Rachid Taha : "Sincèrement, on vous a prévenu"

Festival 6e Continent | Rockeur adepte des sons électroniques dès la première heure, moderniste enregistrant des albums consacrés au répertoire chaabi ou raï, bringueur parfois limite ou phénomène de scène dingue d’Elvis, chroniqueur avisé de notre époque, Rachid Taha est un caméléon, une utopie et un manifeste à lui tout seul.

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Photo : © DR


Au début des années 80, quand vous avez commencé avec Carte de Séjour, vous écoutiez les Talking Heads, produits par Brian Eno, ou The Clash. Aujourd'hui, ce même Brian Eno, ou Mick Jones, vous appellent pour travailler avec vous : comment le ressentez-vous ?
Je le ressens d'une manière tout à fait normale, sans être prétentieux, mais quand j'ai commencé à Lyon avec Carte de Séjour, j'étais sûr que j'allais les rencontrer, que je travaillerais avec eux un jour ou l'autre. C'est arrivé. Et l'histoire continue : j'avais très envie de bosser avec Damon Albarn. Et nous allons tourner ensemble au mois de juillet. Tous ces gens avec qui je rêvais de travailler, je les ai eu : c'est super.

Brian Eno, comment s'est passé la rencontre ?
Il m'a appelé. Il travaillait justement avec Damon Albarn et il voulait faire une voix avec moi, pour un album à l'occasion des Jeux Olympiques en Grèce, en 2004. Moi j'étais fan et ça faisait longtemps que je voulais le rencontrer. Comme avec Robert Plant, aussi.

Vous avez d'ailleurs travaillé sur votre dernier album, Zoom, avec Justin Adams, lui-même collaborateur de Robert Plant.
Voilà ! La belle histoire continue.

En parlant de Damon Albarn, vous vouliez vous inspirer de son projet Africa Express pour travailler autour du raï ?
Oui, ça va s'appeler Transe Raï Express. Je suis en train de réunir les musiciens, ce sera vraiment transe ET raï. Je vais trouver des petits jeunes de la nouvelle génération du raï, parce que la nôtre, certains sont has-been, d'autres ne se sont pas renouvelés, voyez. Donc il y aura des petits nouveaux que je cherche en Algérie, à Marseille...

Qu'est-ce qui s'est passé avec le raï au tournant des années 90 pour qu'il disparaisse ainsi ?
Le drame, c'est qu'il s'est tué par lui-même : il s'est suicidé. Il ne s'est pas renouvelé, il n'y a plus que des imitateurs. Actuellement, vous n'avez que des imitateurs de Khaled ou de Rachid... On ne peut pas faire une carrière ou créer un buzz avec des imitations.

Dans cette jeune scène, est-ce que Sofiane Saidi vous interpelle ?
Sofiane Saidi bien sûr, et aussi Mohamed Lamouri que j'ai trouvé dans le métro, qui fait du raï-rock à la Alan Vega, avec juste un petit clavier qui mesure 50 cm. Il joue sur la ligne 2 à Paris avec, et c'est génial.

À Lyon, étiez-vous en contact avec la vivace scène maghrébine autour de la place du Pont, comme Omar El Maghrebi, Amar Staifi ?
Non, moi j'étais rock'n'roll. J'étais Killdozer avec Robert Lapassade, Marie & les Garçons, Electric Callas, ce sont ces groupes-là moi ! Ganafoul, Factory... Je ne suis alors pas du tout raï, je suis punk et rock. Aucun lien avec cette scène-là.

Carte de Séjour s'est séparé à Berlin, le jour de la chute du Mur ?
En 1989. Je me rappelle, on était à Kreuzberg, on était là, on devait jouer... Et voilà !

Votre avis sur Acid Arab et toute cette scène électro-Arabe, dont vous êtes précurseur dès 1993 et votre album Olé Olé ?
Acid Arab, je bosse avec. Et c'est mon clavier, Kenzi Bourras, qui joue avec eux ! On pourrait appeler ça le canal Rachidien. Mais je travaille aussi actuellement avec Goran Bregovic comme avec Destroy Man.

Vous qui avez toujours eu un regard acéré sur la politique française vis à vis de l'immigration, vous devez être désabusé, aujourd'hui ?
Sincèrement, on vous a prévenu. Vous n'avez qu'à lire nos premières interviews dans les années 80 dans Actuel, dans Libération : je disais ce qui allait se passer. Je leur disais aux politiques, vous êtes en train de préparer une génération... Alors que nous, on voulait une société républicaine et laïque. Les politiques ont pris un autre chemin, des gens comme SOS Racisme font partie de cette erreur industrielle. On a encore beaucoup du boulot.

Et Harlem Désir qui...
Oh... me parle pas de ces gens-là.

Vous dites que les conseillers d'orientation ont la responsabilité ce qui se passe aujourd'hui.
Exactement. Sous prétexte que l'on était issu de la classe ouvrière, ils n'ont jamais voulu que l'on prenne un autre chemin. Ils ne nous ont jamais orienté vers des métiers d'avocat ou dans la culture, dans la danse, dans la musique. Il a fallu que l'on se fasse nous-mêmes. Quand vous allez en Suède, que l'on parle de Zlatan, on dit que c'est grâce à l'immigration. En France, l'immigration ce sont aussi des mecs comme Zidane, comme Benzema. Quand on est bon, on est français. Quand on fait une connerie de gamin comme Benzema, on ne le sélectionne pas, on est un immigré. Ce sont des grosses erreurs que fait la société française.


Festival du 6è continent

Rachid Taha + Brain Damage + The Fat Bastard gang band + MPS Pilot + Tactical Groove Orbit + Omar & mon accordéon
Parc de Gerland Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Humour | Pour son troisième one man show, Réda Chéraitia livre un vrai-faux portrait de lui-même, ne s’épargnant pas et avec quelques piques bienvenues sur l’époque.

Nadja Pobel | Dimanche 22 août 2021

Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Voilà donc qu’il est vieux. Quadra (pas plus), le comédien entame son seul en scène par une entrée physique et tonitruante qui le met à genoux. Et de décliner ce qui se déglingue dans le corps tout en assumant le vocabulaire que les natifs du XXIe siècle ne peuvent pas comprendre, du temps où l’on faisait ses courses chez Mammouth, où l’on circulait en Renault 12 et où les Roms étaient des Romanichels. De sa vie « simple », il va pourtant tordre la réalité pour tenter le gore d’une adoption de lépreux et voir jusqu’où le public peut suivre. Et ça va loin. À l’image de ce que peut jouer Blanche Gardin, que le comédien cite volontiers comme référence à l’issue de la représentation. « L’âge n’a aucune importance » lui a dit un prof de théâtre. Il s’en souvient dans ce spectacle comme de ces trois années passées au Conservatoire régional de Normandie — cette ligne de son CV revient-là comme un gimmick. Et c’est aussi une façon de montrer qu’il ne s’enferme pas dans une case, puisqu’il ne cesse d’alterner les one-man (son précédent, Stand by, créé il y a dix ans tourne encore) avec du théâtre musical comme Ceci n'est pas un

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Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Street Art | Peinture Fraîche sera de retour à la Halle Debourg du 1er au 31 octobre 2021, pour une troisième édition sous le signe des nouvelles technologies, de l’écologie, des regards féminins et de l’abstraction. Les premiers noms viennent d’être dévoilés.

Sarah Fouassier | Mardi 29 juin 2021

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Le lieu du festival reste inchangé, mais la programmation sera, elle, entièrement renouvelée : vingt artistes locaux se joindront à vingt artistes internationaux et nationaux pour repeindre les murs de la Halle Debourg. La réalisation de chacune des œuvres sera filmée puis timlapsée — c’est-à-dire accélérée, afin de montrer au public, en quelques secondes, les conditions de réalisation. Ainsi seront dévoilées toutes les étapes du processus de production d’une œuvre. Ces vidéos seront visibles sur nos téléphones à l’aide de la réalité augmentée. Parmi les premiers noms révélés, on retrouve le Belge Ceepil et ses animaux en bandes qui paraissent comme emprisonnés dans une condition dont ils ne maîtrisent pas la destinée. L’Espagnol Angel Toren fera vivre au public une véritable expérience optique et numérique. Ses peintures murales mêlent tradition et innovation en jouant sur les lettrages, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Le Suisse Ygrek installera l’une de ses créations typographiques sur fil de fer qu’il expérimente depuis 2012, tandis que le Danois Dais

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Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

Food | L’inclusion et l’anti gaspi comme lignes directrices. En juin dernier, le collectif citoyen Graille installe pour la première fois sa cuisine éphémère dans un camp de réfugiés. Depuis, il officie en rue ou dans les squats pour cuisiner avec et pour les personnes en situation de précarité.

