Les soirées du 14 au 27 octobre

MUSIQUES | 5 RDV nocturnes à ne pas manquer cette quinzaine : Shxcxchcxsh et Kankding Ray au Transbordeur, Francis Inferno Orchestra au Terminal, Perc au DV1, Agoria et Maceo Plex au Transbordeur, Four Tet, Daphni et Floating Points au Sucre.

Benjamin Mialot | Mardi 13 octobre 2015

16.10 Encore

Six mois ont beau s'être écoulés depuis son dernier passage (en mars, déjà au Transbordeur et déjà sous bannière Encore), on ne sait toujours pas prononcer le nom du duo suédois Shxcxchcxsh – "sèche-cheveux", nous propose notre correcteur orthographique. On reste en revanche intimement persuadé que la techno qu'il produit, aqueuse et inquiétante, est l'une des plus singulières du moment – et son live d'autant plus immanquable qu'il sera précédé du sensationnel Ritual de Flore et d'un concert de l'architecte post-indus Kankding Ray, principale attraction du dernier Mirage Festival.


Wow ! Four tet + Floating points + Daphni


Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


We are reality x Agoria invite Maceo Plex


Le Sucre 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Fancis Inferno orchestra + Miimo + La Biche

Terminal 3 rue Terme Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Peggy Gou de retour à Nuits sonores

Nuits sonores 2019 | Nuits sonores continue d'égrener les noms de sa prochaine édition par épisodes : voici ceux des quatre curateurs des Days.

Sébastien Broquet | Mercredi 14 novembre 2018

Peggy Gou de retour à Nuits sonores

Elle avait enflammé le dancefloor en final de la dernière édition : la Sud-Coréenne Peggy Gou va avoir l'occasion de remettre le couvert, et en grand, avec le public lyonnais puisque Nuits sonores a décidé de lui confier la curation d'un Days, le jeudi 30 mai. L'occasion de savourer un nouveau set de house survitaminée de son cru, mais donc également de découvrir l'ensemble de son univers artistique à travers ses choix pour construire un line-up qui sera dévoilé ultérieurement, en février prochain. Vu la pertinence de ses productions, sur des labels emblématiques comme Ninjatune, Rekids ou Phonica White, on peut a priori lui faire confiance pour que ce jeudi soit d'anthologie, confirmant une tendance entrevue l'année dernière : les Days sont devenus le point d'ancrage essentiel au festival lyonnais. En parlant de Ninjatune, la veille, il faudra surveiller son camarade d'écurie puisque le curateur du mercredi 29 mai s

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Pascal Parisot : chat alors !

Concert | Espiègle showman pour grandes et petites personnes indifféremment, Pascal Parisot revient avec un spectacle pour enfants sur un super-héros félin qui sauve le monde à travers un ver de terre goethien et en surpoids. Tout un programme.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 octobre 2018

Pascal Parisot : chat alors !

Si Pascal Parisot est devenu un incontournable de la chanson et du spectacle pour enfants, on ne le doit pourtant, à l'instar de ses collègues Albin de la Simone ou Bastien Lallemant, habitués de cet exercice, qu'à un virage plutôt tardif du musicien dans une carrière débutée au début des années 90. Ce n'est qu'en 2009, à la demande d'une éditrice, qu'il se lance dans cette discipline pas comme les autres et résolument casse-gueule. Il publie son premier album pour enfants sur le thème de la nourriture, Les Pieds dans le plat, dont le succès lui vaut une tournée de plus de 400 dates. Viennent ensuite les animaux avec Bêtes en Stock, les princesses avec La Vie de Château, pour un succès semblable. C'est alors que Pascal Parisot entame son histoire musicale avec les chats : son quatrième album Chat, chat, chat, un livr

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Agoria passe par Hypnotik

Clubbing | Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 2 octobre 2018

Agoria passe par Hypnotik

Un parc des expos un peu trop froid, une salle par sous-genre de musique électronique respectant à la lettre les codes de chacun, des grappes de kids vidant quelques cocktails maison sur le parking avant de s'engouffrer dans les grands halls pour danser des heures durant : la recette type du grand raout électronique façon fin des 90's a toujours ses adeptes et Hypnotik, qui se déroule ce samedi 6 octobre à Eurexpo dès 22 heures, en est l'incarnation parfaite. Dans la salle techno, donc, on guettera l'indémodable Ellen Allien et le plus jeune Schlømø, dans la salle house c'est le régional de l'étape Agoria qui devrait fédérer les foules (il y a aussi N'To, on fera l'impasse, et Polo & Pan). La salle hardcore est dévolue à Rave Feed qui invite Warface, Deetox et Phuture Noize. Enfin, dans la salle psytrance c'est classiquement Hadra - gage de qualité - qui programme et invite Captain Hook, Vertical Mode et Module Virus. À 6 heures, il faudra chercher l'after !

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Omar Souleyman, dabke et bacchantes

Sono Mondiale | Le succès d'Omar Souleyman est aussi improbable que réjouissant. Quelle probabilité qu'un musicien de mariage syrien finisse par conquérir le monde en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 février 2018

Omar Souleyman, dabke et bacchantes

Le succès d'Omar Souleyman est aussi improbable que réjouissant. Quelle probabilité qu'un musicien de mariage syrien finisse par conquérir le monde en pleine guerre dans sa patrie natale ? Faiblarde, la proba'. Mais Mark Gergis est passé par la Syrie circa 2004, a chopé au passage des K7 du futur pote de Four Tet, quelques-unes des nombreuses prestations live enregistrées à la bricolo durant des noces qu'il anime pour vivre depuis 1994. L'Américain en a fait une compilation pour son si précieux label Sublime Frequencies, Highway to Hassake en 2006, puis d'autres, et la théorie des dominos s'est mise en branle. Omar s'est exilé en Turquie depuis le début du conflit mais sa dabke synthétique a fait des émules, plaçant la Syrie en bonne place sur la mappemonde de la sono mondiale. Four Tet donc, mais aussi Gilles Peterson, Björk ou Damon Albarn en ont fait un chanteur arabe populaire et universel, signant désormais ses réguliers albums studio sur Mad Decent (Diplo) ou Monkeytown (Modeselektor). S'il y a moins de surprise et si la recette initiale n'évolue pas vraiment au fil des disques, le show Souleyman, bacchantes dans le vent

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Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Nuits sonores | On connaît la programmation complète des Days de Nuits sonores, et c'est clairement du côté du samedi concocté par Paula Temple que se tournent les oreilles les plus curieuses : de Moor Mother à Amelie Lens, la Berlinoise a visé juste.

Sébastien Broquet | Mardi 16 janvier 2018

Amelie Lens, DAF et Maceo Plex rejoignent la programmation de Nuits sonores

Doucement, l'architecture de Nuits sonores 16e du nom commence à se dévoiler. Ce matin, l'on a appris que le festival faisait son grand retour à la piscine du Rhône, là où quelques belles pages de sont histoire se sont écrites : c'est ici que tout avait commencé, en 2003. C'est là encore que Laurent Garnier avait délivré un set mythique en 2005, qu'une Body & Soul moite s'était lovée en 2008, ou qu'un set improbable de Busy P avec Joey Starr au micro beuglant sur du dubstep nous avait laissé pour le moins perplexe en 2011... Retour dans ce lieu donc, où l'on suivra la carte blanche offerte cette année à Amsterdam dont la programmation complète sera dévoilée le 7 février prochain, comme le reste du programme de nuit (qui prendra place pour la seconde année consécutive dans les anciennes usines Fagor-Brandt). La sensation Amelie Lens On connaissait déjà les noms des quatre curateurs des Days, voici les line-ups complets qu'ils nous ont concocté. Commençons par la fin et ce samedi 12 mai de dingue programmé par la cruciale Paula Temple, activiste précieuse qui sait mettre des actes sur ses convictions profondes et

