Théâtre : les 15 pièces à voir cette saison à Grenoble et aux alentours

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | On a épluché l'ensemble des programmes des salles de l'agglo, et on en a sorti ce qui nous semble le plus pertinent. Sortez votre agenda : il y aura de quoi faire les prochains mois.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Photo : Giovanni Cittadini Cesi


Le Oliver Saint-John Gogerty

Mais que l'on aime au PB les Chiche Capon, clowns déjantés créateurs d'univers forts et de personnages très, mais alors très très hauts en couleur. Après avoir présenté leur LA 432 l'an passé au Théâtre municipal, ils reviennent cette saison dans les mêmes murs avec un précédent spectacle sur l'évolution de l'homme à la réputation plus que flatteuse – le spectacle, pas l'évolution. Et qui se trouve être celui qu'ils préfèrent dans l'ensemble de leur répertoire – c'est ce qu'ils nous avaient affirmé l'an passé en interview. On sera dans la salle.

Au Théâtre municipal de Grenoble le 19 octobre


Saigon

« Poignant mélodrame sur les séquelles de la colonisation française au Vietnam, la création de Caroline Guiela Nguyen a bouleversé les festivaliers. Beaucoup de spectateurs pleuraient, tous ceux, sans doute, qu'habite le sentiment de l'exil, quel que soit celui-ci. » Bon, cette journaliste du Monde et nous ne devions pas être assis du même côté de la salle lorsque nous avons découvert le spectacle cet été à Avignon (personne n'a versé de larme atour de nous) ; mais en effet, la jeune metteuse en scène Caroline Guiela Nguyen a livré une pièce sensible sur les Vietnamiens aujourd'hui installés en France. Dans un décor immense représentant un restaurant, les destins de plusieurs personnages de diverses générations se croisent, comme dans un grand sitcom au fond politique.

À la MC2 du 7 au 11 novembre


La Dame de chez Maxim

L'une des meilleures pièces du spécialiste du vaudeville qu'était Feydeau, grâce au personnage haut en couleur de la Môme Crevette, danseuse de cabaret qui, par divers concours de circonstances, se fait passer pour une dame du monde auprès de provinciales émerveillées. La metteuse en scène Emmanuelle Amiell de la compagnie grenobloise Les 7 Familles en livre une version énergique portée par des rôles principaux investis, et notamment la toute en gouaille (et en talent) Émilie Geymond dans le rôle-titre. « Et allez donc, c'est pas mon père ! »

À l'Oriel (Varces) le 18 novembre
À l'Amphithéâtre (Pont-de-Claix) le 30 mars
Au Théâtre municipal de Grenoble les 6 et 7 avril
Au Jeu de Paume (Vizille) le 25 mai


Petit pays

Le jeune auteur Gaël Faye a été l'une des stars de la rentrée littéraire 2016, grâce à un Petit pays au sujet fort : le génocide rwandais de 1994 (et, surtout, ses prémices) vu par un enfant du Burundi. Mais Gaël Faye est aussi rappeur et musicien. Sur scène, il va donc jongler entre ses deux casquettes, mêlant avec un musicien extraits de son roman et chansons de son répertoire.

À la Faïencerie (La Tronche) le 29 novembre
À L'Ilyade (Seyssinet Pariset​
) le 2 décembre


Blockbuster

Ils sont belges et sans concession. Avec maestria, le collectif Mensuel n'a pas peur de mettre la lutte des classes au cœur de son propos particulièrement drôle. Avec 1400 séquences de blockbusters américains mises en musique, en bruits et en paroles sur le plateau en direct, les comédiens inventent un tout autre film en doublant Sylvester Stallone, Tom Cruise, Julia Roberts & co ; et scénarisent ce récit d'un peuple qui prend les armes pour contrer un patron de presse trop puissant. Absolument génial !

À la MC2 du 5 au 9 décembre


Unwanted

« Je voulais rencontrer ces femmes. J'avais besoin de cette proximité avec celles qui ont donné naissance à l'enfant de leur bourreau, qui vivent avec le VIH, dans la pauvreté et l'exclusion. Bien souvent, elles ont aussi été violentées et rejetées par les survivants, parfois même des membres de leur famille, qui n'ont pas accepté qu'elles gardent leurs enfants, qu'elles ont elles-mêmes rejetés ou maltraités » (extrait d'une interview accordée au Festival d'Avignon). Voilà un spectacle choc conçu par la Rwandaise Dorothée Munyaneza, partie au plus près d'une réalité parfois méconnue. En découle une proposition forte en émotions, construite en différentes séquences qui certes partent de témoignages réels, mais qui construisent un récit artistique entre théâtre, musique (le travail sur le son est remarquable) et danse.

À l'Hexagone (Meylan) les 12 et 13 décembre


L'arbre en poche

Claire Diterzi et Le Petit Bulletin, c'est une histoire d'amour forte entamée il y a plus de dix ans lorsqu'elle sortit son premier album solo Boucle. Claire Diterzi et le public français, c'est une histoire d'amour contrastée, l'auteure-compositrice-interprète n'ayant jamais accédé au statut d'icône de la chanson française auquel elle pourrait pourtant prétendre. Qu'importe : on sera toujours là pour écrire que c'est l'une des plus grandes chanteuses françaises de ces dernières années. L'histoire jugera. En attendant, on ira découvrir avec intérêt cette proposition présentée comme un spectacle à la croisée des genres – « librement inspiré de certains thèmes du roman Le Baron perché d'Italo Calvino, L'Arbre en poche réunit sur le plateau, aux côtés de Claire Diterzi, un contre-ténor, un comédien, un acrobate et six percussionnistes ».