Louise Grossen | Mercredi 30 juin 2021

Graille : cuisine itinérante au profit des plus démunis

« On pose nos cuisines dehors trois fois par semaine, dans des lieux qu’on a repérés avant et que l’on sait dans le besoin. Les chefs élaborent les menus à partir d’invendus collectés dans la région et supervisent leur brigade de bénévoles. C’est une vraie fourmilière solidaire, et ça fait du bien » nous explique Amina Bourara, qui a rejoint le collectif Graille quelques mois après sa création. Parmi les cheffes qui offrent leur temps et leur expertise : Marion Casu et Julie Tarene côté patisserie, ou encore Emily Dader et Margaux Cohendet pour la cuisine. « Et ça, c’est une chance incroyable. D’abord, on a des menus bons et travaillés. Ensuite, c’est un vrai créateur de lien social. » Graille ne se contente pas de cuisiner pour les bénéficiaires des repas, mais les inclut au process, et ça change tout. Le collectif fait coup double, ou plutôt triple, en alliant lutte contre la précarité alimentaire, mêlée à l’anti gaspillage et à la solidarité : « la cuisin

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Documentaire | Ce 5 mai sort "The Big Picture, le documentaire", réalisé par Julien Peultier, guitariste de Last Train, sur l'enregistrement du deuxième album du groupe en Norvège. Il nous raconte le pourquoi et le comment de ce film qui, en relatant les affres de la création collective, célèbre la belle amitié de quatre collégiens devenus l'un des rock band les plus importants du circuit indé français.

Stéphane Duchêne | Mercredi 5 mai 2021

Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Last Train semble documenter beaucoup de choses sur sa vie de groupe, mais comment en êtes-vous arrivés à ce documentaire ? Julien Peultier : Je documente tout ce qui se passe avec Last Train depuis assez longtemps, en tournée notamment. D'ailleurs ce n'est pas toujours évident, j'ai parfois envie de me poser dans le van et de ne rien faire. Du coup, quand on est parti enregistrer The Big Picture en Norvège on a emmené avec nous Hugo Pillard qui fait des clips pour Fauve, Pomme, Tim Dup et c'est lui qui a fait ce travail de documentation. C'était très important que ce soit fait par quelqu'un d'extérieur, parce que je devais me concentrer sur l'enregistrement et le studio. Au finale, on avait pas mal de rushes, dont j'avais pu utiliser une petite partie dans le clip de The Big Picture, le morceau titre de l'album. L'idée du documentaire est venu d'une commande du Main Square Festival qui a donné carte blanche aux artistes pendant la pandémie l'an dernier. L'idée c'était de produire un contenu pour la Main Square TV sous une forme libre. On a réfléchi

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Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

Festival | Et si le monde d'après commençait le 25 juin en l'antique théâtre de Vienne avec pour bande-son un peu (beaucoup) de jazz ? Alors que sonne la débandade au royaume des festivals estivaux, Jazz à Vienne veut y croire en dévoilant une programmation à l'ancienne avec de vrais musiciens à présenter à un public en chair et en os. Les promesses n'engageant que ceux qui y croient, eh bien on y croit. Un peu.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 avril 2021

 Jazz à Vienne dévoile sa programmation 2021, malgré les incertitudes

18 soirées, trois hommages, huit cartes blanches, voilà ce que nous promet Jazz à Vienne pour son édition 2021 placée sous le signe de la « relance », du « combat », et de la « générosité ». Il faudra au moins ça pour que le festival débute bien le 23 juin (prochain, pas 2022) et se termine comme une fleur le 10 juillet. Ça, de bonnes doses de vaccins et accessoirement de chance aussi. Car quand on dit « voilà ce que nous promet Jazz à Vienne », il faut bien admettre qu'il s'agit davantage d'un vœu pieu déguisé en promesse de la part d'un événement malgré tout conscient du caractère incertain de l'avenir quand on se trimballe un présent pareil. Mais enfin bon puisque programmation il y a, alors parlons de programmation sans nous attarder, ça nous changera, sur les moyens de la mettre sur scène cet été et devant un public avec ça. Tout commencerait donc le 23 juin avec une soirée qui commence à trouver le temps long puisque déjà prévue pour l'an dernier : celle de l'ouverture qui accueillera le petit fiancé de Jazz à Vienne, Jamie Cullum, et

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De Lascaux à Lasco

Street Art | Scientifique le jour, street artiste la nuit, Lasco peint le passé sur les murs du présent. Inspiré par l’art pariétal du Paléolithique, il sort de la grotte les trésors d’il y a des milliers d’années pour les emmener dans la rue. Rencontre.

Manon Ruffel | Mardi 10 novembre 2020

De Lascaux à Lasco

D’où vient cette passion de la préhistoire et de l’art pariétal ? C’est l’addition de plusieurs choses. Enfant, j’ai aimé découvrir cette période préhistorique à l’école, comme beaucoup d’autres. J’ai fait une formation scientifique, mais je vivais à côté d’une école d’art lyonnaise, donc j’ai fréquenté pas mal d’artistes. Mes études et mon métier [NdlR : en recherche scientifique] m’ont permis de découvrir des grottes ornées et non-ornées. Avoir la chance de voir ces dessins de 20 ou 30 000 ans, ça m’a ému. Le street art préhistorique m’est apparu il y a quatre ans presque comme une évidence. Pour moi, le côté scientifique et artistique font sens ensemble. Je suis conscient qu’il n’y a pas la même charge émotionnelle quand on voit mon dessin et quand on est dans une grotte de 20 000 ans, mais je trouvais intéressant de vulgariser l’art pariétal, à la fois sur le plan artistique et scientifique. Justement, il y a dans votre travail et sur vos réseaux un aspect pédagogique. Est-ce important pour vous de transmettre, de vulgariser l’art pariétal à travers le street art ?

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Trois fois Vivement Dimanche

Librairie | « L'Ainée, la Cadette et la Benjamine », ce n'est pas le titre d'une exégèse des Trois sœurs, ni une version des Quatre filles du Docteur March (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 22 octobre 2020

Trois fois Vivement Dimanche

« L'Ainée, la Cadette et la Benjamine », ce n'est pas le titre d'une exégèse des Trois sœurs, ni une version des Quatre filles du Docteur March amputée d'une des leurs. Mais bien la nouvelle appellation des trois adresses où siège la librairie Vivement Dimanche, suite à une réorganisation de ses espaces. L'Aînée, c'est la librairie historique, le vaisseau amiral de la rue du Chariot d'Or où l'on feuillette littérature, sciences humaines et BD, La Cadette se tient Grande rue de la Croix-Rousse à l'emplacement de l'ancien espace jeunesse et accueille les rayons Beaux-Arts et Vie pratique (vous suivez toujours ?). Quant à la Benjamine, elle est logiquement dévolue à la jeunesse et s'étale sur trois étages. Un coup de jeune qui s'accompagnera d'une nouvelle signalétique et d'enseignes harmonisées. Vous ne viendrez plus chez elle par hasard.

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Le Festival Peinture Fraiche prolongé d'une semaine

Street Art | Initialement prévu jusqu’au 25 octobre et malgré une édition chamboulée par les dernières annonces gouvernementales, le festival Peinture Fraîche est prolongé d'une (...)

Manon Ruffel | Mardi 20 octobre 2020

Le Festival Peinture Fraiche prolongé d'une semaine

Initialement prévu jusqu’au 25 octobre et malgré une édition chamboulée par les dernières annonces gouvernementales, le festival Peinture Fraîche est prolongé d'une semaine. L’occasion pour les retardataires de découvrir pendant encore quelques jours les cinquante street artistes français et internationaux qui ont investi la Halle Debourg, cet ancien entrepôt de fret-triage du 7e arrondissement transformé en parcours de street art pour l’occasion. Vous pourrez donc déambuler à travers les différentes expositions d’œuvres dont plusieurs prennent vie grâce à l’application de réalité augmentée, et vous prêter aux jeux des ateliers interactifs et autres murs d’expression libre jusqu’au dimanche 1er novembre.

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Peinture Fraîche fait fusionner créativité et technologies

Street Art | Cette deuxième édition de Peinture Fraîche (co-organisé par Le Petit Bulletin) tient ses promesses : nouvelles technologies, profusion d’œuvres sur divers supports et parcours renouvelé sont au rendez-vous. Une visite inédite qui convoque la réalité augmentée et ravira les amateurs de street art.

Sarah Fouassier | Mercredi 7 octobre 2020

Peinture Fraîche fait fusionner créativité et technologies

Il en fallait du courage et de la volonté pour maintenir cette seconde édition du festival Peinture Fraîche. Malgré les quelques modifications et annulations occasionnées par la crise sanitaire, la grande célébration du street art a bien lieu jusqu’au 25 octobre. En tant que premier événement culturel d’envergure de cette rentrée, l’équipe a donné le ton dès les premières heures avec une inauguration masquée et distanciée en présence des partenaires, de la presse et des élus locaux. Cette épreuve du feu a rassuré les organisateurs quant à la capacité de chacun à respecter les règles du nouveau monde : on ne se colle pas au voisin, on boit et on mange assis, on se désinfecte les mains à l’entrée et on ne porte pas le masque sous le nez mais bien au-dessus. Des règles peu réjouissantes, mais auxquelles le secteur culturel doit se plier s’il veut survivre. Une survie qui ne se fera pas sans le public qui se montre plutôt timide sur l’ensemble des manifestations culturelles. Alors, lorsqu’un événement se maintient il est important, voire militant de s’y rendre ! Au prix de 5€ la visite d

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Traces : histoires de migrations

Biennale | Il était une fois un bailleur social lyonnais, Aralis, qui voulait rendre visible les enjeux de l’immigration. Vingt ans plus tard, la Biennale Traces a considérablement grandi et propose 150 temps forts sur toute la région pendant deux mois. Dont trois jours dédiés à Carte de Séjour et Rachid Taha.

Nadja Pobel | Mercredi 7 octobre 2020

Traces : histoires de migrations

Le programme est dense. Impossible à résumer, tant cette Biennale Traces est au carrefour de différentes composantes : l’approche culturelle et artistique, les sciences sociales et les actions militantes. Pour raconter quoi ? Des histoires d’immigration, de migrations. « Au départ, il était question de la mémoire des immigrés venus participer à la reconstruction industrielle de la France, ils étaient un peu oubliés. Puis le terme a glissé et le discours public s’est mis à parler des "migrants" vers 2015, 2016 » analyse Marina Chauliac, « avec un léger précédent au moment du Printemps arabe où la figure du migrant devient médiatique » complète Philippe Hanus. « Désormais les gens passent, traversent et surtout ce n’est plus une migration de travail. L’enjeu est la place qu’on leur fait, où on les héberge » poursuivent ces deux chercheurs, elle en anthropologie, lui en Histoire — qui sont aussi membres du bureau de l'association Traces. Ces gars de Rillieux Cette Biennale n’a pas vocation à enchaîner les colloques. « La

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Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Food | Reconversion, réflexion, cuisson et le tout avec raison : Guillaume Wohlbang et Juliette Plailly fondent le traiteur d'aujourd'hui, zéro déchet et circuit court, avec les Dames de la Cantine. Jusqu'au 25 octobre à Peinture Fraîche.

Adrien Simon | Jeudi 8 octobre 2020

Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Le changement c’était maintenant : d’aucuns en cuisine n’ont pas attendu la promesse d’un monde d’après pour effectuer leur mue. Il y a bien sûr cette lame de fond bio-healthy-locale, mais pas que ! Nouveaux chevaux de bataille : l’anti-gaspi et le zéro déchet. Un questionnement qui touche notamment la livraison de repas, les gros du secteur ayant été enjoints par le ministère de l’Écologie à se pencher sur ses détritus. Mais aussi la haute-gastronomie : ainsi l’exemple de Mauro Colagreco qui a engagé son resto triple étoilé de la Côte sur la voie du plastic free. La vue de plages souillées au Mexique l’aurait sensibilisé sur cette question. Entre les industriels et les étoilés, il y a de petites structures qui prennent le sujet à bras le corps. Tenez, par exemple, Les Dames de la Cantine (dont Le Petit Bulletin est actionnaire minoritaire), en charge de la restauration durant les trois semaines du festival Peinture Fraîche. Les Dames en question sont en quelque sorte un produit de la précédente édition du festival : déjà sollicitées pour susten

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Theo Haggaï ou la solidarité sans faille

Street Art | Il est hypersensible, intuitif, utopiste (mais les pieds sur terre), indigné par les injustices, en colère. Son remède ? Dessiner, traiter de sujets graves en s’amusant (ou l’inverse) et délivrer un message de solidarité. Portrait.

Julie Hainaut | Jeudi 8 octobre 2020

Theo Haggaï ou la solidarité sans faille

Il ne se considère pas comme un street artist, mais comme un touche-à-tout, un artiste multidisciplinaire qui dessine partout, quand ça lui chante, peu importe le support. « J’ai du mal avec le terme de ‘’street art’’ parce que je passe plus de temps chez moi que dehors, à créer, penser, imaginer. Je m’adapte à toutes les surfaces. Il faut juste que ça m’amuse et que ça ait un sens » explique Théo Haggaï. Il traite de sujets qu’ils considèrent « normaux » et qui devraient révolter « absolument tout le monde » : le racisme, l’homophobie, le réchauffement de la planète, la guerre, l’exil… « Je suis constamment en colère. Il me paraît normal de s’indigner contre les discriminations. Quand je vois des gens s’opposer ou tempérer une cause, ça me tord le bide. » Alors il dessine. Des personnages (non genrés) qui essaient de sauver la terre par tous les moyens, d’autres qui pleurent la mort de Georges Floyd, d’autres qui, exilés de leur terre, cherchent la liberté (en vain). Des mains qui s’empoignent, aussi, preuve de la nécessité de la solidarité. Les traits sont simples, minimalistes, fins, ronds, profonds, dram

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Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

Librairie | Michel Descours lâche sa galerie et recentre son activité de marchand d'art à Paris, mais la librairie affiliée continuera d'organiser des expositions. Explications.

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 septembre 2020

Librairie Michel Descours : plus de galerie... mais des expos

En juin dernier, la Librairie Michel Descours, spécialisée dans les arts, a mis un terme à son activité de galerie – entendre par là de vente d'art. Michel Descours ayant ouvert une galerie à Paris sur laquelle il entend recentrer cette activité. C'est donc la librairie, jusqu'ici secondaire, qui va constituer le gros de l'activité lyonnaise, sous l'impulsion de Gwilherm Perthuis, passé de la galerie à la librairie il y a un an en... traversant la rue (comme quoi...). Mais cela ne signifie pas que les expositions vont pour autant déserter le lieu. Comme nous l'explique Gwilherm Perthuis, « pendant au moins un an, le temps d'expérimenter des projets variés, la librairie impulsera des projets d'expositions ». Une manière de prolonger l'activité librairie autour des « liens entre l'image et la littérature ». Chaque mois, Descours proposera un rendez-vous à la galerie qui présentera des formes plastiques, des archives, des documents, des estampes... C'est

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Fatale carapate : "J’irai mourir dans les Carpates" d'Antoine de Maximy

Comédie | Une mise en abyme pas dénuée d'intérêt signée Antoine de Maximy, aventurier star de la télévision où il anime "J’irai dormir chez vous".

Vincent Raymond | Mercredi 16 septembre 2020

Fatale carapate :

En tournage dans les Carpates de son émission J’irai dormir chez vous, Antoine de Maximy est victime d’un accident mais son corps n’est pas retrouvé. Flairant quelque chose de suspect, sa monteuse entreprend de reconstituer son parcours à l’aide des cassettes rescapées… L’idée de cette vraie-fausse disparition aurait-elle germé chez Maximy pour se démarquer de la funeste destinée de Philippe de Dieuleveult, son devancier globe-trotteur télévisuel lui aussi tout de rouge vêtu ? Elle débouche en tout cas sur un film ambivalent. D’un côté, un intéressant objet conceptuel sur la sémiologie de l’image (et sur ce que son contenu, authentique ou fictionnalisé, révèle) racontant via un faux film-footage la construction d’une émission grâce au montage autant que les coulisses d’une prod télé lambda. De l’autre, une comédie sentimentalo-policière un brin laborieuse pour envelopper cette mise en abym

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Science infuse : "Dans un jardin qu'on dirait éternel" de Tatsushi Ōmori

Comédie dramatique | À Yokohama, les jeunes Noriko et Michiko décident de suivre l’enseignement prodigué par Madame Takeda : le rituel de la cérémonie du thé. Une tradition codifiée, gravée dans le marbre du temps que Noriko respectera durant des décennies et qui va étonnamment guider sa vie…

Vincent Raymond | Jeudi 27 août 2020

Science infuse :

La regrettée Kirin Kiki semblait faire dans ses dernières années grand cas des questions de transmission de culture gastronomique : n’était-elle pas dépositaire des secrets des dorayaki — ces savoureux gâteaux à la pâte de haricot rouge — dans Les Délices de Tokyo (2014) ? Tenant à la fois du marqueur social et de la symbolique de l’attachement à l’identité nippone dans ce qu’elle a de plus profond, le rite culturel de la préparation du thé est aussi une leçon de philosophie appliquée : comment une activité aussi anodine en apparence, presque triviale dans sa répétition, peut-elle remplir une existence au point de l’épanouir ? Justement parce que celles qui s’y consacrent atteignent à une forme de perfection, de grâce absolue, d’oubli d’elles-mêmes par la dévotion suprême à leur art. Au fond, ce n’est pas tant la liturgie du thé qui est enseignée, mais l’accomplissement de l’effacement et la transmission de ce savoir. Tatsushi Ōmori illustre dans sa mise en sc

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La firme des animaux : "The Hunt"

Thriller | Un groupe de nantis issus d’une même société kidnappe des citoyens apparemment ordinaires pour en faire les cibles d’un safari géant. Mais l’une des proies leur échappe. Un scénario d’anticipation cauchemardesque, une cinglante critique contemporaine. Orwellien et captivant.

Vincent Raymond | Mercredi 24 juin 2020

La firme des animaux :

Longtemps sur la ligne du rasoir — ce qui, au demeurant, est assez cohérent avec sa tonalité saignante —, The Hunt bascule finalement du côté d’une sortie dans les salles obscures. Précisément dès leur réouverture. On pourrait croire à de l’opportunisme d’Universal eu égard à la situation actuelle des États-Unis, au bord de l’explosion à la suite de l’assassinat de George Floyd et des escalades provocatrices de Donald Trump. Pourtant, ce que le film imagine n’est rien d’autre qu’une extrapolation horrifico-satirique de l’état réel d’une société clivée jusqu’à la moelle, où l’hypocrisie d’un politiquement correct de façade peine à masquer les pulsions ségrégationnistes des dominants. Pulsions sans limites, grandissant autant que la fortune et l’hybris des ploutocrates. Du plomb dans la cervelle Reprenant ici sous la bannière Blumhouse le principe des Chasses du Comte Zaroff (1932) — depuis décliné sous bien des formes jusqu’à

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La Biennale d'Art Contemporain repoussée à 2022

Art Contemporain | Conséquence du report de la Biennale de la Danse au printemps 2021 : tel un domino, la 16e Biennale d'Art Contemporain, initialement prévue en septembre (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 20 mai 2020

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Conséquence du report de la Biennale de la Danse au printemps 2021 : tel un domino, la 16e Biennale d'Art Contemporain, initialement prévue en septembre 2021, est repoussée à son tour à septembre 2022. Selon un communiqué publié par l'équipe de la Biennale, « la situation sanitaire internationale actuelle ralentit considérablement les possibilités de résidences et de productions, les interactions entre les projets artistiques et le monde économique, et les collaborations avec le tissu associatif. Dans ce contexte particulier, ce report s’impose afin de préserver la qualité des liens entretenus avec les artistes qui fait la renommée de la Biennale de Lyon. » Pas de changement du côté des commissaires invités, qui continuent d'œuvrer sur cette Biennale repoussée : Sam Bardaouil et Till Fellrath restent présents dans l'a

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Peinture Fraîche déplacé en octobre

Street Art | Peinture Fraîche maintient la majeure partie de sa programmation et déplace ses dates à octobre.

Sébastien Broquet | Mardi 12 mai 2020

Peinture Fraîche déplacé en octobre

Le festival de street art Peinture Fraîche, qui devait se dérouler initialement en mai et a été reporté suite à la pandémie de Covid-19, a fixé ses nouvelles dates : ce sera du vendredi 2 au dimanche 25 octobre 2020, toujours au même endroit, la Halle Debourg dans le 7e arrondissement de Lyon. Le programme est en cours d'ajustement, mais la présence de toutes les principales têtes d'affiche est confirmée : ainsi, il sera possible d'admirer sur place les œuvres de Adam Fujita, Ben Eine, Alber, Bond Truluv, Astro, Soda, The Blind et El Pez. De même, tous les artistes locaux ont confirmé leur présence lors de cette seconde édition du festival née sous l'égide d'une collaboration réunissant l'association Troi3 et Le Petit Bulletin. Pour en savoir plus sur la programmation de cette seconde édition de Peinture Fraîche, c'est par ici.

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Les démons intérieurs de Lorraine de Sagazan

Théâtre | "Démons", de la metteuse en scène Lorraine de Sagazan, est désormais accessible en ligne gratuitement sur le Vimeo de la Comédie de Valence : parfait pour patienter en attendant la réouverture des théâtres.

Nadja Pobel | Mercredi 20 mai 2020

Les démons intérieurs de Lorraine de Sagazan

« Je te tue ou tu me tues », ne pas pouvoir rester un soir de plus en face de l'autre et être infoutu d'être seul. Lars Norèn, en 1984, convoque l'enfermement — soit un couple qui ne se supporte plus mais s'aime tout autant. Pour que l'air puisse continuer à circuler en cette soirée banale, il invite un couple de voisins. Adapté notamment par par Ostermeier, cette pièce a été la matière pour que la metteuse en scène Lorraine de Sagazan puisse exposer la pertinence de son travail : en bi-frontal, en incluant le public, ses personnages principaux sont pris au piège de leur dualité. Elle y incorpore des morceaux de leurs vies de trentenaires sans que ça tourne au nombrilisme mais au contraire à un grand numéro d'équilibrisme. Drôle, fluide, enjoué aussi (puisque la musique adoucit les mœurs, le Sara perché ti amo de Ricchi e Poveri, le Ten years gone de Led Zep traversent le spectacle), le spectacle créé en 2015, passé par La Manufacture à Avignon et Théâtre en Mai à Dijon, est désormais disponible en ligne gratuitement sur

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Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

Biennale d'Art Contemporain | La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mars 2020

Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil et l'Allemand Till Fellrath. Deux commissaires indépendants qui se sont rencontrés à New York et qui ont déjà signé ensemble plus d'une cinquantaine d'expositions à travers le monde, dont en France en 2016 au Centre Georges Pompidou l'originale Le Surréalisme en Égypte. Sam & Till se sont penchés aussi sur la scène moderniste du Moyen Orient, la jeune création iranienne, l'abstraction coréenne... « Ravis de cette invitation », les deux commissaires annoncent, dans le communiqué de presse de la Biennale, vouloir « faire dialoguer les diverses positions artistiques et culturelles que nous avons rencontrées au cours de ces années de pratiques indépendantes de par le monde, avec la scène artistique française. À l'occasion du trentième anniversaire de la Biennale, nous envisageons une manifestation amb

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Peinture Fraîche à l'avant-garde du street art

Festival | Peinture Fraîche a dévoilé sa programmation et son ambition de métamorphoser la Halle Debourg sous l’impulsion des nouvelles technologies. Un parti pris qui installe Lyon à l’avant-garde du street art.