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Lundi 20 novembre 2017

Insomniaque

24.11.17 > LE SUCRE RADIO MEUH Parfait before pour lancer les festivités du côté de Confluence avec cet après-travail concocté par Radio Meuh, qui a su fidéliser les mélomanes en quête de groove par ses playlists bien senties. Les savoyards déboulent en bande, squattant évidemment les platines avec leurs pépites mais animant aussi la salle avec des ateliers... raclette, eh oui, et typographie. Fondus. 24.11.17 > TRANSBORDEUR ØVERSTEPS Le week-end s'ouvre au Transbordeur en compagnie de Modeselektor, paire allemande de DJs dynamiteurs, récemment revenus au clubbing pur après l'arrêt de leur projet Moderat : valeur très sûre. Comme Paula Temple, discrète et respectée figure de la scène techno, aux sets sombres et puissants. Avalon Emerson et CLFT Militia complétant le line-up. Open. 26.11.17 > LA MACHINERIE SAPIENS On clôture ces trois jours de fête en format après-midi dès 17h, en compagnie du nouveau label mené par Agoria, Sapiens. Le patron sera bien évidem

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Agoria, premier de la classe

1997-2017 : 20 ans dehors ! | À l'époque tout jeune DJ prenant ses marques dans les raves de la région, Agoria n'avait pas encore conquis la planète et convaincu les grands anciens de Detroit, ni imaginé qu'il co-fonderait Nuits sonores. Mais il était déjà présent partout où ça comptait le vendredi soir venu.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Agoria, premier de la classe

Où sortiez-vous en 1997 ? Agoria : Dans n'importe quelle soirée, du moment qu'il faille appeler une infoline, obtenir le chemin d'accès. Qu'écoutiez-vous ? De la techno made in Détroit, de la house made in Chicago, de la trance made in Germany : les labels Axis, Underground Resistance, Djaxupbeats, Frankfurtbeat, Eye Q. Quel film regardiez-vous ? Dans quel cinéma ? J'habitais à la campagne, je crois que j'allais principalement à la salle polyvalente du village. Quel spectacle ou expo vous a marqué ? Je consacrais 150% de mon temps au mix dans ma chambre, au squat des disquaires, à écouter les radios diffusant des morceaux entre 130 et 140bpm, à faire des cassettes démo que j'insérais dans une enveloppe matelassée à destination de promoteurs locaux rencontrés aux pélerinages du vendredi et du samedi soir. Les expos sont venues avec le statut d'intermittent du spectacle, bien plus tard. Comment vous déplaciez-vous ?

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Quand le skate s'expose

Photographie | Fred Mortagne a bientôt 35 ans de skate dans les pattes. Le réalisateur et photographe lyonnais, connu et respecté à travers le globe, a contribué à faire connaître les spots de sa ville sur la scène internationale. Il présente une exposition intitulée "Allez jouer ailleurs!", dans le cadre du festival Aperçu dédié à la photo argentique.

Corentin Fraisse | Mardi 30 mai 2017

Quand le skate s'expose

Positivité « Quand j’ai commencé place Louis Pradel, on nous disait toujours d’aller skater ailleurs. À l’époque, les gens nous prenaient pour des glandeurs. » En réunissant, pour l’occasion, quinze ans de photographies prises à Lyon puis tout autour du monde, French Fred aimerait aider le skate à se débarrasser de ses représentations négatives. Pour montrer toute sa richesse, promouvoir les valeurs de partage et d’ouverture qui sont intrinsèquement liées à sa pratique. Prouver que le skate développe des potentiels. « Cela m’a beaucoup appris, m’a permis de voyager et d’apprendre la positivité. » Créativité En présentant ces photographies en dehors de la communauté skate, l’idée est d’ouvrir cette culture à un plus large public. Fred Mortagne prend le contrepied du titre de l’exposition : « ces photos ont été prises dans des endroits improbables, parfois hors des centres-villes, dans des spots naturels. » Le rêve de tout skateur qui aime le challenge, puisque skater dans la rue c’est s’adapter au terrain. « C’est ce qui va contribuer à faire naître de la créativité chez le skateur. »

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Les arts transgressés aux 7 Collines

Les 7 Collines | Festival majeur de la Loire et l'un des plus importants en Rhône-Alpes, Les 7 Collines reviennent avec une programmation très circassienne. Dans les propositions de cette 22e édition, focus sur deux artistes passionnants : le magicien sombre Yann Frisch pour Le Syndrôme de Cassandre et le trampoliniste Mathurin Bolze qui se dédouble dans Barons perchés.

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

Les arts transgressés aux 7 Collines

Elle a les pieds dans l'eau, des bottes de Bretonne et elle se marre. La fille de l'affiche des 7 collines n'a pas l'air d'arpenter la Loire mais le festival semble la réjouir. Avec des tarifs bas (10€ ou 14€ le spectacle) et des mastodontes du cirque (notamment), chaque année cette manifestation se débrouille pour que des compagnies internationales fassent escale ici. Certaines viennent plusieurs fois. C'est le cas ces deux dernières années pour les 7 doigts de la main venus avec le trop bavard et pour tout dire raté, Cuisine et confessions l'an dernier, ou le beaucoup plus sportif Séquence 8 juste avant. Cet été, c'est avec Mathurin Bolze que le festival renoue. Aérien Le circassien, déjà passé par là avec son cultissime Du goudron et des plumes en 2010 et le plus transitoire À bas bruit en 2013, présente Barons perchés. Encore tout frais (à peine une quinzaine de représentations depuis sa création cet automne), ce spectacle est en fait une réplique de Fenêtres, également au générique du festival. Animé par le théâtre (figurant pour Jean-Paul Delore ou Bruno Boeglin),

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Insomniaque : vos trois soirées du week-end

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 7 juin 2016

Insomniaque : vos trois soirées du week-end

10.06.16 > TRANSBORDEUR WE ARE REALITY Le come-back du fils prodigue : Agoria est de retour au Transbordeur pour une nuit où il fait non seulement office de headliner pétri de talent, dont les sets regorgent de ressources, naviguant sur toutes les vagues des musiques électroniques pour agiter le dancefloor, mais aussi d'hôte parfait ; car c'est lui qui convie ici une moitié d'Âme, celle se produisant live, à savoir Frank Wiedemann l'esthète d'une house hypnotique comme on peut la savourer sur son label Innervisions. Communion. 10.06.16 > DV1 KEEPSAKES Voilà, c'est fini. C'est la dernière pour ce petit club du bas des pentes, qui depuis de longues années ne se contentait pas de programmer du DJ techno à la chaîne mais savait donner sa chance à de jeunes talents, à des promoteurs débutants. La mort d'un club, c'est souvent un bout de l'âme d'une ville qui s'envole. Mais aussi, parfois, une

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Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Cirque | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion du festival UtoPistes et de sa présence aux Nuits de Fourvière, le trampoliniste Mathurin Bolze raconte son métier récemment vilipendé et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Mathurin Bolze, l'utopiste appliqué

Il a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque à Chalôns-en-Champagne. Rapidement, en 2001, Mathurin Bolze fonde la compagnie mpta et, à l'occasion d'une commande de La Brêche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir, se nommer Fenêtres. Quinze ans plus tard, il donne cette création à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation, et dédouble le rôle dans une autre pièce qui prend directement le nom — mais au pluriel — du roman d'Italo Calvino qui l'a inspiré précedemment, Barons perchés. En duo, il défie le sol et s'entiche du volume. Bien avant que Yoann Bourgeois n'emmène le trampoline dans tous les théâtres, Bolze choisit cet agrès pour les propriétés ludiques et aussi «

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Jules Verne par les PCL : calme plat

SCENES | Le pari de transposer "Vingt mille lieues sous les mers" sur un plateau de théâtre était osé. Si la partie musicale, assurée par les Percussions Claviers de Lyon, est impeccable, le reste manque de chair et de mouvement.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Jules Verne par les PCL : calme plat

L’épopée maritime de Jules Verne se déployant à l'échelle de toutes les mers, la circonscrire à une scène n'était pas gagné d'avance. Cette difficulté, la metteur en scène Emmanuelle Prager a choisi de la scinder en deux : une imagerie d'Étienne Guiol, jeune diplômé d'Émile Cohl, et le récit fidèle du texte, confié à trois comédiens filmés face caméra sur un fond uni. Soit les péripéties du scientifique Pierre Aronnax, missionné pour tenter de neutraliser une créature qui sème la terreur dans les eaux du globe : non pas un gigantesque narval comme il le soupçonnait, mais un sous-marin, le Nautilus, piloté par un certain Capitaine Nemo qui, lancé dans une bataille personnelle misanthropique, les kidnappent lui et son domestique Conseil. Ces héros modernes ne sont malheureusement jamais vraiment incarnés. Pourtant constitutive du texte, la notion de mouvement est la grande absente de ce travail – Olivier Borle, Baptiste Guiton et Renaud Golo donnant l'impression de lire un prompteur là où il leur faudrait souligner l'émotion et la noirceur de cette incroyable aventure. Au point que même les aquarelles de Guiol, projetées en alternance avec les séquences vidéo e

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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Les soirées du 10 au 16 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le vernissage de l'expo Mawil au Goethe-Institut, Scratcha DVA à La Marquise et la résidence LYL au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Les soirées du 10 au 16 juin

10.06 Tournoi de ping-pong auteurs-public Quand il ne raconte pas par procuration sa jeunesse à l'ombre du mur de Berlin (Kinderland, chez Gallimard, pavé de 300 pages aussi captivant dans sa description de l'insouciance enfantine que dans ce qu'il raconte en filigrane de la RDA), le dessinateur Mawil joue les selectors. Ce sera le cas trois jours avant le coup d'envoi du festival, dans le cadre du vernissage de l'expo que lui consacre (ainsi qu'à sa compatriote Barbara Yelin) le Goethe-Institut. Un événement d'autant plus intrigant qu'il fera suite à un tournoi de ping-pong à la mode est-allemande que nous comptons bien remporter.

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L'Angleterre en force à Nuits Sonores

MUSIQUES | ​Best of de la saison qui s'achève, la programmation de Nuits Sonores 2015 est aussi la plus cosmopolite que le festival ait connue. Mais désormais, à la fin, ce sont nos voisins d'outre-Manche qui gagnent : bouillon de la bass culture à l'aune de laquelle la house et la techno n'en finissent plus de se réinventer, l'Angleterre est, par l'entremise de sa capitale, LA grande nation électronique des années 2010. La preuve en dix ambassadeurs. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

L'Angleterre en force à Nuits Sonores

Daniel Avery / Shackleton On l'a découvert de jour l'an passé, cette fois c'est de nuit que l'on pourra prendre la mesure de la versatilité du ténébreux rouquin, qui plus est sur une scène toute entière dédiée à la résidence qu'il anime à la mythique Fabric. Depuis Drone Logic, Daniel Avery n'a rien produit. Pas grave : ce premier album, classique instantané de techno charnelle (ou de rock stockable dans le cloud ?), reste un an et demi après sa parution l'une des plus belles incarnations de ce «chant de la machine» qui, chaque printemps, exerce sur nos concitoyens la même fascination que la voix des sirènes sur les marins qui croisaient jadis en mer de Sicile. Nuit 1 – Halle 2 Á l'Ancien marché de gros, mercredi 13 mai à 3h15

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Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence

ECRANS | Dernier volet de la trilogie de Roy Andersson après "Chansons du deuxième étage" et "Nous les vivants", où ce disciple suédois de Jacques Tati pousse à l’extrême son cinéma en apnée, suite de plans tableaux aussi répétitifs qu’hermétiques, parsemés de quelques fulgurances. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 avril 2015

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence

Le dernier film de Roy Andersson dont le titre entier, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, contient presque plus de mots que l’ensemble de ses dialogues, s’est fait bouler à l’unanimité par le comité de sélection cannois en 2014. Un mal pour un bien : présenté à Venise, il en est reparti avec le Lion d’or. Andersson est le genre de cinéaste à se faire rare sur les écrans — sept films en quarante-cinq ans — tout en ayant réussi à se créer une signature admirée par quelques inconditionnels à travers le monde. Or, depuis son "retour" avec Chansons du deuxième étage en 2000, ladite signature s’est muée en tic de mise en scène : plans fixes composés comme des tableaux dans lesquels les acteurs, affublés de maquillage blafard, sont comme des zombies errant dans un monde triste, gris et dévasté. Le tout saupoudré d’un humour pince-sans-rire et d’un goût de la répétition qui évoque, si l’on est paresseux, Jacques Tati. Mais dans ce nouveau film, le cinéma d’Andersson ressemble plutôt aux mises en scène théâtrales de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff période pré-Deschiens, où il s’agit surtout de décliner jusqu’à l’essouff

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Soirées du 25 au 31 mars

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Shxcxchcxsh au Transbordeur, le contest End of the Weak au Kafé et Kez Ym et Ge-ology au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 24 mars 2015

Soirées du 25 au 31 mars

27.03 Encore Shxcxchcxsh. Ce pourrait être le nom de l'un de ces faux groupes qu'invente l'animateur Jimmy Kimmel pour piéger le public de poseurs du festival South by Southwest. C'est en fait celui d'un duo suédois qui depuis trois ans affole les radars avec une technotronica dont la férocité – pas pour rien qu'il est signé sur Avian, l'excellent label de Shifted – n'a d'égale que la mélancolie – et, malheureusement, la prétention. Pas une raison pour bouder son superbe deuxième album Linear S Decoded, tout en remous fangeux et mélodies diffractées, encore moins sa venue au Transbo.

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"Batèches", l'opéra à vingt-deux mains des PCL

MUSIQUES | Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 mars 2015

Nommé il y a un an à la tête du Théâtre de la Renaissance, Gérard Lecointe n’en a pas pour autant abandonné les Percussions Claviers de Lyon, cet ensemble avec lequel il fait le tour du monde depuis trois décennies. Cette semaine, il endosse ainsi ses habits de musicien pour s’associer au groupe Sixtrum, cousin québécois des PCL, le temps d'une création qui mettra en relief la poésie de Gaston Miron, projetée en fond de scène. Méconnu en France, cet auteur décédé en 1996 est une figure assez populaire outre-Atlantique, notamment via sa lutte pour la défense de la langue française et l’affirmation de l’identité québécoise. Sa poésie, très imagée et même lyrique, aborde toutefois des thèmes plus universels (l’amour, l’insatisfaction, la mort...), au point que le compositeur Patrick Burgan la compare à un livret d’opéra. C’est à ce dernier qu'est revenue, sept mois durant, la composition de Batèches, du nom d'un juron canadien traduisible par "baptème". «C'est plus de travail que pour un orchestre symphonique dit-il, car un même instrument a des multiplicités folles selon les baguettes utilisées.» Les PCL n'ont semble-t-il pas

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Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

MUSIQUES | Ouvert sur le monde et recentré sur la musique électronique. Tel s'annonçait Nuits Sonores 2015 à la découverte de sa programmation de jour. Tel s'affirme le festival à l'heure de dévoiler son pendant nocturne. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 11 février 2015

Nuits Sonores 2015 – La programmation de nuit

C'est quoi, être rock en 2015 ? Les lecteurs de Rock & Folk ont sans doute leur (fausse) idée sur la question. Les autres, nous sommes au regret de vous le confirmer, ne trouveront pas la réponse à Nuits Sonores cette année – à moins que le "concert spécial", pour l'instant tenu secret, ne vienne nous contredire. Grande absente de la programmation de jour, la musique électrique ne constitue en effet que la portion congrue de son homologue nocturne, bien que l'on se réjouisse des venues du polarisant Jessica93 (de ce côté-ci de l'écran, on adore sa noise pour périphérique), des intransigeants et déjantés Future of the Left, des industrieux industriels de The Soft Moon ou des Saints, a.k.a. les Ramones du pays des kangourous, à l'affiche du Circuit. Circuit d'ailleurs encore en cours de montage mais qui, outre son habituel cortège d'activistes locaux (Flore, Manoo, Kosme...), promet d'ores et déjà pas mal de dilem

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Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

MUSIQUES | La première moitié du programme de Nuits Sonores 2015 est tombée, entraînant dans sa chute son lot d'impatiences et de surprises. Brace yourselves, habitants de la Confluence, spring is coming. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 14 janvier 2015

Nuits Sonores 2015 - La programmation de jour

Si Wagner fait naître chez certains des sentiments belliqueux à l'encontre de la Pologne, la prochaine édition de Nuits Sonores, elle, devrait vous donner envie de passer l'été au pays de Copernic. Car c'est Varsovie, capitale qui s'impose depuis quelques années comme l'une des cool du Vieux continent, qui sera à l'honneur de la traditionnelle carte blanche. L'occasion de découvrir tout un contingent de producteurs et groupes aux noms pour le moment nimbés de mystère : Xenony, Piotr Kurek (accompagné par le collecteur analogique Étienne Jaumet), Black Coffee, Alte Zachen ou encore Polonezy Fanfare.Nonobstant cette escale, Nuits Sonores (et ses événements connexes bien sûr, du participatif Extra! au réflexif Lab) restera fermement ancré à la Confluence, selon le même découpage que l'an passé : le détachement polonais à la Maison de la Confluence, les soirées éponymes à l'ancien Marché de gros et les Days à la Sucrière. Tiercé gagnant Premier dévoilé, le contenu de ces derniers, aux inévitables et néanmoins agréables relents de Sucre (à l'instar de la

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Am stram GRAME

MUSIQUES | La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine (...)

Pascale Clavel | Mardi 6 janvier 2015

Am stram GRAME

La musique classique s’étire et s’expose sur plusieurs siècles. Nous le savons, mais nous l’oublions. Elle s’étend même si loin que la musique contemporaine paraît souvent futuriste en comparaison. Ainsi de celle que, à partir du 22 janvier, donneront à écouter pendant presque 2 mois les Journées GRAME, véritables bouffées d’air du temps qui contrasteront avec les programmations que nous vous commentions en début de saison : l'Opéra et ses "jardins mystérieux", l'Auditorium et son intégrale Brahms, la Croix-Rousse et le Roméo et Juliette 39-45 de Jean Lacornerie... Concerts (comme celui du collectif SR9TW, qui revisite Tom Waits), performances (de Félix Lachaize, qui rendra compte d'un d'un mois de field recordings à Taipei) ou théâtre musical (Chants d'hiver, expédition polaire sur fond de Schubert), tous les moyens y seront bons pour secouer notre cocotier et montrer la vivacité de la création actuelle. On en profitera pour jeter une oreille attentive à la nouvelle création des Percussions Claviers de Lyon de Gérard Lecointe, directeur du Théâtre de la Renaissance – où se tient le gros des Journées GRAME – à l'appétit artistique d'ogr

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Let the students techno

MUSIQUES | Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, (...)

Benjamin Mialot | Mardi 9 décembre 2014

Let the students techno

Quand ils n'usent pas leurs fonds de sous-vêtements brodés sur les bancs de leur business school, les élèves de l'EMLyon fréquentent vraisemblablement le DV1, un bon tiers du line-up de l'édition 2014 de leur raout électronique (Elekt'Rhône de son petit nom "brandé") ayant récemment honoré le club des pentes de sa présence. De quoi d'emblée partir sur de meilleures bases que la précédente, infâme gloubi-boulga de deep house à saxophone et d'électro-pop underage. Celle-ci brille au contraire par sa cohérence et son caractè

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Putain d'usines

MUSIQUES | Les plus anglophiles des collectifs électro lyonnais unissent leurs forces pour célébrer les dix ans du label londonien Perc Trax, fer de lance d'une techno abrasive et sans concession. Casque de chantier et chaussures de sécurité exigés. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

Putain d'usines

Hasard du calendrier, l'année où Bernard Arnault inaugure la Fondation Louis Vuitton par une série de concerts rétrospectifs de Kraftwerk est aussi celle du dixième anniversaire de Perc Trax. Le rapport avec le rock choucroute ? Là où la musique de Ralph Hütter et ses duplicatas prophétisait l'avènement des machines, celle que promeut le label londonien semble au contraire accompagner leur fin de vie, jusqu'au moment où, obsolètes ou définitivement en panne, elles ne seront plus bonnes qu'à titiller les glandes surrénales des explorateurs urbains ou, dans le pire des cas, à être exposées comme reliques dans des musées d'entreprise – et Dieu sait qu'on ne pensait pas voir si tôt les robots de Düsseldorf dans la vitrine de LVMH. Turbines rongées par l'acide (celui qui goutte en mélodies à résonance altérée sur les titres de Truss), carrières aux boyaux dénaturés par des graffitis wildstyle (Happa, dix-sept ans à peine et déjà un sens du groove à toute épreuve), sous-marin en rade reconverti en laboratoire d'amphétamine (que le duo AnD doit confondre avec des céréales) ou tours de refroidissement ouvrant sur des cieux blêmes (et d'où les vapeurs gothiques du fr

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Quelque chose en eux de Düsseldorf

MUSIQUES | LUCA, acronyme de Last Universal Common Ancestor, soit "dernier ancêtre commun universel", est l'organisme, inconnu à ce jour, dont descendraient tous les êtres vivants actuels. Kraftwerk est son équivalent pour la musique électronique : tous les DJs programmés à Nuits Sonores ont une dette envers lui. Ces dix-là l'ont payée avec les intérêts. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Quelque chose en eux de Düsseldorf

Darkside L'un, Nicolas Jaar, producteur dont la nonchalance n'a d'égal que le raffinement, est à la house ce que la Nouvelle Vague fut au cinéma. L'autre, Dave Harrington, multi-instrumentiste, était jusqu’ici unsideman sans histoire. Ensemble, ils forment Darkside, nom choisi en hommage à Pink Floyd (dont les membres revendiquaient l'influence de leurs amis de Kraftwerk) mais qui aurait tout autant pu l'être en clin d’œil à la Force – voir Daftside, remix bête, méchant et in fine assez jouissif du dernier album de Daft Punk. Psychic, leur premier album, est lui, avec ses licks bluesy et ses artefacts lynchiens, un petit chef-d’œuvre d'electronica à la dérive. Nuit 1 – Halle 1 A l'Ancien marché de gros, mercredi 28 mai (23h45/00h45)

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Et ils tapent, tapent, tapent...

MUSIQUES | L'Auditorium accueille la première représentation lyonnaise de "Trois contes", spectacle créé en 2008 dans lequel, à l'aune des airs les plus merveilleux de Ravel, les Percussions Claviers de Lyon rendent toute leur ambiguïté aux contes de Perrault. L'occasion de revenir sur l'histoire de cet ensemble singulier tout juste trentenaire. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Et ils tapent, tapent, tapent...

Mi-février se tenait à Berlin le festival Stargaze, du nom d'un jeune ensemble de bâtisseurs de pontsentre musiques savantes et pop. A son affiche, nombre de prodiges du grand écart de registre, de Nico Muhly à Bryce Dessner, le guitariste de The National, pour plusieurs relectures du In C de Terry Riley, l’œuvre fondatrice du minimalisme, dont une littéralement transcendante par le producteur techno Pantha du Prince et les percussionnistes à blouse grise du Bell Laboratory. Lesquels auraient tout à fait pu céder leur place aux Percussions Claviers de Lyon, collectif qui depuis trente ans construit un répertoire contemporain comme on dynamite des tours (d'ivoire).  Le club des cinq Fin des années 70. «Né avec un piano sous les doigts», Gérard Lecointe, directeur artistique de l'ensemble et depuis peu successeur désigné de Roland Auzet à la tête du Théâtre de la Renaissance, intègre le conservatoire de Lyon au moment où un cursus de percussions y voit le jour. Poussé à le suivre par son père, il fait la connaissance déterminante de François Dupin, professeur à forte personnalité qui les incitera, lui et ses camarades de promotion, à s'inventer un futur à la marg

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Supercondriaque

ECRANS | De et avec Dany Boon (Fr, 1h47) avec Kad Merad, Alice Pol...

Benjamin Mialot | Mardi 25 février 2014

Supercondriaque

«Ne te déplaise... Je n´aime que la comédie à la française !» chantait la Ruda Salska au début du siècle, listant dans un de ces tubes festivo-lettrés dont elle avait le secret de poilantes pellicules de Pierre Richard, Philippe de Broca ou Joël Seria. A la vision du dernier méfait de Dany Boon, énième clou rouillédans le cercueil du genre, on se dit que le groupe aurait été bien en peine de l'actualiser. Rien à sauver en effet dans cette histoire d'hypocondriaque que la fille de son médecin traitant confond avec le chef d'une rébellion sévissant dans un état balkanique fictif (à ce niveau, ce n'est plus de la capillotraction, c'est du scalp à mains nues), sorte d'adaptation consensuelle et lourdement archétypale du Malade imaginaire par le prisme de La Totale. Surtout pas l'interprétation de son réalisateur : si derrière la caméra Boon se prend pour le Francis Veber de la grande époque (toute proportion gardée), il n'évoque devant, avec ses grimaces pantelantes et ses cris de trisomique mal-entendant, qu'un Michel Leeb lancé dans un numéro d'imitation de Sinok, le colosse bercé trop près du mur des Goonies. Au bout d'une heure quarant

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Insomniaque - Semaine du 29 janvier au 4 février

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : "Control Voltage" au Sucre, Percyl à La Marquise et le "Roller Derby Disco" du Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 23 janvier 2014

Insomniaque - Semaine du 29 janvier au 4 février

29.01 Control Voltage #5Autant nous allons avoir un mal fou à départager les soirées du premier week-end de février, autant rares sont celles qui, sur cette fin de mois, affolent notre radar à insomnies. Suffisamment pour que l'on vous propose d'assister à un bœuf. En l'occurrence celui, unique en son genre, qui se tient une fois par mois au Kraspek Myzik, fait la part belle à l'expérimentation sur des machines pleines de fils et de boutons (genre des synthé modulaires) et voit intervenir des types aussi talentueux que Blackthread (qui vient de sortir avec Separating Day & Night un joli recueil de haïkus électriques).  31.01 No TropicsLa dernière fois que Percyl s'est aventuré sur le sol lyonnais, c'était à la fin de l'été dernier, pour l'open air organisé par Encore au Parc de la Cerisaie. Vous savez, celui qui s'est soldé par le suicide d'une armoire électrique et l'agonie d'une pelouse. Cette fois, c'est à La Marquise que ce duo parisien versé dans le sombre art de la techno fera résonner les échos métalliques et basses en forme de con

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New York sous cloche

SCENES | En rajeunissant la comédie musicale "Bells Are Ringing", Jean Lacornerie signe un divertissement de grande qualité... mais qui peine tout de même à soutenir la comparaison avec les productions anglo-saxonnes. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 21 novembre 2013

New York sous cloche

Au milieu du plateau trône une façade, posée sur une tournette telle une vitrine de jeu télévisé. Côté face se dévoile le bureau d'une opératrice téléphonique, Ella Peterson, godiche esseulée qui se plait à recueillir sous de fausses identités les confidences des abonnés : un acteur en mal de rôles, un dentiste se rêvant compositeur, un dramaturge peinant à boucler le script qui fera de lui l'idole du tout-Brooklyn... C'est l'appartement de briques de ce dernier qui se découpe côté pile, havre de paresse et de débauche où, au terme de quelques quiproquos - courtoisies également d'un flic suspectant Susanswerphone, la compagnie employant Ella, d'être une maison close, et d'un mafieux travesti en mélomane cherchant à y installer une opération de paris clandestins -, batifoleront ces deux tourtereaux au bout du rouleau (et du fil).  Mais c'est à cour et à jardin que se joue la réussite de l'adaptation signée Jean Lacornerie de Bells Are Ringing (ou Amélie Poulain chez les bookmakers)

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Borgman

ECRANS | Pour son retour sur les écrans (français), le Hollandais Alex van Warmerdam propose une fable corrosive où une société secrète aux motivations opaques sème le chaos au sein d’une famille bourgeoise avec une méchanceté burlesque et salutaire. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 novembre 2013

Borgman

Ils vivent sous terre mais communiquent entre eux avec des téléphones portables et s’habillent avec d’impeccables costumes sombres ; ils sont pourchassés par une horde hétéroclite composée d’un curé, d’un chasseur et d’un notable. Les voilà donc qui émergent de leurs terriers et vont se réfugier où ils peuvent, notamment le leader de cette communauté étrange, Camiel Borgman, qui s’en va frapper à la porte d’une belle demeure bourgeoise et demande asile au couple qui y vit, prétextant être une vieille connaissance de l’épouse. Ce que le mari prend mal, rossant férocement l’intrus… Sa femme a la faiblesse de laisser parler sa mauvaise conscience, et finit par héberger secrètement Borgman. Alex van Warmerdam, perdu de vue depuis près de dix ans — ses films ne sortaient plus en France — s’offre ici un retour fracassant à tous les sens du terme : cette introduction traduit une souveraine maîtrise de la mise en scène et de l’écriture, la précision de l’une venant contraster avec l’incongruité de l’autre. Ainsi avancera Borgman : tout y est parfaitement huilé et machiavélique, mais tout y est aussi affaire de co

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Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

MUSIQUES | Les trois soirées à ne pas manquer cette semaine. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 27 juin 2013

Insomniaque - Semaine du 3 au 9 juillet

05.07 Un été suédoisOn connaissait l'été indien, cette saison qui n'existe que dans le nord de l'Amérique. C'en est un scandinave que la marque suédoise WeSC invite à passer gratuitement tous les vendredis (jusqu'au 30 août) à La Plateforme, avec la complicité de quelques méritants collectifs locaux (Basse Résolution, Palma, Propagang...) et de Clara Moto, dans le rôle du solstice. Vous auriez trouvé plus logique et exceptionnel que se produise The Field ou The Embassy ? Nous aussi. Mais nous avons trop d'estime pour la tech house so cute de la belle Autrichienne pour faire la fine oreille. 06.07 La GuinguetteComme nous vous l'annoncions dans nos colonnes en mai, Sophie Broyer quittera prochainement la direction de L'Épicerie Moderne. Le samedi qui vi

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Nuits Sonores 2013 - Jour 4

MUSIQUES | Nuits Sonores, c'est terminé. Déjà ? Déjà. A se demander si un an d'attente pour quatre jours de réjouissances, ce n'est pas un peu cher payé. Au vue de la somme de glorieux souvenirs que nous avons emmagasinés lors de la dernière journée de cette édition 2013, on peut vous affirmer que ça ne l'est pas. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 12 mai 2013

Nuits Sonores 2013 - Jour 4

N'eut été la présence de Tale of Us et des Raveonettes à son générique, nous n'aurions sans doute pas mis les pieds au quatrième NS Days, histoire de rassembler le peu de forces encore à notre disposition avant le bouquet final. Sans surprise, nous l'aurions amèrement regretté. Car si le duo italien a signé un set à la hauteur de sa précédente prestation lyonnaise (un mix marathon de 4h au Club Transbo en décembre dernier) et si la loud pop spectorienne du duo danois a été au cœur de l'un des concerts les plus troublants – de sensualité et de puissance - de cette édition, c'est un quasi-inconnu qui a livré la prestation la plus inattendue : Squeaky Lobster, producteur bruxellois dont l'abstract hip hop kaléidoscopique, à défaut d'avoir emporté l'adhésion de l'audience, nous a pour notre part durablement scotché. Les "Lee Hazlewooderies" saturées des Liminanas, le rock'n'roll high energy des Mojomatics et les collisions métalliques de The Hacker (qui a remplacé à la dernière minute le pauvr

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Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

MUSIQUES | 12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 5 avril 2013

Insomniaque - Semaine du 10 au 16 avril

12.04 Carte blanche à Anton SerraAprès celui de Lucio Bukowski, c'est au tour du premier album d'Anton Serra de certifier la bonne santé de L'Animalerie, collectif rapologique multicéphale que nous n'avons de cesse de brosser dans le sens du poil (soyeux le poil). Il en fêtera la parution au Marché Gare, en compagnie de ses acolytes à crinière bien sûr (et de La Microfaune, autre chouette bande de kickeurs lyonnais), le temps d'une carte blanche qui, connaissant la sympathie et la vitalité de tout ce petit monde, devrait rapidement virer à la teuf entre potes.   12.04 Club 69Prenez un magazine culturel de qualité (Snatch) et un organisateur de neverending parties au goût sûr (Mercredi Production). Enfermez-les dans une salle de réunion sans fenêtre, laissez-les tempêter du c

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Le cercle polar

CONNAITRE | A mesure que le polar élargit ses horizons, que les frontières entre les genres, les sociétés et les supports tombent, Quais du polar se régale à repousser chaque année un peu plus les contours de son sujet. Garantissant par là même de ne jamais résoudre l'énigme qui préside à une littérature de "divertissement" qui console nos misères en les autopsiant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 mars 2013

Le cercle polar

Il est loin le temps où, dans nos bibliothèques, polar et série noire se résumaient à un triptyque américano-anglo-franchouillard. Sans doute le symbole ultime de ce bouleversement est-il le très prisé polar polaire, mis à l'honneur cette année via l'invité d'honneur Henning Mankell, le "père" du commissaire Wallander. Une fausse piste toutefois, puisque Quais du Polar ira fouiner du côté d'un continent assez peu exploré, vu d'ici du moins, par la littérature policière (et qui pourtant nous abreuve de polars hard-boiled au cinéma) : l'Asie. Seconde fausse piste en réalité car hormis le Chinois Qiu Xiaolong, créateur de l'Inspecteur Chen, les deux autres invités "asiatiques" sont des occidentaux aux œuvres infusées aux sociétés thaïe (John Burdett) et japonaise (Romain Slocombe). Sans doute un indice de la mondialisation à l'œuvre au sein d'une forme de littérature qui voit de plus en plus loin que La Blonde au coin de la rue chère à David Goodis. Du Noir et du futur D'un continent l'autre, d'un univers l'autre au

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

MUSIQUES | Sept lieux, six sessions de 9h de live, trois concerts spéciaux. Il fallait bien ça pour fêter les dix ans de Nuits sonores, fleuron européen de la musique électronique (et plus si affinités). Compte-rendu du jour 4. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 20 mai 2012

Nuits Sonores – Samedi 19 - Report

Trois sur neuf. Nous n'avons deviné les noms que de trois des neuf invités qui, hier, se sont relayés jusqu'au petit jour aux platines de la secret stage des anciennes usines Brossette. Même pas la moyenne. Nulle incompétence derrière ce pronostic de parieur mutuel urbain du dimanche, seulement le reflet du crédit que l'on accorde à Nuits sonores. Quitte à éprouver des regrets là où tout ne devrait être que gratitude.     Stage divin Il faut reconnaître qu'Arty Farty nous a fait un beau cadeau avec ce secret stage, foulé dans l'ordre par Clara Moto, The Hacker, Gesaffelstein, Oxia, Dixon, un Ricardo Villalobos tout juste remis de son examen du très exigeant catalogue du label ECM aux Célestins, Brodinski, Agoria et Laurent Garnier. Reconnaître également que, même si nous étions en attente d'une surprise qui n'est jamais venue, d'un

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Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

MUSIQUES | À quelques heures du coup d'envoi du premier bouquet final de la dixième édition de Nuits Sonore (le second étant, comme vous le savez, le highly anticipated concert de New Order), prenons quelques minutes pour faire le point.

Benjamin Mialot | Samedi 19 mai 2012

Nuits Sonores 2012 - Ten years secret stage - Nos pronos

Des rumeurs plus ou moins folles voire carrément démentes circulent quant à l'identité des mystérieux Dj's qui auront l'honneur/la lourde tâche de tenir la grande scène de Brossette samedi soir pour la Ten years secret stage. Agoria Co-fondateur du festival et poster boy de la musique électronique d'ici, Sébastien Devaud ne peut pas ne pas être du lot. Probabilité : 100% Laurent Garnier Un habitué des lieux qu'on ne présente plus. Il se murmure qu'il mixera en compagnie de son collègue du dessus. En tout cas, il sera forcément là : il n'a plus de place dans son calendrier, sauf, comme par hasard, le 19 mai. Probabilité : 100% Clara Moto L'Autrichienne a droit à un portrait dans le journal frappé du sceau Red Bull qui circule sur le festival... alors qu'elle n'est pas programmée. Coïncidence ? On ne pense pas. Probabilité : 80% Daft Punk Le ouï-dire le plus invraisemblable, à tel point qu'il a depuis sa diffusion été

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Low life

ECRANS | De Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval (Fr, 2h03) avec Camille Rutherford, Arash Naimian…

Christophe Chabert | Jeudi 29 mars 2012

Low life

Rabâchant de manière obsessionnelle leur sujet de prédilection (les sans-papiers brimés par un État français au bord du fascisme), le couple Klotz - Perceval avait jusqu’ici réussi à imposer un ton, mêlant mise en scène rigoureuse et surgissement de corps encore marqués par la réalité. Avec Low Life, ils ont voulu changer d’axe : regarder non pas les migrants clandestins mais leurs soutiens, une jeunesse qui relève plus d’un fantasme bressonien (Le Diable probablement, gros surmoi du film) que d’une quelconque contemporanéité. Le résultat est insupportable d’arrogance satisfaite, les comédiens rouillant dans les plans en débitant d’une voix blanche un texte impossible, mélange de slogans politiques et de poésie romantique sur fond de musique électro lancinante. On ne leur jette pas la pierre, c’est bien le dogmatisme des cinéastes qui est en cause, et leur avant-gardisme supposé est plutôt un cache-misère à leur incapacité à raconter correctement leur histoire. La deuxième heure, interminable, bascule dans le romanesque en racontant la claustration volontaire et parano de deux amants (l’une française, l’autre afghan). Ça aurait pu être du Polanski ; c’est juste

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Bullhead

ECRANS | D’une sombre histoire de trafic d’hormones en Belgique, Michaël R. Rostram tire, dans cet époustouflant premier long-métrage, une tragédie familiale et existentielle d’où émerge un héros singulier : Jacky Vanmarsenille, incarné par l’impressionnant Matthias Schoenaerts. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Mardi 14 février 2012

Bullhead

Il y a quelques années, en plein déballage des affaires de dopage dans le cyclisme, on parla de «pot belge» pour désigner le cocktail de produits que s’injectaient les coureurs pour booster anatomie et performances. Moins connu par chez nous, à la même période et toujours en Belgique, un fait-divers fit sensation : le démantèlement d’un réseau organisé de trafic d’hormones bovines. C’est de ce dernier dont Michaël R. Roskam, qui fait une entrée remarquée dans le cinéma européen avec ce premier film estomaquant, s’inspire dans Bullhead ; mais impossible de ne pas penser, devant les pratiques intimes de son héros Jacky Vanmarsenille (Matthias Schoenaerts, bien plus fort que Jean-Claude Van Damme dans le registre taiseux musculeux), à l’illustration monstrueuse de ce qu’est un pot belge. Sauf que lui ne cherche pas à gagner des courses, juste à soigner un problème de virilité lié à un terrible «accident» survenu quand il était enfant. Vache de vie ! Si Bullhead se présente comme un polar mafieux tout ce qu’il y a de plus classique, avec ses familles rivales, ses hommes de main violents, ses flics aux aguets et son mouchard infiltré, Rosk

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Agoria, de permanence

MUSIQUES | Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 février 2012

Agoria, de permanence

Viendra un jour où Sébastien Devaud figurera, aux côtés du Gang des Lyonnais, des Canuts en colère, de la Fête des Lumières, du saucisson à cuire, des traboules et des néo-nazis, en bonne place sur la liste des spécificités lyonnaises. Pour l'heure, si vous n'avez jamais assisté à un DJ set de celui qui, sous le nom d'Agoria, écrit depuis une douzaine d'années les plus belles pages de la techno, sachez qu'il n'est pas trop tard : le bonhomme, par ailleurs entré dans la légende locale pour avoir participé à la création des Nuits sonores, sera en effet de passage au Ninkasi Kao samedi 11 février. Accompagné pour l'occasion du parigot Dj Deep, pionnier de la house tricolore, il y fêtera à quelque jours près la première année d'existence discographique de son troisième album, Impermanence.

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Hyperbien

MUSIQUES | Découvert à la faveur d’un incroyable premier album qui tranchait avec les canons du rock en français par son humour caustique et sulfureux, mais aussi par (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 12 janvier 2012

Hyperbien

Découvert à la faveur d’un incroyable premier album qui tranchait avec les canons du rock en français par son humour caustique et sulfureux, mais aussi par sa manière très sérieuse d’arpenter les registres musicaux les plus aventureux, Hyperclean est le genre de groupe qui ne tient pas en place. Son chanteur, Frédéric Jean, est d’ailleurs un monstre de scène, prenant avec ses deux musiciens toute liberté pour réinventer leurs morceaux, si bien que le deuxième album, le déroutant Tata, paraissait un simple tremplin vers sa recréation live (il valait d’ailleurs autant pour la revue bidonnante qui était offerte à l’intérieur). Après des expériences dans diverses formations (Aquaserge, Ueh), le trio s’est reformé cet été pour enregistrer un troisième opus qui devrait faire son petit effet si l’on en croit un premier titre en ligne sur leur site, le provocateur Les Impôts. En attendant sa publication, Hyperclean reprend la route et s’offre une tournée qui passera par Le Périscope le jeudi 19 janvier, où ils promettent «un set en évolution autour de leurs nouveaux titres.» Quelque chose nous dit que ça devrait, en effet, envoyer du bois ! Christophe Chabert

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Red Cross story

MUSIQUES | Au Théâtre de la Croix-Rousse, le tout frais directeur Jean Lacornerie met en scène West Side Story, LA comédie musicale entre toutes, dans une version concert. Il explique ici son goût pour le genre, et le choix de cette approche. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 8 décembre 2011

Red Cross story

Quel est ce lien puissant qui vous unit à la Comédie Musicale depuis si longtemps ?JeanLacornerie : Plus je mets en scène des comédies musicales, plus j’ai envie d’en faire. Comme beaucoup de monde, j’en ai vu au cinéma. Puis j’ai eu l’occasion de mettre en scène une œuvre de Kagel en Caroline du sud, j’ai passé quelques jours à New-York et je suis allé voir des comédies musicales au théâtre. Là, j’ai trouvé une forme musicale qui m’intéressait énormément. La comédie musicale, c’est d’abord du théâtre. J’ai monté un Bernstein puis, de fil en aiguille, j’ai pu voir à quel point ce répertoire était riche. Je pense que le public français aime la comédie musicale mais n’en connaît qu’une petite partie. Dans ce répertoire il y a une énergie, l’expression d’une joie de vivre qui est très agréable. Pourquoi donner West Side Story en version concert, dans une conception presque intime ?C’est une version concert améliorée. Nous ne faisons que la partie musicale pour 5 percussionnistes, 1 pianiste et 4 chanteurs. Nous avons fait abstraction des dialogues. Lorsque Gérard Lecointe, membre fondateur des Percussions Claviers, a fo

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Échos au crépuscule

ACTUS | Insomniaque / C’est bientôt la fin pour les Échos sonores : arrivés à leur centième rendez-vous, ils couperont définitivement le son… Une dernière salve qui est aussi, pour Arty farty, un moyen de préparer un avenir chargé. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Dimanche 13 novembre 2011

Échos au crépuscule

Créés dans la foulée de la deuxième édition de Nuits Sonores, les Échos sonores ont permis à Lyon de se replacer sur la carte de l’électro et du clubbing hype, et pas seulement le temps d’une semaine de festival. Pensés comme un pendant régulier de ce grand raout annuel, mais aussi comme sa vitrine auprès du public lyonnais, les Échos sonores ont beaucoup navigué durant ces sept années ; si La Plateforme a accueilli la majorité de leurs escales, ils se sont aussi amarrés du côté de Jazz à Vienne, du DV1, de l’Épicerie Moderne à Feyzin, des Subsistances et du Transbordeur, notamment depuis le changement de sa direction. Quant aux artistes invités, ils représentent une histoire fidèle de ce qui s’est passé en matière de musique électronique depuis 2003 : de la déferlante Justice au culte Squarepusher, du phénomène Birdy Nam Nam au vétéran Kevin Saunderson, toutes les esthétiques, des plus fashion aux plus alternatives, sont passées par les Échos. Comme un drôle de présage, un des habitués du rendez-vous, Dj Medhi, n’a pas pu honorer la cinquième date qu’il devait faire à Lyon sous ce label pour cause de chute mortelle, et ce l’année où les Échos sonores ont décidé de baisser le ri

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Agoriaphilie

MUSIQUES | Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

Agoriaphilie

Inspirant au passage la philosophie bouddhiste avec son concept d'impermanence (cf : Le Bouddhisme pour les Nuls), Héraclite disait : «On ne peut jamais descendre deux fois dans la même rivière, car de nouvelles eaux s'écoulent toujours sous vous». Manière de dire que choses et êtres changent en permanence, au gré d'atomes plus ou moins crochus. Cela vaut bien sûr pour les artistes, les musiciens, et même, si ça se trouve, les mîmes. Certes, il est pourtant des artistes dont l'immobilisme forcené nous incite parfois à remettre en doute la vieille loi d'impermanence. Il y a ceux, aussi, qui envoient tout valser (comme le chantait si bien Zazie ou François Feldman, à force on ne sait plus) et qu'on ne reconnaît pas d'un jour sur l'autre. Et puis il y a Agoria, dont le nom aurait presque quelque chose de philosophique côté grec, et dont l'Impermanence musicale semble être, comme l'indique le titre de son dernier album, le moteur. Non, forcément que le Dj globe-trotter chercherait par la démonstration d'une hypercréativité tous azimuts à s'acheter une crédibilité de musicien (le fameux «complexe du Dj», généralement circonscrit aux mauvais Dj's). En réalité, ici, Agoria reste le même t