Au Grand Angle (Voiron) le 23 janvier


Festen

La pièce sera créée en novembre à Annecy : nous ne pouvons donc pour l'instant pas en dire grand-chose, si ce n'est qu'elle nous intrigue fortement. Soit le metteur en scène Cyril Teste, adepte d'un théâtre très contemporain axé sur la vidéo, qui monte sur le plateau ce film danois culte (et très fort) sorti en 1998. « Tout le monde a été invité pour les soixante ans du chef de famille. Christian, le fils aîné, est chargé par son père de dire quelques mots au cours du dîner sur sa sœur jumelle, Linda, morte un an plus tôt. Personne ne se doute de rien quand il se lève pour faire son discours et révéler de terribles secrets. » On vous en dira plus après notre voyage à Annecy.

À la MC2 du 23 au 27 janvier


Artefact

Directeur du CDN jeune public de Lyon, Joris Mathieu a poussé son processus de désincarnation de l'acteur à son paroxysme puisqu'il n'y en a plus dans Artefact. C'est le spectateur qui bouge au gré des installations ultra-techniques disposées sur le plateau. Où une imprimante 3D construit de mini décors de théâtre, et un bras articulé tente d'inventer une scène en débitant du Shakespeare. C'est là que l'émotion affleure : quand la machine plante à trop vouloir remplacer l'humain.

À la MC2 du 6 au 10 février, dans le cadre de la biennale arts-sciences Experimenta


Bigre

Voici une hilarante comédie sans paroles sur l'ultra moderne solitude. Soit un trio de comédiens (emmené par l'épatant Olivier Martin-Salvan) qui, chacun cloîtré dans son studio grand comme un mouchoir de poche (la scénographie est remarquable), cherche quelques grammes de bonheur dans une marée de petites misères. C'est hilarant. Et quelle fin !

Au Théâtre municipal de Grenoble les 1er et 2 mars


Réparer les vivants

Attention à ne pas confondre avec la version auréolée de succès au off d'Avignon et aux Molières d'Emmanuel Noblet. C'est ici Sylvain Maurice, directeur du CDN de Sartrouville, qui propose une adaptation très aboutie de ce roman de 2013 signé Maylis de Kerangal bientôt exploité jusqu'à la moelle ose-t-on à peine écrire. Cela tient en grande partie à son acteur Vincent Dissez qui, sur un tapis roulant, livre un exercice physique à la hauteur de l'intensité du texte centré sur le cœur d'un jeune ado décédé qui va être greffé à une autre patiente. Et la partition live ainsi que les lumières d'un certain Éric Soyer (fidèle de Pommerat) apportent un indispensable souffle à ce récit effréné.

À l'Hexagone (Meylan) du 6 au 9 mars


C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde

Et voici un spectacle sur les difficultés à devenir mère, rôle pas naturellement évident. « On a voulu fouiller cet état où notre intimité se débat dans des normes sociales et des discours de spécialistes, où nos modèles côtoient des figures morales et des fantasmes terrifiants. Et il paraît que c'est pour la vie » écrivent Les Filles de Simone en note d'intention. En découle un spectacle tout sauf didactique ou moralisateur, au contraire ! Sur scène, les deux comédiennes s'amusent de différentes situations (les discussions employeur–femme enceinte, les discours moralisateurs de certains sur l'éducation…) tout en convoquant par moments différentes paroles d'intellectuelles pour un savoureux et très drôle moment de théâtre.

À la Rampe (Échirolles) le 7 mars


Nachlass, pièces sans personnes

Dans ce théâtre sans acteur, à vous de déambuler au gré des huit pièces fermées par autant de portes au-dessus desquelles défilent les secondes. Pas question de rentrer de façon impromptue car derrière se dévoilent des histoires d'hommes et de femmes qui racontent leur mort prochaine, imminente ou pas. Prenez place alors dans leur intérieur et leurs souvenirs, ouvrez les tiroirs, touchez leurs objets. Souvent très émouvant, rarement anecdotique, le travail des Suisses du Rimini Protokoll répond précisément à la question de ce qui reste quand l'humain part : nach (après), lassen (laisser).

À la MC2 du 21 au 25 mars


Françoise par Sagan

Caroline Loeb, que l'on a connue il y a trente ans avec le tube C'est la ouate, est aussi comédienne. La preuve avec ce seule-en-scène où elle incarne (au sens littéral du terme, grâce à un important travail de mimétisme) l'auteur de Bonjour tristesse. À partir de diverses interviews, elle livre un monologue passionnant (c'est un festival de bons mots et de punchlines, qu'on aurait envie de tous noter) qui s'approche au plus près de la grande Sagan.

Au Théâtre municipal de Grenoble le 22 mars


Comment va le monde ?

Voici un drôle de spectacle entre clown et théâtre interprété par Marie Thomas. Un seule-en-scène, déjà vu l'an passé à la Faïencerie, dans lequel la comédienne s'amuse avec la langue pour emmener le spectateur vers un monde poétique et plus politique qu'on ne l'imagine. Et ce grâce au texte d'une grande richesse du clown québécois Sol de Marc Favreau, bourré de jeux de mots et de réflexions poétiques – comme « si tous les poètes voulaient se donner la main, ils toucheraient enfin des doigts d'auteur ». Une très belle réussite.

Au Théâtre en rond (Sassenage) le 6 avril

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter