Municipales 2026 : les travaux publics veulent remettre l'entretien des infrastructures dans le débat
Travaux publics / À l'approche des élections municipales, les professionnels des travaux publics cherchent à imposer un sujet rarement visible dans les campagnes locales : l'état des réseaux et des infrastructures.
Photo : Le président de la FRTP Auvergne‑Rhône‑Alpes, René Coiro, entouré des représentants des différentes branches des travaux publics, lors de la conférence de presse organisée le 3 mars dernier © CD/CieDesMédias
La Fédération régionale des travaux publics Auvergne-Rhône-Alpes (FRTP AURA) a réuni la presse aux côtés de représentants de toute la filière - routes, réseaux, ouvrages d'art, aménagement urbain - pour alerter sur l'état des infrastructures locales. Son président, René Coiro, a rappelé l'ampleur de ce patrimoine : une valeur de près de 401 milliards d'euros d'ouvrages, dont 153 000 km de routes et plus de 100 000 km de réseaux d'eau. « Les infrastructures doivent enfin entrer dans le débat public. Elles ne sont ni un sujet technique, ni secondaire », a‑t‑il insisté.
L'argument s'appuie notamment sur l'étude TERAM 2025, commandée par la FRTP AURA 56 % des Français disent constater une dégradation de la voirie et 28 % une panne de réseau enterré. « Inaugurer une place publique alors que les réseaux fuient est une erreur de priorité », a observé Michel Réguillon, président des Canalisateurs du Sud-Est.
Des compétences locales parfois mal identifiées
Les professionnels pointent aussi une méconnaissance persistante des compétences locales. La loi NOTRe en date de 2015, en transférant notamment l'eau aux intercommunalités, a structuré l'investissement mais a également éloigné certains élus de la réalité technique de leurs réseaux. Si les métropoles disposent d'ingénierie, les communes rurales ou petites agglomérations manquent souvent de ressources internes pour piloter des projets complexes. Cette distance peut conduire à privilégier l'esthétique urbaine au détriment de l'actif enterré, faute d'en mesurer les risques.
La fédération appelle ainsi à mieux hiérarchiser les investissements. « . Ne pas entretenir [Les ouvrages ndlr] coûte beaucoup plus cher à long terme », a résumé Gil Espic, délégué Auvergne-Rhône-Alpes du syndicat professionnel le STRRES, plaidant pour une planification pluriannuelle.
Pour accompagner les collectivités, la FRTP met en avant plusieurs outils comme Infra‑climat, pour analyser les risques climatiques sur les infrastructures ; MonSuiviEau, pour suivre la performance des réseaux d'eau et d'assainissement ; l'éco-comparateur Seve, un guide des aides recensant les financements mobilisables ; et un mémento municipal offrant des repères techniques et budgétaires pour la mandature 2026‑2032.
En filigrane, les entreprises réaffirment leur volonté de travailler avec l'ensemble des équipes municipales à venir, quelle que soit leur sensibilité politique, tout en rappelant que la vitalité du secteur dépend largement de la commande publique et des choix d'investissement locaux.