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InFiné : label épique

MUSIQUES | Le label ovni fondé par Agoria a érigé la simplicité au rang d'exigence. Et inversement. SD

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 janvier 2011

InFiné : label épique

«Easy music for the hard to please», tel est, depuis 2005, le mantra du label InFiné, sa punchline, sa raison sociale, valant raison d'être. Autant dire qu'ici on n'a pas mis les pieds sur du dance-floor hard-discount. Reste que le go-go pas nécessairement danseur se dira qu'il y a peut-être comme un petit biais linguistique qui vaudrait quasiment publicité mensongère. «Easy, easy», même pour les chats difficiles, voilà qui semble plus facile à dire qu'à écouter. Car le catalogue InFiné au fond, c'est quoi : une guirlande de bizarreries où un musicologue ne retrouverait pas ses petits. Logiquement un peu vite catalogué label techno, InFiné en propose, ne serait-ce qu'à commencer par Agoria, son fondateur, qui est donc ici chez lui. Mais parfois dans des versions suffisamment tordues ou épurées pour faire perdre le La à l'auditeur en quête de repères : Arandel et son électro des bois bloqué en Ré, Ark et son kolossal minimalisme. Mais l'exemple le plus flagrant de l'esprit InFiné, en même temps que l'un de ses plus beaux fleurons, est sans doute Francesco Tristano, également membre d'Aufgang. Un type à qui une fée a dit un jour : «tiens, toi tu t'appelles Francis Tristounet, voilà u

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Agoria en quelques dates

MUSIQUES | 1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

Agoria en quelques dates

1988 : Première claque sonore avec la découverte de Good Life d’Inner City. Une vocation est née.1993 : Première date marquante aux platines. Agoria joue au Space en ouvrant pour Carl Cox et Richie Hawtin.1999 : Sortie du Kubick 01. «Un disque inaudible aujourd’hui, avoue Sébastien, mais c’est le premier que j’ai fait». Produit par Cyrille Bonin.2003 : Création de Nuits Sonores. «Je suis heureux d’avoir participé à la genèse de cette odyssée. C’est une expérience qui m’a beaucoup appris et apporté».2006 : Création du label InFiné avec Alexandre Cazac et Yannick Matray.

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De plateaux en platines

MUSIQUES | Avec Impermanence, Agoria livre l’album qui reflète le mieux son amour pour les musiques de cinéma, les découvertes vocales et la techno toujours tournée vers Detroit. Parcours et portrait d’un électron lyonnais qui tutoie librement les sommets. Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 26 janvier 2011

De plateaux en platines

Il était parti pour être assistant réalisateur, il est devenu Dj et producteur. Sans regret. Sans s’étonner non plus si, aujourd’hui, le cinéma revient naturellement vers lui. Il faut dire qu’Agoria n’est pas du genre à cloisonner les univers, son parcours musical ressemblant depuis Blossom à un bouquet multicartes, multicolore et grand ouvert. En 2004 déjà, sa première compile mixée s’ouvrait sur le thème de Mulholland Drive. L’influence de Badalamenti ressurgissant quatre ans plus tard sur la bande originale de Go Fast, une musique de film qui tourne à l’album perso, rien d’étonnant non plus si, aujourd’hui encore, les ambiances de salles obscures continuent d’imprégner des morceaux comme Under The River. Chez Agoria comme au Rex Club, sa résidence parisienne, les clubbers ne sont jamais loin des salles de cinéma. «C’est vrai. Il se trouve qu’on m’a proposé de faire la musique du film Viva Riva (sortie au printemps dans les salles – NdlR) pendant que je travaillais sur Impermanence. Finalement, je n’ai pas été retenu, mais j’ai quand même utilisé les ébauches que j’avais composées, ce qui m’a donné pas mal de matière pour l’album. Depuis Go Fast, je reçois diverses propositions d

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AGORIA

MUSIQUES | La nuit lyonnaise et l’évolution de la scène électro vue par le producteur et Dj que le monde entier nous envie. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Mercredi 15 décembre 2010

AGORIA

La scène lyonnaise en 1997, c'était... AGORIA : Très difficile en terme de jouissance et de communion électronique. On était en pleine vague de répression, même si quelques lueurs pointaient. C'était l'époque des rendez-vous sur une aire d'autoroute, des infolines, des vers luisants à la recherche d'un lieu de festivités qui parfois n'existait pas. C'était l'époque où les commissions de sécurité annulaient une soirée techno, même en club, sous prétexte qu'une prise de courant était trop proche d'un évier ! C'était frustrant et donc excitant. Cela a formé des irréductibles devenus pour la plupart des collègues ou amis. Un acteur majeur de cette période est Cyrille Bonin. En créant Kubik, il a distribué des disques techno du monde entier, mais aussi des artistes rhônalpins. Kubik était une sorte de coopérative, un village gaulois, qui oeuvrait pour la défense d'un Michigan français. On se retrouvait dans un hangar de la zone industrielle de Corbas avec Kiko, Oxia, The Hacker, Miss Kittin, Miloch, Strat, P.Moore, Marc Twins, Pat du Peuple de l'Herbe et d’autres petites gloires locales. On écoutait des vinyles de Detroit, les nouveaux Underground Resistanc

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Musique – Électro

MUSIQUES | ÉCHO SONORE 79 – AGORIA

Dorotée Aznar | Jeudi 10 décembre 2009

Musique – Électro

Vendredi 18 décembre, Agoria viendra mixer all night long à La Plateforme, et on connaît des blasés qui vont forcément soupirer : «Agoria pour le dernier Écho Sonore de l’année ? Ben c’est pas très exotique comme soirée…». Nous devrons alors expliquer à ces rabats-joie que, primo, Agoria n’a pas joué à Lyon depuis des mois, réclamé comme il est en tant que superstar Dj, il faut savoir qu’il passe désormais plus de temps entre ses résidences au Rex Club et à Sao Paulo qu’entre Bellecour et les Terreaux. Deuxio, même si sa présence à La Plateforme a l’air moins exotique que celle de Kenny Larkin, reste que Sébastien Devaud est à ce jour le seul artiste français à avoir signé un remix sur l’«imblanchissable» label UR, ce qui situe tout de suite le niveau «Detroit d’esprit», mondial de cœur dans sa musique.

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Petite musique de (boîte de) nuit

MUSIQUES | Cela faisait un bail que l'on attendait la visite lyonnaise de Four Tet, alias Kieran Hebden, prodige de la miniature électro mélodique et poétique. Ce sera fait le 14 décembre à Grnd Zéro. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 20 décembre 2006

Petite musique de (boîte de) nuit

Vous avez forcément déjà croisé le nom de Four Tet quelque part, même si vous n'avez pas ses disques sur les rayons indie-pop ou électronique cérébrale de votre CDthèque... En effet, l'homme derrière ce faux groupe, Kieran Hebden, est un des plus fameux auteurs de remixes en activité, proposant ses services pour des pointures populaires comme Radiohead, Bloc Party ou Aphex Twin. Cela posé, on a dit deux gros mots en ouverture concernant Four Tet : indie-pop et électro-cérébrale. Vilaines facilités journalistique pour une musique infiniment complexe, qui charrie autant d'énergie que d'émotion, et sur laquelle on ferait mieux d'accoler l'étiquette de «poésie musicale» ou d'«onirisme sonore». Car Kieran Hebden aime sculpter avec ses machines des paysages qui ressemblent à des rêves éveillés, suite de visions parfois cotonneuses, parfois furieuses, en tout cas aux avants-postes de ce que l'électro et la pop produisent généralement. Le tour du monde en 80 minutes Le rêve d'Hebden commence avec son premier groupe, Fridge, à la fin des années 90. L'utopie d'un rock instrumental et abstrait qui ferait passer cette musique de l'adolescence à l'âge adulte est sur le poin

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