Sarah Fouassier | Mardi 18 février 2020

Peinture Fraîche à l'avant-garde du street art

Lyon n'a jamais fait figure de ville novatrice en matière de street art. C'est ce que Peinture Fraîche s'évertue à changer depuis sa première édition. Si le lieu où se déroulera le festival se révèle inchangé, son contenu connaîtra des évolutions puisque la totalité de la programmation artistique est renouvelée. Seuls les artistes locaux invités lors de la première édition seront à nouveau conviés à montrer et à vendre leurs œuvres dans l’espace d’exposition. Ce qui favorise l’émergence d’un marché de l’art urbain lyonnais et la professionnalisation des artistes. Une initiative bienvenue dans un milieu où la rémunération de peintures dans l’espace public est rare. Qui seront les têtes d’affiche de cette édition 2020, et qu’espérer de ce Peinture Fraîche 2.0 ? Les nouvelles technologies seront sans aucun doute les invités d’honneur de ce festival puisque 80% des fresques seront animées grâce à la réalité augmentée, offrant aux visiteurs une double visite et une double lecture des pièces. L’usa

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123klan, premier nom pour Peinture Fraîche

Street Art | La programmation du festival de street art Peinture Fraîche sera annoncée le mardi 18 février. Mais un premier nom se dévoile déja, et il va provoquer l'impatience de tous les amateurs de graffiti oldschool et de graphisme : 123klan.

Sarah Fouassier | Mardi 11 février 2020

123klan, premier nom pour Peinture Fraîche

Klor et Scien, l'inséparable duo derrière le crew 123klan fera prochainement escale à Lyon. Le couple originaire de Dunkerque aura un emplacement de choix lors du festival Peinture Fraîche qui aura lieu du 1er au 17 mai. 123klan a changé la face du graffiti ainsi que l’usage des premiers iMac et du logiciel Illustrator à la fin des années 90. C’est grâce à l’utilisation du dessin vectoriel que le couple de vandales a inventé un nouveau style de graffiti et une toute nouvelle esthétique. Avec 123klan, la culture urbaine naissante a rencontré la technologie et le graffiti a fusionné avec le design graphique. Grâce à eux, l’esthétique B-Boy de la vieille école s’est vectorisée, et les lignes et blocs de couleurs sont devenus tranchants. Fatale graffiti Grâce au dessin vectoriel, le style 123klan se décline sur tous les supports (murs, stickers, posters, vêtements), pourvu qu’ils soient apparents

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Body Count et The Hives complètent la programmation

Felyn Festival | Le Felyn Festival dévoile de nouveaux noms, parmi lesquels Body Count emmené par Ice T.

Stéphane Duchêne | Jeudi 30 janvier 2020

Body Count et The Hives complètent la programmation

On connaissait déjà depuis novembre quelques noms de la programmation de ce drôle de "Stadium festival" que sera le Felyn en juin prochain au Parc OL. Avec les annonces de Bad Bunny, DJ Snake et Dadju (le 19 juin) le festival optait pour une orientation urban pop que venait compléter un dinosaure de la musique de stade en la personne des Red Hot Chili Peppers, icône de la fusion des années 90 taillé pour le gigantisme live, programmée le 20 juin. La deuxième vague d'annonce d'une programmation désormais complète confirme et infirme tout à la fois ces deux tendances. Avec le rap métal californien rageur du Body Count d'Ice T (autre emblème de la fusion 90's) ce sont là encore les années 90 et la touche urbaine – ainsi que la puissance de feu live – qui sont visées. D'une certaine manière on pourrait tenir

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Gavalda remix : "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part"

Drame | Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette (une prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte), Mathieu, employé timide et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Gavalda remix :

En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions (oui oui) de lecteurs — voire adulateurs — de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcément pourvues d’une gentilhommière en province ou en grande couronne, où l’on se rend pour les anniversaires d’ancêtres et la Noël (et les chamailleries afférentes). Il y a quand même une douce contradic

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Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un vrai bonhomme | Pour son premier long-métrage, Benjamin Parent s’aventure dans un registre peu coutumier en France : le “coming at age movie“ — une sorte de film d’apprentissage adolescent. Une jolie réussite dont il dévoile quelques secrets. Attention, un mini spoiler s’y dissimule…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Benjamin Parent : « J’avais envie de rendre un peu extraordinaire le quotidien »

Un thème commun se dégage de votre film Un vrai bonhomme et de Mon inconnue que vous avez co-écrit avec Hugo Gélin : l’uchronie, ou l’idée de permettre à des personnages d’accomplir des destinées alternatives. Est-ce délibéré ? Benjamin Parent : Pas du tout. Dans Mon Inconnue, l’idée d’uchronie vient d’Hugo ; j’ai essayé de développer la dramaturgie sur l’uchronie “la plus intéressante“. Je trouve que l’uchronie permet de raconter l’histoire d’une manière extrêmement drastique, avec ce truc d’inversion absolue des choses : “et si“ on pouvait rencontrer ses parents et qu’on se rendait compte que son père était un blaireau et que sa mère voulait nous choper, qu’est-ce qu’on ferait ? L’uchronie, finalement, c’est un pitch radical, qui permet plein de possibilités et un déploiement de l’imaginaire. Un vrai bonhomme, où le personnage de Léo est une extension de celui de Tom, permet également le déploiement de

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Je mets mes pas dans les pas de mon frère : "Un vrai bonhomme"

Comédie Dramatique | Un adolescent solitaire s’appuie sur le fantôme de son aîné pour s’affirmer aux yeux de ses camarades, de la fille qu’il convoite et de son père qui l’ignorait, perdu dans le deuil de son fils préféré. Une brillante première réalisation signée par le coscénariste de Mon Inconnue.

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Je mets mes pas dans les pas de mon frère :

Ado introverti ayant toujours subi l’aura solaire de de son frère Léo, Tom fait sa rentrée dans un nouveau lycée. Heureusement, Léo est là pour lui prodiguer encouragements et conseils. Sauf que depuis un accident de la route fatal à Léo, celui-ci n’existe plus que dans la tête de Tom… On ne divulgâche rien en dévoilant d’entrée le fait que Léo est ici un personnage imaginaire, puisque Benjamin Parent s’arrange pour lever toute ambiguïté à ce sujet dès la minute 18. Tout l’enjeu de son film n’est pas de fabriquer un mystère à la Shyamalan pour le public, mais d’inclure ce dernier dans la névrose de son héros ; de lui faire partager les affects d’un adolescent mal remis d'un traumatisme et croyant trouver par cet expédient le chemin de la résilience. Mon frère, ce halo Comédie, drame ? Disons dramédie bien tempérée, ce qui constitue un tour de force : rares sont en effet les films hexagonaux capables d’aborder la question adolescente sans s’abandonner à des récits d’amourettes (La Boum), à des pitret

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Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Institut Lumière | Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se (...)

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Joan Bennett, actrice pour Fritz Lang

Elle aurait soufflé 110 bougies en cette nouvelle année, marquant également les trente ans de sa disparition. La notoriété de Joan Bennett (1910-1990) se dilue sans doute aujourd’hui dans les replis du temps ; toutefois cette grande star des temps jadis demeure indissociable de la période américaine de Fritz Lang dont la rétrospective se poursuit gaillardement à l’Institut Lumière. On le vérifiera avec deux des quatre films qu’ils tournèrent ensemble durant les prolifiques années 1940, La Femme au portrait (1944) et Le Secret derrière la porte (1948). Deux films noirs imprégnés de références psychanalytiques — l’une des marottes de Lang, aficionado de Freud — où elle révèle des visages très opposés. Le premier film fait étrangement écho au Laura de Preminger, tourné la même année, ayant également trait à la fascination d’un homme pour un visage entrevu sur un tableau. Mais chez Lang, Bennett incarne une femme fat

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Polar partout...

Quais du Polar | Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 janvier 2020

Polar partout...

Si on ne sait pas ce que nous réserve la météo du printemps, on est sûr d'une chose : comme chaque année Lyon sera le temps d'un week-end ensevelie sous un raz-de-marée policier. Non pas que BAC et CRS déferleront dans les rues LBD en main (encore qu'on n'est pas à l'abri) mais parce que se tiendra l'événement littéraire le plus couru de la métropole : le gigantesque Quais du Polar, ses dizaines d'auteurs stars, ses multiples animations (grande enquête, dictée...), son ouverture à toutes les formes d'expression (cinéma, musique, séries, théâtre, gastronomie). Des noms ? Grisham, Pelecanos, Winslow, Khouri, Lisa Gardner, Craig Johnson, Leonardo Padura, Boris Quercia, Martín Caparrós, Valerio Varesi, Petra Hammesfhar, Michel Bussi, Fra

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La Librairie de la Place, ou le cœur à l’ouvrage

Librairie | Il est de ces lieux dans lesquels on pourrait passer nos journées à penser le temps qui passe. La Librairie de la Place est de ceux-là.

Julie Hainaut | Mercredi 11 décembre 2019

La Librairie de la Place, ou le cœur à l’ouvrage

Il faut parfois des années pour arriver à cette minute qui fait tout basculer. Celle de l’évidence. Celle qui fait réaliser à quel point on était étriqué dans la case où l’on s’était installé depuis tant d’années. Celle de Gaël Guilland et Ingrid Salle, alors respectivement expert-comptable et responsable marketing dans l’humanitaire, s’est jouée autour d’un simple café lors de l’une de leurs discussions quotidiennes. Un SMS reçu, une librairie en vente, une discussion, et voilà la graine plantée. « Ça a été un déclic, on avait enfoui cette idée d’être libraire, tout a ressurgi » expliquent les deux amies. Elles laissent l’idée murir, le temps passer. « On s’est donné un an pour construire le projet, trouver un local. » Un an pendant lequel l’une et/ou l’autre courent les librairies, rencontrent des tas de bouquinistes, deviennent bénévoles dans des festivals (dont Quais du Départ et Lyon BD Festival), travaillent en intérim chez Hachette pour mieux appréhender la chaîne du livre… Un an plus tard, la Librairie de la Place ouvre à Monplaisir. « Nous sommes attentives aux faits de s

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Un vrai bonhomme au Pathé

Avant-Première | Scénariste de Mon inconnue de Hugo Gélin, Thomas Parent est aussi l’auteur et réalisateur d’un premier long-métrage attendu pour le début 2020 sur les écrans, Un (...)

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Un vrai bonhomme au Pathé

Scénariste de Mon inconnue de Hugo Gélin, Thomas Parent est aussi l’auteur et réalisateur d’un premier long-métrage attendu pour le début 2020 sur les écrans, Un vrai bonhomme, dans lequel jouent Thomas Guy, Benjamin Voisin et Isabelle Carré. Enfin, cette échéance n’est pas valable pour les Lyonnais qui auront le privilège de découvrir en avant-première (et en présence de l’équipe) ce film sur l’adolescence. Un vrai bonhomme Au Pathé Bellecour le mardi 10 décembre à 20h

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"Femmes", de Nina Chanel Abney

L'Œuvre de la Semaine | À la vue de la grande peinture qui recouvre une partie de la façade du MAC, nous sommes immédiatement séduits par le fond rose et les corps féminins de (...)

Sarah Fouassier | Mardi 12 novembre 2019

À la vue de la grande peinture qui recouvre une partie de la façade du MAC, nous sommes immédiatement séduits par le fond rose et les corps féminins de différentes couleurs de peau qui se mêlent et s’empoignent. Femmes de l’Afro-Américaine Nina Chanel Abney nous rappelle l’hybridité des corps des Demoiselles d’Avignon de Picasso ou les Nu bleu de Matisse. L’artiste questionne les stéréotypes de genre avec des corps féminins aux formes anguleuses, mais aux seins ronds. Deux figures féminines possèdent des moustaches démontrant que cet attribut n’est pas uniquement masculin, car si la moustache chez les femmes est dissimulée, elle existe. En ce mois de novembre et du "Movember" qui invitent les hommes à se faire pousser la moustache, les femmes aussi sont encouragées à les imiter afin de briser le tabou des poils et de soutenir la recherche pour les cancers masculins.

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Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Avant-Première | Vingt ans après sa publication, le recueil d’Anna Gavalda devient un film homonyme signé par Arnaud Viard — auteur jadis de Clara et moi —, interprété entre (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Vingt ans après sa publication, le recueil d’Anna Gavalda devient un film homonyme signé par Arnaud Viard — auteur jadis de Clara et moi —, interprété entre autres par Elsa Zylberstein. Il se trouve que l’avant-première lyonnaise se déroulera à l’UGC Confluence, et que les deux pré-cités vous attendront. Les choses sont tout de même drôlement bien faites… Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part À UGC Confluence ​le mardi 19 novembre à 20h

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Le temps du souvenir : "J'aimerais qu'il reste quelque chose"

Documentaire | Lieu de souvenir et de conservation, le Mémorial de la Shoah a aussi pour vocation d’accueillir témoins et victimes de la barbarie nazie (ou leurs descendants) afin de collecter leur souvenirs matériels (documents, vêtements etc…), mais aussi et surtout immatériels : leur vécu personnel. Certains n’ayant jamais évoqué le traumatisme concentrationnaire, même à leurs plus proches, leur parole tardive s’avère précieuse aux oreilles de l’Histoire.

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Le temps du souvenir :

Ce documentaire — ou plutôt document car il pourrait très bien être diffusé tel quel dans l’enceinte du Mémorial pour en expliquer les missions — hésite entre deux dispositifs. L’un, en caméra fixe et frontale, présente une succession de bénévoles interviewant les déportés et leurs familles devant un décor sobre et noir, très lanzmanien. Tout est fait pour valoriser le récit, à peine entrecoupé par quelques inserts de photographies — tant mieux, car il y a des histoire fortes. L’autre, où l’on suit les équipes du musée dans leur quotidien : course contre la montre pour réunir de nouveaux témoignages (et déplacements en province à cet effet), process d’archivage des documents glanés, organisation de cérémonies… Cette dimension informative paraît… bien illustrative autour des édifiantes paroles rassemblées dans les autres séquences et qui portent le film. J'aimerais qu'il reste quelque chose Un documentaire de Ludovic Cantais (Fr, 1h19)

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Paroles contre parole : "Le Traître"

Biopic | Italie, années 1980. Afin d’échapper à la guerre des clans minant la Cosa Nostra, Tommaso Buscetta s’est réfugié au Brésil d’où il assiste à l’élimination des siens. Son arrestation, puis son extradition le conduisent à collaborer avec la justice, en la personne du juge Falcone…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

Paroles contre parole :

Depuis une dizaine d’années, le prolifique Marco Bellocchio jalonne sa filmographie d’œuvres aux allures de sommes ou de sage embrassant les grands “moments“ de l’Histoire transalpine : Buongiorno, notte (2003) traitait des années de plomb à travers l’épisode de l’enlèvement d’Aldo Moro, Vincere (2009) de l’avènement de Mussolini ; et celui-ci donc de la dislocation de l’organisation mafieuse Cosa Nostra devant les tribunaux à la suite du procès géant de Palerme. S’il s’agit à chaque fois de retracer des saignées dans le récit collectif italien, Bellecchio les incarne “de l’intérieur“, mais en habitant le point de vue de personnages dont le jugement va se décaler, voire s’opposer à celui du groupe auquel ils appartiennent. C’est le cas de Buscetta, *homme d’honneur* selon les critères à l’ancienne de Cosa Nostra, qui devient un repenti par représailles parce que l’Organisation trahit sa *morale* en se lançant dans le trafic de stupéfiants et en liquidant à tout-va. Buscetta va paradoxalement apparaitre comme un traître alors qu’il reste fidèle à son serment originel ; sa probité le ra

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Le feu Taha

Hommage | Soirée hommage au Périscope consacrée à la figure toujours incandescente de Rachid Taha, avec en point d'orgue, une lecture musicale d'un texte signé Brigitte Giraud.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Le feu Taha

Alors que la scène lyonnaise s'apprête à panthéoniser Hubert Mounier sur un disque hommage collectif et un concert en grande pompe pas du tout funèbre, se prépare au Périscope une soirée qui, d'une autre manière, ravivera la mémoire de l'autre grand Lyonnais du rock, Rachid Taha, décédé soudainement il y a tout juste un an, quelques jours avant un concert doublement anniversaire qui s'annonçait radieux. Un événement multicartes, sous la bannière à rallonge "Lyon brûle-t-il ? : Musique, contestation et quartiers populaires, autour de l'histoire du groupe Carte de Séjour et de Rachid Taha". D'abord, écoute, projection et discussion : des membres du groupe et l'historien Philippe Hanus décortiqueront le parcours de Carte de Séjour, son "rock arabe", sa manière sans manières de braconner les genres et les identités pour s'en faire une propre. La fièvre et la brûlure Sa contemporanéité aussi avec la Marche pour l'égalité et contre le racisme, dite Marche des Beurs,

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Le dessin tout en révérences : Lyon Art Paper

Dessin | Durant quatre jours, le salon du dessin contemporain Lyon Art Paper prendra ses quartiers au Palais de Bondy pour une cinquième édition avec comme invitée d'honneur Rosa Loy.

Sarah Fouassier | Mardi 1 octobre 2019

Le dessin tout en révérences : Lyon Art Paper

Revenons à l'essentiel : au dessin. Dessin sur papier ou carton, au feutre, à l'aquarelle, à la caséine ou au crayon, toutes les techniques de dessin seront représentées en tant qu’œuvre autonome au salon du dessin contemporain. Pour sa cinquième édition, Lyon Art Paper a reçu plus de 300 candidatures et a sélectionné quelque soixante artistes français et européens qui présenteront pas moins de 500 à 600 œuvres ! Pour ne pas frôler l'overdose de crayonné, prenez le temps de déambuler dans les chemins qui séparent l'abstrait de Danielle Prijikoski du figuratif de Clara Castagné, le romantisme de Rosa Loy du punk de Nils Bertho, la ligne subtile de Grégory Compagnon du trait épais de Abraham Hadad. Le salon nous offre l'occasion de voir ailleurs que sur du papier glacé ou sur un écran, le délicat tra

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L'artiste au centre et... à l'usine

Biennale d'Art Contemporain | La Biennale a ouvert la semaine dernière, avec pour lieu central les anciennes usines Fagor. Rencontre avec deux des sept commissaires invités, venus du Palais de Tokyo à Paris, qui ont conçu et impulsé cette quinzième édition dédiée au(x) paysage(s).

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 septembre 2019

L'artiste au centre et... à l'usine

La grande nouveauté de cette biennale c'est son lieu central : les anciennes usines Fagor et leurs 29 000 m² de surface ! Comment avez-vous abordé ce lieu gigantesque et industriel ? Yoann Gourmel : Nous avons pris le parti de ne pas transformer les usines en musée (pas de construction de cimaise, des marquages laissés au sol, etc.). Et nous avons profité des différentes atmosphères des hangars : certains sont plus sombres, d'autres monumentaux... Cette exposition est en lien et en dialogue avec les lieux, leur histoire industrielle, leur ancrage dans le quartier et dans la ville. Elle est conçue comme un paysage que le visiteur traverse, découvrant ici ou là des œuvres en friction, en écho ou en dialogue avec ce qui les entoure. Rappelons qu'à l'origine et jusqu'à aujourd'hui, basiquement, un paysage est une découpe dans le réel (nature ou autre) en fonction d'un point de vue humain. Là où les eaux se mêlent serait donc un paysage, et aussi une mise en relation, un entremêlement ? Y.G. : Aujourd'hui, on ne peut plus penser le monde sans penser à une "poétique de la relation" (selon l'idée et le

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Reso signe une fresque rue Moncey

Street Art | Le festival de street art Peinture Fraîche continue de retentir dans la ville avec notamment l'ouverture d'une boutique éphémère (au 25 rue Burdeau jusqu'au (...)

Sarah Fouassier | Mardi 24 septembre 2019

Reso signe une fresque rue Moncey

Le festival de street art Peinture Fraîche continue de retentir dans la ville avec notamment l'ouverture d'une boutique éphémère (au 25 rue Burdeau jusqu'au 12 octobre) et la commande d'une fresque par la mairie du 3e arrondissement. Peintes par le graffeur toulousain Reso, deux peintures murales se font face sous le porche de la rue Moncey. L'inauguration de l’œuvre a marqué l'amorce du chantier de réhabilitation de la place Ballanche. En amont de sa composition, Reso a dialogué avec les habitants dans l'objectif de produire une peinture à l'image du quartier : animée et cosmopolite.

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Une Biennale en mode XXL

Biennale d'Art Contemporain | Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Une Biennale en mode XXL

Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de l'ouverture, quand nous parcourons cet ancien site industriel (les usines Fagor dont l'activité de production de machines à laver s'est brutalement interrompue en 2015), nous découvrons un lieu aux multiples stigmates, ceux des différentes époques de sa mutation : le paysage industriel, les tags, la réfection minimaliste pour y accueillir des événements culturels. Le parcours du visiteur, au travers des œuvres de 56 artistes (une sélection paradoxalement plus restreinte qu'à l'accoutumée lors d'une biennale), totalisera 1, 4 kilomètres de marche. Et la découverte sera totale, car la quasi intégralité des œuvres exposées seront des créations, réalisées en tenant compte de l'histoire du lieu, des métamorphoses du quartier et du tissu associatif et technologique de la région (les productions ont souvent été réalisées avec des entreprises locales). Singulier pluriel Aux

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Fat White Family : affreux, sales et méchants

La Messe de Minuit | Au festival La Messe de Minuit, la tête d'affiche aura une gueule d'atmosphère. Celle d'une Angleterre au bord de la rupture et de son plus beau symbole rock : l'affreuse et magnifique Fat White Family, pour la première fois à Lyon.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 septembre 2019

Fat White Family : affreux, sales et méchants

De la même manière que le thatchérisme a en son temps involontairement dopé la créativité du rock british, le misérable coupe-gorge socio-politique où se trouve rendu la Grande-Bretagne depuis le début de la campagne pro-Brexit a largement contribué à accoucher de quelques monstres, tout aussi terrifiants que Boris Johnson. Mais plus bien enthousiasmant sur le plan musical. On pense à Sleaford Mods, déjà évoqué dans ces pages, à Idles aussi. Mais la créature la plus positivement effrayante, le Demogorgon propre à donner des leçons de perfidité à une Albion exsangue, le croque-mitaine d'une société qui se nourrit de peur, reste sans doute la Fat White Family découverte en 2014 avec Champagne Holocaust où l'esprit punk se manifestait davantage dans l'attitude (consommation excessive de produits exaltants, allure dégueu, dentition parcellaire et glaviot au bord des lèvres) et des paroles finies au napalm que dans une facture musicale résolument lancinante tartinée du je-m’en-foutisme d'aristocrates de la déglingue. Un truc à re

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Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Portrait | À 24 ans seulement, Jean-Noël Scherrer assume la double casquette de leader du groupe Last Train et de directeur de l'agence Cold Fame, combinant avec un infatigable panache et une volonté farouche, le rock et l'entrepreneuriat. Portrait du phénomène à l'heure où se téléscopent la sortie du deuxième album de Last Train et la première édition du festival La Messe de Minuit, initié par Cold Fame.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 septembre 2019

Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Dans le dernier clip de Last Train, montage d'images réalisé par le guitariste Julien Peultier, qui illustre la chanson-titre de leur deuxième album à venir, l'épique The Big Picture, enregistré en Norvège, on peut voir le quatuor à différentes étapes de sa vie musicale, des premières répétitions alsaciennes aux concerts telluriques devant des foules immenses. On y voit le chanteur Jean-Noël Scherrer électriser le public et le même, à 13 ans, martyriser une guitare trop grande pour lui dans quelque salon de rock'n'roll improvisé à la maison. Peut-être le jeune garçon d'alors s'imagine-t-il, comme tous les ados du monde, dans la peau d'une rock star, leader, chanteur et guitariste d'un groupe qui compte dans le paysage rock français et même au-delà. Mais ce que le novice d'Altkirch (Haut-Rhin) n'imagine alors sûrement pas c'est qu'une décennie plus tard, il sera aussi dirigeant et/ou associé de cinq sociétés, formateur, intervenant du Chantier des Francofolies, et surtout patron de Cold Fame, agence de diffusion et de production de concerts basée à

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Consumée d’amour : "Portrait de la jeune fille en feu"

Le Film de la Semaine | Sur fond de dissimulation artistique, Céline Sciamma filme le rapprochement intellectuel et intime de deux femmes à l’époque des Lumières. Une œuvre marquée par la présence invisible des hommes, le poids indélébile des amours perdues et le duo Merlant/Haenel.

