle…

Christophe Chabert | Mardi 25 juin 2013

Pour une femme

Ouvertement — et lourdement — autobiographique, Pour une femme est pour Diane Kurys l’occasion de creuser un peu plus ses racines familiales, déjà abordées dans Coup de foudre et Diabolo Menthe — ses deux premiers et meilleurs films. Force est de constater qu’entre-temps — trente ans — son cinéma s’est englué dans un académisme télévisuel à base de reconstitution proprette et partant jamais crédible, de dialogues sur-écrits placés tels quels dans la bouche des acteurs, et de clichés à l’eau de rose ou plutôt au parfum éventé qui donne son titre au film. L’ennui gagne très vite face à ce ménage à trois sur fond de communisme après-guerre, d’envoyés de Moscou chargés de traquer et liquider les dignitaires nazis préparant leur exil, et de réussite sociale dans le prêt-à-porter. Les allers-retours entre le présent, où une Sylvie Testud tapote le scénario dans des chambres d’hôtel lyonnaises sur son Mac antique et rend visite à un Magimel outrageusement grimé, et le passé, mélodrame sans fougue et sans chair où deux frères convoitent la même femme, participent de la paresse dramaturgique ambi

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Voyages au bout de l'enfer

ECRANS | En offrant sa carte blanche à Nicolas Boukhrief, Hallucinations Collectives renoue avec ses origines cinéphiles pour trois films sans concessions, dont le démentiel "Convoi de la peur" de William Friedkin. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Voyages au bout de l'enfer

Figure de la génération Starfix, Nicolas Boukhrief a été biberonné comme ses frères à un cinéma bis et surtout radical. En lui donnant les mains libres pour une brève mais intense programmation, Hallucinations Collectives a trouvé là l'occasion de montrer deux films monstrueux dans tous les sens du terme. Deux car on glissera volontiers sur Le Dernier monde cannibale, version soft et à peine moins crapoteuse de Cannibal holocaust du même Ruggero Deodato. Si le film représente un bon exemple de cinéma nihiliste et provocateur, pile dans ces 70's désabusées où l'homme cherche au-delà de son hyper civilisation industrielle l'excitation porno de la sauvagerie pure, il demeure trop putassier pour être honnête. Il n'est surtout pas aussi fort que Possession d'Andrzej Zulawski, second titre choisi par Boukhrief. Mythique, longtemps interdit, ce film choc transforme l'hystérie chère au cinéaste polonais en un chantier baroque et névrosé hallucinant. Entremêlant le récit d'un couple en crise à une vision absolutiste de l'aliénation communiste et son c

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Made in Asia

ECRANS | Si l'âge d'or de la pépite venue d'Asie est depuis longtemps révolu, cette nouvelle édition d'Hallucinations Collectives offre malgré tout quelques titres à ne (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Made in Asia

Si l'âge d'or de la pépite venue d'Asie est depuis longtemps révolu, cette nouvelle édition d'Hallucinations Collectives offre malgré tout quelques titres à ne pas rater. Puisqu'on ne l'a pas vu, on ne dira rien de The Land of Hope, nouveau Sono Sion, auteur japonais à l'origine des iconoclastes Love Exposure ou Suicide Club. Présenté en avant-première, le film s'installe dans l'après Fukushima et promet un drame écolo-social sur fond de décors ravagés par le tsunami. Immanquable, Dragon Gate permettra lui de prendre des nouvelles de Tsui Hark, récemment revenu en forme avec Detective Dee après un gros passage à vide. Montré pour la première et dernière fois en France dans sa version 3D (il sortira ici en vidéo), le film pousse les expérimentations visuelles du hongkongais vers des cimes inédites. Celui qui autrefois renversait la géométrie euclidienne du plan et du montage s'attaque désormais au relief. Le résultat intrigue à défaut de révolutionner la technique, sans gâcher un pur film de sabre dans une tradition que l'auteur connait bien.

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Les cris et l’écran

ECRANS | Pour sa sixième édition, le festival Hallucinations collectives propose, en dehors de sa compétition, un revival de ce qui fut un temps une bible cinéphilique, feu le magazine "Starfix". De la carte blanche à Nicolas Boukhrief à la redécouverte du cinéaste Michele Soavi et de films cultes des années 80, une semaine de cinéma authentiquement hallucinant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 21 mars 2013

Les cris et l’écran

Il n’était pas simple d’être cinéphile dans les années 80. La VHS était en VF, et les films en salles proposaient une maigre alternative entre l’explosion du high-concept movie et un cinéma d’auteur fatigué. Même les revues de cinéma se cherchaient un nouveau souffle, entre la constance pépère de Positif, les couvertures racoleuses de Première et des Cahiers du Cinéma convalescent de leur période Mao. Au milieu de tout cela, il fallait une contre-culture et un organe qui la synthétisait : ce fut Starfix, monté par une bande de passionnés parmi lesquels Christophe Gans, Christophe Lemaire, Nicolas Boukhrief, François Cognard et Doug Headline — le fils de Jean-Patrick Manchette. Des gens nourris au cinéma de genre des années 60 et 70, aux comics et à la rock culture, qui avaient l’ambition de faire bouger des lignes figées, d’abord dans la critique puis, la revue mise en berne, dans le cinéma lui-même. L’extrême et les extrêmes Pour sa sixième édition (et sa troisième sous ce nom), Hallucinations

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Le Monde fantastique d’Oz

ECRANS | La rencontre entre Disney et Sam Raimi autour d’une ingénieuse genèse au "Magicien d’Oz" débouche sur un film schizo, où la déclaration d’amour au cinéma du metteur en scène doit cohabiter avec un discours de croisade post-"Narnia". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 5 mars 2013

Le Monde fantastique d’Oz

En écrivant la semaine dernière que Spring Breakers était une variation autour du Magicien d’Oz où James Franco serait une version gangsta dudit magicien, on ne savait pas encore que celui-ci l’incarnait pour de bon dans cette version signée Sam Raimi. Il faut dire que le titre français est trompeur : il laisse entendre que l’on est face à un remake du classique de Victor Fleming, alors qu’il en écrit en fait la genèse. Il s’agit donc de raconter comment un prestidigitateur minable et très porté sur la gente féminine, qui se rêve en Thomas Edison mais se contente de tours à deux sous dans une roulotte du Kansas, va passer de l’autre côté de l’arc-en-ciel et découvrir le monde d’Oz, ses vilaines sorcières et son chemin de briques jaunes. Sam Raimi rend avant tout un hommage esthétique à l’original : il débute par trente minutes en noir et blanc, son mono et format carré, avant de laisser exploser couleurs, effets sonores et 3D débridée par la suite.

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Week-end royal

ECRANS | De Roger Michell (Ang, 1h35) avec Bill Murray, Laura Linney…

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Week-end royal

La grande histoire par son versant anecdotique : Week-end royal, après Le Discours d’un Roi — avec lequel il partage un personnage, celui de George VI — témoigne de ce nouvel académisme qui consiste à raconter les événements par le plus petit bout de la lorgnette possible. Ici, c’est une des maîtresses de Franklin D. Roosevelt qui retrace les dernières années du Président (un Bill Murray perdu au milieu du décor), et notamment un fameux week-end avec le nouveau roi d’Angleterre et son épouse. Un bel exemple de ce culte du détail : le climax du film consiste à savoir si oui ou non le roi croquera dans un hot dog. De cela dépend l’avancée des relations américano-britanniques dans la guerre contre Hitler. Michell aimerait ainsi montrer la politique comme un vaudeville ou un mélodrame, mais son dispositif (voix-off et reconstitution méticuleuse) pèse trop lourd pour aboutir à une telle légèreté. L’élégance même du film est contre-productive tant la mise en scène participe de l’ennui poli mais ferme qui saisit le spectateur. Christophe

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L'appel du pied

MUSIQUES | JB Wizz par-ci, JB Wizz par-là : quand un média se met en tête de tirer le portrait d'un contre-exemple du lent déclin qualitatif et structurel de l'industrie (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 24 janvier 2013

L'appel du pied

JB Wizz par-ci, JB Wizz par-là : quand un média se met en tête de tirer le portrait d'un contre-exemple du lent déclin qualitatif et structurel de l'industrie musicale, il n'y en a que pour le boss du label Born Bad. Tant mieux pour lui, d'autant qu'il est indéniablement l'un des rares activistes du secteur à avoir non seulement du flair et de la passion, mais aussi un discours plus élaboré que la rhétorique de punk à chien dans laquelle se complait nombre de ses confrères. Reste qu'il n'est pas le seul à perpétuer à la force de ses bras tatoués une certaine idée du rock'n'roll (insoumission, débrouille et compagnie). C'est également, par exemple, le cas du dénommé Mr Cu!, fondateur de Kicking Records, label plus qu'indé qui depuis maintenant six ans fait frétiller les pavillons des amateurs de musiques à guitares franches du collier, aussi bien sur disque que par le biais d'un festival maison, le Kicking Fest. La prochaine édition de celui-ci, originellement programmée en septembre, se tiendra finalement samedi 2 février au Clacson. À l'affiche : le heavy rock horrifique et burné des Hellbats et les Girondins de Sleeppers, dont la noise n'a pas grand chose à envier en

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Mariage à Mendoza

ECRANS | De Édouard Deluc (France, 1h31) avec Nicolas Duvauchelle, Philippe Rebbot, Paloma Contreras...

Jerôme Dittmar | Vendredi 18 janvier 2013

Mariage à Mendoza

D'abord il y a eu Kerouac, la route, l'Amérique, une renaissance, l'idée que le monde continuait ; puis il y a eu Nouvelles frontières, le tourisme de masse, l'ère d'un exotisme de contrôleur fiscal réduisant le réel à des images à vérifier. Au milieu est né le road movie, qui finira malgré lui par bercer des générations à coup de posters cheap vantant on ne sait quoi d'un ailleurs idéalisé où Lévi-Strauss côtoierait Nicolas Hulot. C'est un peu ça, Mariage à Mendoza, un road movie français en Argentine, qui dégurgite tellement son petit cahier des charges du genre appauvri qu'il fait de la peine. Tout est gentil dans cette histoire sentimentale entre frangins, la vie et ses difficultés, l'amour et ses désillusions, le voyage et ses rencontres. Même les moments durs sont gommés par une intrigue sous anxiolytiques oubliant qu'elle suit un circuit balisé de tour-opérateur existentiel. Heureusement, comme chez Kerouac, il y a une fille pour divertir et remplir la carte postale. Jérôme Dittmar

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