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

Consumée d’amour :

Fin XVIIIe. Officiellement embauchée comme dame de compagnie auprès d’Héloïse, Marianne a en réalité la mission de peindre la jeune femme qui, tout juste arrachée au couvent pour convoler, refuse de poser car elle refuse ce mariage. Une relation profonde, faite de contemplation et de dialogues, va naître entre elles… Il est courant de dire des romanciers qu’ils n’écrivent jamais qu’un seul livre, ou des cinéastes qu’ils ne tournent qu’un film. Non que leur inspiration soit irrémédiablement tarie au bout d’un opus, mais l’inconscient de leur créativité fait ressurgir à leur corps défendant des figures communes ; des obsessions ou manies constitutives d’un style, formant in fine les caractéristiques d’une œuvre. Et de leur singularité d’artiste. Ainsi ce duo Héloïse-Marianne, autour duquel gravite une troisième partenaire (la soubrette), rappelle-t-il le noyau matriciel de Naissance des pieuvres (2007) premier long-métrage de Céline Sciamma : même contemplation fascinée p

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Cinq expos à voir en septembre

Bons Plans | De l'art brut, une friche industrielle, des galeries et deux musées qui s'accouplent : voici cinq expositions à découvrir en cette rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 9 septembre 2019

Cinq expos à voir en septembre

Le Palais de Tokyo investit une friche lyonnaise pour la Biennale L’événement artistique du mois, c’est l’ouverture de la nouvelle Biennale d’Art Contemporain, dont l’exposition internationale principale se tiendra aux (immenses) usines Fagor et au Musée d’Art Contemporain. L’équipe du Palais de Tokyo de Paris y présente cinquante-cinq artistes de tous horizons (esthétiques et géographiques), autour de la thématique du paysage. Peu d’entre eux sont connus et 90 % des œuvres exposées seront des créations. Une biennale pleine de surprises, donc ! 15e Biennale d’art contemporain, Là où les eaux se mêlent À Fagor-Brandt du 18 septembre au 5 janvier 2020 De l'art brut dans toute la ville L’art brut a le vent en poupe dans les musées, les galeries, les foires d’art contemporain. Mais, à Lyon, cela fait mai

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Bartabas et Lorraine de Sagazan, plébiscite et nouveauté

Nuits de Fourvière | Entre fidélité aux artistes confirmés et confiance à ceux qui esquissent le théâtre de demain, le festival des Nuits de Fourvière présente deux artistes aimés : Bartabas et Lorraine de Sagazan, hors des théâtres gallo-romains, amènent leur regard si singulier sur le monde.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Bartabas et Lorraine de Sagazan, plébiscite et nouveauté

Bartabas Il l’a considéré comme son ultime spectacle lorsqu’il l’a crée chez lui, dans ses écuries d’Aubervilliers au pied des tours d’immeubles. À l’automne 2017, Ex Anima devait être sa dernière œuvre. Rien n’est moins sûr, mais là n’est pas la question car ce spectacle est bien dans la continuité de ce que Bartabas esquisse depuis plus de trente ans : mettre le cheval au cœur de son dispositif et lui laisser peu à peu toute la place au point qu’ici les humains s’effacent avec un hommage pour tant de services (en situation de guerre, de travail des champs…) rendus. « Le cheval n’est obligé à rien » comme il nous le confiait au printemps. Dans des tableaux qui laissent le spectateur en suspension, il est question de souffle, celui de l’âme selon la traduction latine de Ex Anima. Il s’agit de « regarder un cheval raconter l’Homme » car « le cheval est perçu comme un acteur ». Si Bartabas fait ce parallèle, c’est qu’il y a la même intensité à voir l’animal s’avancer sur une poutre qu’un comédien à saisir un verre d’eau sur une table sur scène. Le spectateur est dans la même positi

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Livré cor(p)sé aux Subsistances

Cirque | La politique par le corps. Ce que l’indispensable Phia Ménard et Mélissa Von Vépy racontent dans leurs spectacles présentés aux Subsistances dans le festival Livraisons d’été est que la façon d’être au monde se passe parfois de grands discours. Mais n’en demeure pas moins puissante et agissante. Explications.

Nadja Pobel | Mardi 4 juin 2019

Livré cor(p)sé aux Subsistances

Sans avoir vu au préalable les spectacles de ce festival, faisons confiance aux circassiennes qui les inventent. Tant par ce qu’elles disent en amont que par la haute teneur artistique de ce que précédemment elles ont fait. Ainsi Phia Ménard est-elle aujourd’hui un phare dans la création contemporaine. Non pas un modèle – ça la gênerait certainement – mais une valeur sûre qui au gré de ses créations bouleversantes (Vortex, P.P.P.), parfois légèrement moins (Les Os noirs) trace un chemin unique. Avec Maison mère, elle signe le premier volet de ce qu’elle nomme, rohmérienne à rebours, Contes immoraux. Invitée à la Documenta de Kassel délocalisée à Athènes en 2017, elle s’est inspirée du Parthénon pour créer sur scène, chaque soir, une grande maison de carton, celle d’Athéna, déesse de la guerre et de la sagesse. L'artiste a alors fabriqué « la maison pour sauver l’Europe » puisque constate-t-elle sur place, « la Grèce s’occupe des migrants de façon incroyable mais la société européenne leur propose des maisons en carton en pensant qu’il y a toujours du soleil, mais il pleut aussi dans ce pays

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Une messe en famille avec Fat White Family

Festival | Ça devait bien finir par arriver : à force de développer ses activités (booking, label, organisation de concerts), Cold Fame, l'entité créée par les (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 28 mai 2019

Une messe en famille avec Fat White Family

Ça devait bien finir par arriver : à force de développer ses activités (booking, label, organisation de concerts), Cold Fame, l'entité créée par les rockeurs mulhousiens de Last Train et menée de main de maître par leur chanteur Jean-Noël Scherrer, modèle rare de rockeur-entrepreneur, allait bien finir par dégainer son festival. C'est chose faite puisqu'en parallèle des concerts mensuels baptisés La Messe et sis dans différentes salles rock de la ville, voici qu'arrive les 19, 20 et 21 septembre La Messe de Minuit. On prévient les aficionados du petit Jésus, c'est ici davantage le Dieu rock qui sera célébré entre l'Épicerie Moderne, le Périscope et le Transbordeur. Comme le démontrent les trois premiers noms annoncés : Last Train, forcément, mais aussi leurs cousins britons de Bad Nerves. Et surtout, événement, pour la première fois à Lyon, ces grands malades de Fat White Family, forcément très attendus.

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Dé-pistés aux Subsistances

Cirque | Comment font les circassiens pour s’entraîner ? Où planter des mâts ? Où disposer des tapis épais ? Hormis les écoles nationales, les salles de (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Dé-pistés aux Subsistances

Comment font les circassiens pour s’entraîner ? Où planter des mâts ? Où disposer des tapis épais ? Hormis les écoles nationales, les salles de la Grainerie à Toulouse et bientôt celle du Pôle National de Cirque de l’Archèche, point de salut. C’est ce manque de structure que pointent les circassiens, via le festival UtoPistes et la compagnie de Mathurin Bolze MPTA, ce mercredi 5 juin à 16h aux Subsistances pour un entrainement sauvage ouvert à tous. Aussi ludique que politique.

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Peinture Fraîche, un succès

Street Art | Après dix jours intenses, la première édition du festival Peinture Fraîche s'est achevé ce dimanche. Bilan.

La rédaction | Mardi 14 mai 2019

Peinture Fraîche, un succès

La Halle Debourg a fermé ses portes, ce dimanche soir. Après avoir reçu la visite de 37 615 festivaliers, venus admirer les œuvres peintes par 68 artistes au cours de ces dix jours de Peinture Fraîche. Une première édition pour ce festival de street art concocté en joint-venture entre l'association Troi3 et Le Petit Bulletin, placée sous l'égide du directeur artistique Cart'1, qui s'achève sur un succès au vu de l'affluence. C'est un public transgénérationnel et conquis qui s'est déplacé en nombre, dont 500 ont bénéficié d'une visite avec l'un des quatre médiateurs formés (27 retraités, 50 étudiants en architecture, l'association Singa ou encore près de 300 scolaires). Du mur d'expression libre, où 3000 sprays ont été vendus, squatté en permanence par les artistes en herbe comme par leurs parents, aux divers ateliers (la sérigraphie, Lor-K, la réalité virtuelle, etc.), l'affluence ne s'est jamais démentie, occasionnan

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